Gironde : après les incendies, les chasseurs se mobilisent pour la faune sauvage

À Saumos, après les incendies qui ont ravagé une grande partie du territoire communal, chasseurs, Fédération départementale des chasseurs de la Gironde et agents de la DFCI sont déjà mobilisés pour tenter d’aider la faune sauvage qui a survécu aux flammes. Points d’eau, nourriture, fruits et légumes récupérés : l’urgence est désormais de permettre aux animaux de tenir dans un milieu profondément bouleversé.

« Les souvenirs sont partis en fumée »

Pour les chasseurs de Saumos, le choc dépasse largement la seule question cynégétique. « Les souvenirs sont partis en fumée, on ne repassera jamais un endroit où on se disait : c’était ça, c’était ça », témoigne l’un d’eux dans une vidéo publiée par la Fédération départementale des chasseurs de la Gironde. Après l’urgence absolue de la lutte contre les flammes, vient désormais le temps de « l’après-crise ». Sur le terrain, chasseurs, représentants de la Fédération et agents de la Défense des forêts contre les incendies tentent maintenant de répondre à une autre urgence : celle de la faune sauvage qui a survécu dans un environnement largement détruit.

Une cinquantaine de points d’eau et de nourrissage

Les premières actions ont été mises en place très rapidement. « La semaine dernière, on a dû faire environ une cinquantaine de points provisoires comme ça, d’agrainage et de petits réservoirs d’eau », explique l’un des intervenants. Ces installations sont adaptées afin de pouvoir bénéficier au plus grand nombre d’espèces possible. Des rampes et des flotteurs ont notamment été ajoutés aux points d’eau pour permettre aux petits mammifères, aux oiseaux mais également aux insectes d’y accéder sans difficulté. La Fédération départementale des chasseurs de la Gironde doit également fournir du polyane. L’objectif est de creuser, à l’aide d’un tractopelle, de petits bassins dont le fond sera recouvert afin de conserver l’eau beaucoup plus longtemps. Une réponse simple et concrète dans des secteurs où les possibilités naturelles d’abreuvement ont été considérablement réduites.

600 kilos de fruits et légumes récupérés pour les animaux

La solidarité locale a également permis de trouver de la nourriture. Un maraîcher situé à proximité a donné accès à des fruits et légumes devenus impropres à la vente. Les bénévoles ont ainsi récupéré environ 600 kilos de produits qu’ils ont ensuite répartis sur différents secteurs incendiés. Du blé a également pu être obtenu et distribué. « Le but là, actuellement, c’est de les nourrir. On est dans une zone brûlée et ça permet aux animaux qui ont survécu de venir se nourrir », explique un chasseur. Les installations sont ensuite contrôlées presque quotidiennement afin d’observer si les animaux reviennent et d’évaluer les quantités consommées.

La faune revient déjà

Et les premiers indices sont encourageants. Alors que quelques jours auparavant, les motopompes de la DFCI et des sapeurs-pompiers étaient encore présentes sur certains secteurs, des traces montrent déjà le retour d’animaux sauvages. Une compagnie de sangliers est notamment passée à proximité de l’un des points installés. « Une fois que l’être humain est parti, les animaux reprennent leur place », constate l’un des intervenants. Un retour encore fragile dans un environnement profondément transformé, où nourriture, eau et couvert végétal manqueront nécessairement durant les prochains mois.

Réfléchir aussi à la chasse des prochaines années

Cette mobilisation ne signifie évidemment pas que la question de la chasse est oubliée. Elle est au contraire déjà posée par les chasseurs eux-mêmes. « Je suis favorable à ce qu’on adapte la pratique de la chasse sur les années à venir. Il faut y réfléchir de manière cohérente, il faut s’y poser, il faut voir comment on fait, qu’est-ce qu’on fait, dans combien de temps. Il faut prendre le temps de le faire », explique l’un d’eux dans la vidéo. Une position qui montre la volonté de ne pas prendre de décision dans la précipitation, alors que les conséquences écologiques des incendies ne pourront être évaluées qu’avec le temps. Pour l’heure, à Saumos, l’heure n’est donc pas aux tableaux de chasse mais à l’urgence. Chasseurs, Fédération départementale des chasseurs de la Gironde et acteurs de la défense des forêts concentrent leurs efforts sur les animaux qui ont réussi à échapper aux flammes. Une mobilisation de terrain, parfois faite avec quelques sacs de blé, des légumes récupérés, du polyane et beaucoup d’huile de coude, pour aider la vie sauvage à reprendre peu à peu ses droits sur un territoire meurtri.

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Né en 1973, Frédéric Buszkowski vit en Dordogne. Ancien sous-officier de l'armée de Terre puis technicien supérieur à la SNCF, il est chasseur passionné depuis plus de vingt ans. Sa pratique couvre un large éventail de modes de chasse : le grand gibier en battue et à l'affût, le pigeon ramier en palombière, le petit gibier à plumes, ainsi que la régulation des corvidés. Fort de son expérience de terrain, il met aujourd'hui ses connaissances du monde cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur, avec une approche à la fois rigoureuse, pratique et ancrée dans les réalités de la chasse française.

Depuis son lancement en 2008, la Browning X-Bolt s’est imposée comme l’une des références du marché des carabines à verrou.

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