Claude le renard « GPS » des chasseurs du Nord rate son attaque sur des faisans
Équipé d’un collier GPS par la Fédération départementale des chasseurs du Nord, Claude le renard continue de livrer de précieuses
Lire la suiteDans le Nord, des agriculteurs expérimentent le semis de couverts végétaux avant même la récolte des céréales. Une technique qui permet de réduire les passages d’engins, de protéger les sols et d’offrir plus rapidement nourriture et refuges à la petite faune sauvage.
Dans le Nord, certains agriculteurs n’attendent désormais plus la fin de la moisson pour implanter leurs couverts végétaux. Les semences sont épandues directement dans les céréales encore sur pied, quelques jours avant leur récolte. Cette technique, appelée semis de couvert avant moisson, peut être mise en œuvre à l’aide d’un épandeur empruntant les passages de roues déjà présents dans la parcelle. Le recours à un drone permet également de répandre les graines sans faire circuler de nouvel engin sur les cultures.
Depuis les années 1990 et la mise en œuvre de la directive européenne « Nitrates », les agriculteurs doivent implanter des couverts végétaux entre deux cultures. Ceux-ci permettent notamment de capter une partie de l’azote présent dans le sol, de limiter son transfert vers les nappes phréatiques et de protéger les terres contre l’érosion. Traditionnellement, ces couverts sont semés après la moisson. Cette opération nécessite alors un ou plusieurs passages supplémentaires dans la parcelle, à une période où les agriculteurs doivent déjà enchaîner les travaux. Le semis avant moisson permet de prendre de l’avance. Protégées par les céréales encore debout, les graines peuvent profiter de l’humidité conservée au niveau du sol. Après le passage de la moissonneuse, elles bénéficient immédiatement de davantage de lumière et peuvent commencer à germer.
Pour l’agriculteur, cette méthode peut représenter un gain de temps important. La réduction du nombre de passages d’engins permet également de diminuer la consommation de carburant, l’usure du matériel et le tassement des sols. Le drone offre, dans ce domaine, une solution particulièrement intéressante. Il peut intervenir rapidement, y compris dans des parcelles difficiles d’accès, sans écraser les cultures ni perturber la structure du sol. La réussite du couvert reste toutefois liée aux conditions météorologiques, à l’humidité présente dans la parcelle ainsi qu’au choix des espèces semées. Lorsque les conditions sont favorables, cette implantation anticipée permet d’obtenir une couverture végétale plus précoce et mieux développée avant l’arrivée de l’hiver.
L’intérêt de cette pratique ne se limite pas aux sols et aux cultures. Elle répond également à un problème bien connu dans les plaines agricoles : la disparition rapide des chaumes après la moisson. Les interventions mécaniques réalisées après la récolte peuvent priver brusquement le petit gibier de zones de refuge et d’une partie de ses ressources alimentaires. Les grains tombés au sol, les repousses et les chaumes constituent pourtant des milieux précieux pour les lièvres, les perdrix, les faisans et de nombreuses autres espèces. En limitant les passages d’engins et en permettant au couvert de se développer rapidement, le semis avant moisson maintient plus longtemps une végétation protectrice dans les parcelles. Il réduit également les risques de destruction accidentelle de la petite faune par les machines agricoles.
Avec le soutien de la Fédération régionale des chasseurs des Hauts-de-France, de la Région Hauts-de-France et de l’Office français de la biodiversité, dans le cadre de l’écocontribution, la Fédération départementale des chasseurs du Nord (FDC 59) accompagne ses adhérents dans cette démarche. Elle met à leur disposition des mélanges de semences spécialement adaptés au semis avant moisson. Plus diversifiés que les couverts composés uniquement de moutarde, ils présentent un intérêt supérieur pour la biodiversité. Ces couverts sont ensuite maintenus jusqu’au 28 février de l’année suivante. Ils offrent ainsi à la faune sauvage des abris et des ressources alimentaires pendant une grande partie de l’hiver, lorsque les milieux agricoles deviennent moins accueillants.
La Fédération départementale des chasseurs du Nord est allée à la rencontre de Jérôme Vidril, agriculteur à Arnèke, qui expérimente cette année le semis de couvert avant moisson. La vidéo réalisée à cette occasion permet notamment de découvrir l’épandage des semences par drone au-dessus des céréales encore sur pied. Cette initiative montre une nouvelle fois qu’une agriculture productive peut parfaitement s’accompagner d’actions concrètes en faveur des sols, de la biodiversité et du petit gibier. Elle illustre également le rôle joué par les chasseurs dans l’accompagnement des agriculteurs et l’amélioration des habitats de la faune sauvage.
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