Alors qu’en France, le nombre de chasseurs ne cesse de diminuer depuis une vingtaine d’années , l’Allemagne atteint un record historique d’adhésions. Une différence de regard sur la chasse, reflet d’un profond écart culturel et médiatique.
Une passion en plein essor de l’autre côté du Rhin
En Allemagne, les chiffres de la Fédération nationale de chasse (DJV) sont sans appel : 467 682 chasseurs recensés, soit 42 % de plus qu’il y a trente ans. Chaque année, le pays bat un nouveau record, alors même qu’il s’affirme comme l’un des fers de lance européens de l’écologie. En tête des effectifs, on retrouve des régions densément peuplées comme la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, la Bavière ou la Basse-Saxe, mais certaines régions plus rurales comme le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale se distinguent par une densité exceptionnelle, avec jusqu’à 10 chasseurs pour 1 000 habitants.
Qui sont ces nouveaux chasseurs allemands ?
Contrairement à certains clichés hexagonaux, les néo-chasseurs d’outre-Rhin viennent de tous les horizons : employés, fonctionnaires, artisans, mais aussi citadins et même militants écologistes. Près d’un quart des candidats au permis n’avaient aucune expérience cynégétique préalable ; presque autant sont issus du monde urbain. Les femmes représentent désormais 11 % des effectifs (contre 7 % en 2016), et l’âge moyen baisse légèrement (56 ans). En Allemagne, devenir chasseur, c’est s’ouvrir à une nature authentique, agir pour la biodiversité et consommer une viande saine et locale : trois valeurs qui séduisent bien au-delà du cercle traditionnel.
Chasse, écologie, société : un autre rapport de force
La vraie différence avec la France n’est pas tant dans la pratique que dans la perception sociale. En Allemagne, la société et les médias reconnaissent l’utilité des chasseurs : surveillance sanitaire, gestion des populations, opérations de sauvetage des faons à la fauche, formation des jeunes à la nature, régulation bénévole des dégâts agricoles… Chaque chasseur passe en moyenne 40 heures par mois sur le terrain, et investit, de sa poche, (au global) près d’un demi-milliard d’euros par an dans la gestion et la conservation.
Pourquoi ça coince en France ?
Côté français, le contraste est saisissant. Chez nous aussi, les chasseurs plantent des milliers de kilomètres de haies, mènent des opérations citoyennes (« J’aime la Nature Propre », sauvetage de faons, suivi sanitaire…), et jouent un rôle de sentinelle indispensable. Pourtant, l’image publique ne cesse de se dégrader, minée par le « chassebashing » et une hostilité médiatique quasi systématique. Là où l’Allemagne voit dans le chasseur un allié de la ruralité et de la nature, la France persiste à caricaturer son rôle et à freiner l’enthousiasme des plus jeunes, malgré l’exemple d’outre-Rhin qui prouve que l’alliance entre tradition cynégétique et écologie peut fonctionner… si la société le veut bien.











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