Forêt de Roumare : la nuit, ONF et chasseurs comptent les cervidés
Comme vous pouvez le constater dans cette vidéo de France 3 Normandie, en forêt de Roumare (Seine-Maritime),une opération se répète
Lire la suiteChaque printemps, les mêmes scènes se répètent dans les campagnes françaises. Cachés dans les hautes herbes par leur mère durant leurs premiers jours de vie, les faons de chevreuil ou de grands cervidés restent immobiles au moindre danger. Un réflexe naturel qui devient malheureusement un piège mortel lors des opérations de fauchage. Pour tenter d’éviter ces drames, de plus en plus de fédérations départementales des chasseurs déploient désormais des drones thermiques capables de détecter les jeunes animaux avant le passage des machines agricoles.
En Moselle, la Fédération Départementale des Chasseurs (FDC 57) s’est imposée comme l’une des références françaises en matière de détection de la faune sauvage avant les fauches. Le week-end dernier encore, 25 faons ont pu être sauvés en une seule matinée grâce à l’intervention des équipes munies de drones thermiques. Les opérations sont menées très tôt le matin, dans une fenêtre de temps particulièrement réduite. Comme l’explique Gaëtan Bouteiller, technicien supérieur à la fédération, toute la difficulté réside dans le contraste thermique indispensable à la détection des animaux. « La détection thermique se fait à partir du moment où l’animal dégage de la chaleur, et qu’il y a un contraste entre la chaleur du faon et celle de la végétation. À partir du moment où il fait trop chaud, ça devient très compliqué de les détecter », précise-t-il. Les équipes disposent ainsi d’environ quatre heures d’intervention par jour avant que la montée des températures ne rende les recherches beaucoup plus difficiles.
Les vidéos publiées ces derniers jours par la Fédération de chasse de la Moselle ont largement circulé sur les réseaux sociaux. L’une d’elles, montrant une chevrette mettant bas juste avant une opération de fauchage, a dépassé les 200 000 vues. Une scène rare, filmée dans le cadre d’une opération menée sur un territoire suivi par la fédération près de Morhange. L’exploitant agricole concerné avait immédiatement accepté de repousser la fauche après la découverte des animaux. Au-delà de l’émotion suscitée par ces images, ces vidéos permettent aussi de rappeler une réalité souvent méconnue du grand public : les chasseurs sont aujourd’hui très impliqués dans la préservation de la petite comme de la grande faune sauvage pendant les travaux agricoles.
La Moselle est loin d’être un cas isolé. Depuis plusieurs années, de nombreuses fédérations départementales des chasseurs investissent dans des drones thermiques et organisent des opérations de sauvetage en partenariat avec les agriculteurs. C’est notamment le cas en Haute-Savoie, en Isère, dans le Bas-Rhin ou encore au sein de la Fédération Interdépartementale des Chasseurs d’Île-de-France (FICIF), qui multiplient les interventions chaque printemps. Ces opérations reposent presque exclusivement sur des bénévoles et des techniciens de terrain qui interviennent parfois dès l’aube afin de sécuriser les parcelles avant le passage des faucheuses.
En Moselle, 160 faons avaient été sauvés l’an dernier grâce au programme #DetecFaune. Les jeunes animaux retrouvés sont systématiquement identifiés par une boucle auriculaire numérotée, permettant également aux techniciens de mieux comprendre les zones à risque et les habitudes de reproduction. Pour les fédérations des chasseurs, l’objectif dépasse largement le simple sauvetage ponctuel. Toutes les données collectées permettent progressivement d’améliorer la prévention, de sensibiliser les exploitants agricoles et d’adapter certaines pratiques lorsque cela est possible. Mais malgré les moyens modernes déployés aujourd’hui, les responsables rappellent que les équipes ne peuvent pas être partout à la fois. D’où l’importance de la coopération entre agriculteurs, chasseurs et acteurs ruraux durant cette période particulièrement sensible pour la faune sauvage.
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