Le tribunal correctionnel de Rennes a condamné, mardi 7 avril 2026, un chasseur à 18 mois de prison avec sursis pour homicide involontaire. Les faits remontent au 30 mai 2025, lors d’une action de régulation de sangliers à Langouët, en Ille-et-Vilaine. Ce soir-là, peu avant 23 heures, un homme a tiré sur ce qu’il pensait être un suidé. La cible était en réalité son compagnon de chasse, mortellement touché au ventre. Malgré l’intervention rapide des secours, la victime n’a pas survécu.
Une règle fondamentale non respectée
L’enquête a mis en évidence plusieurs manquements aux règles de sécurité, mais un point central ressort clairement : l’absence d’identification formelle de la cible. Dans des conditions de luminosité dégradées, alors que la visibilité diminuait nettement à partir de 22h35, le tireur a reconnu avoir tiré sur “une ombre” qu’il avait assimilée à un sanglier. Il convient ici de rappeler un élément important : il s’agissait d’une chasse à l’affût, une pratique où le port de vêtements fluorescents n’est pas requis, contrairement à la battue. La victime, accroupie et en tenue de camouflage, se trouvait donc dans une configuration parfaitement cohérente avec ce mode de chasse. De la même manière, l’horaire du tir, aux alentours de 22h45, correspondait au cadre légal. Le soleil se couchant vers 21h40 ce jour-là dans ce secteur, la chasse restait autorisée jusqu’à environ une heure après. Mais ces éléments ne changent rien à la règle fondamentale : on ne tire jamais sans identification certaine du gibier. Dans le doute, s’abstenir de tirer est un acte de chasse.
Des circonstances aggravantes relevées
Les investigations ont également souligné d’autres éléments jugés problématiques. Le tir a été effectué en direction de la ligne de chasse, avec des habitations situées entre 200 et 500 mètres. Par ailleurs, cette chasse à l’affût ne respectait pas entièrement le cadre réglementaire, notamment en termes de nombre de participants autorisés, il y avaient en effet trois chasseurs en action ce soir-là, leur nombre devait pourtant être limité à deux. L’Office français de la biodiversité a ainsi relevé plusieurs manquements qui ont conduit la justice à retenir une faute directe à l’origine du décès.
Une sanction lourde, un rappel nécessaire
Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet : 18 mois de prison avec sursis, 400 euros d’amende, retrait définitif du permis de chasser, interdiction de détenir une arme pendant trois ans (FINIADA) et confiscation de l’ensemble des armes détenues par le tireur fautif. À cela s’ajoutent près de 50 000 euros d’indemnisation et de remboursement de frais de justice pour la famille de la victime. Une peine lourde, à la hauteur des conséquences, qui rappelle que la responsabilité individuelle du chasseur reste totale, quelles que soient les circonstances.
Entre pression du terrain et exigence absolue de sécurité
Sans jamais excuser l’irréparable, ce type de drame s’inscrit aussi dans un contexte bien connu : celui d’une pression croissante liée aux dégâts de sangliers, qui poussent parfois à multiplier les interventions, y compris en conditions limites. Mais cette réalité ne saurait en aucun cas justifier le relâchement des règles fondamentales. La chasse est une activité exigeante et elle repose avant tout sur une discipline stricte. Et parmi ces principes, l’identification certaine et absolue de la cible reste la première des règles de sécurité.












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