Haute-Savoie : les chasseurs suivent les nichées de tétras-lyre

Le mois d’août marque le début des comptages estivaux du tétras-lyre en Haute-Savoie. Accompagnés de chiens d’arrêt spécialement préparés à cet exercice, les techniciens et bénévoles recherchent les poules et leurs jeunes afin de mesurer la réussite de la reproduction. Après les comptages printaniers consacrés principalement aux coqs chanteurs, la Fédération départementale des chasseurs de Haute-Savoie retourne sur les alpages pour une nouvelle étape essentielle du suivi du tétras-lyre. Les premières sorties de cette campagne estivale se sont déroulées sur le secteur des Gets. Plusieurs oiseaux ont déjà été observés par l’équipe d’Instinctivement Nature, comme le montre la vidéo diffusée par la Fédération.

Des chiens d’arrêt pour repérer les nichées

À cette période de l’année, les poules et leurs poussins évoluent dans une végétation parfois haute et particulièrement difficile à prospecter. Leur plumage leur offre également un camouflage remarquable. Pour les détecter, la Fédération fait appel à des conducteurs expérimentés et à leurs chiens d’arrêt. En parcourant méthodiquement le terrain, le chien recherche les émanations laissées par les oiseaux avant de s’immobiliser lorsqu’il localise une poule ou une nichée. Le conducteur et les observateurs peuvent alors approcher avec précaution et relever le nombre d’adultes et de jeunes présents. Le protocole doit être appliqué rigoureusement afin de recueillir des données fiables tout en limitant autant que possible le dérangement des oiseaux. La Fédération forme d’ailleurs spécifiquement des conducteurs de chiens d’arrêt à ces opérations scientifiques, organisées chaque été sur plusieurs sites de référence du département.

Mesurer la réussite de la reproduction

Les observations réalisées au printemps dernier avaient permis de constater une présence encourageante des tétras-lyres durant la période de reproduction. Mais le nombre de coqs recensés sur les places de chant ne permet pas, à lui seul, de connaître le nombre de poussins ayant survécu. Les comptages du mois d’août poursuivent donc un autre objectif : déterminer le nombre moyen de jeunes observés par poule. Cet indice permet d’évaluer le succès annuel de la reproduction. Une poule seule, une poule accompagnée d’un ou de plusieurs jeunes ou encore une nichée particulièrement nombreuse constituent autant d’informations enregistrées puis analysées. À l’échelle des Alpes, l’Observatoire des galliformes de montagne organise deux grands types de suivis du tétras-lyre : le comptage des mâles chanteurs au printemps et l’évaluation de la reproduction au chien d’arrêt durant le mois d’août.

Des résultats importants pour la gestion de l’espèce

La réussite de la reproduction peut varier fortement d’une année à l’autre. Les conditions météorologiques rencontrées lors de l’éclosion et pendant les premières semaines de vie des poussins jouent notamment un rôle déterminant. Une période froide ou très pluvieuse peut fragiliser les jeunes oiseaux, tandis que des conditions plus favorables peuvent permettre à davantage de poussins d’atteindre la fin de l’été. Les données collectées en Haute-Savoie sont donc indispensables pour suivre l’évolution de la population, comparer les résultats entre les différents massifs et orienter les mesures de gestion. Elles viennent compléter les observations printanières, les suivis des habitats et les informations recueillies tout au long de l’année. En Haute-Savoie, l’abondance de l’espèce, sa tendance d’évolution et son succès annuel de reproduction font partie des éléments pris en compte dans la gestion cynégétique du tétras-lyre.

Les chasseurs mobilisés pour les oiseaux de montagne

Ces opérations reposent en grande partie sur la mobilisation des techniciens, des associations communales de chasse agréées, des conducteurs de chiens et des bénévoles formés. Le même type de travail est également réalisé en faveur d’autres galliformes de montagne, parmi lesquels le lagopède alpin et la perdrix bartavelle. Lors de précédentes campagnes, la Fédération avait déjà organisé plus d’une dizaine d’opérations estivales en Haute-Savoie pour rechercher les nichées. La campagne 2026 ne fait que commencer et les premières observations réalisées aux Gets ne permettent pas encore de tirer de conclusion sur la reproduction à l’échelle du département. Il faudra attendre la fin des prospections et l’analyse de toutes les données pour savoir si les belles observations du printemps se traduisent par une bonne année pour les jeunes tétras-lyres.

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Né en 1973, Frédéric Buszkowski vit en Dordogne. Ancien sous-officier de l'armée de Terre puis technicien supérieur à la SNCF, il est chasseur passionné depuis plus de vingt ans. Sa pratique couvre un large éventail de modes de chasse : le grand gibier en battue et à l'affût, le pigeon ramier en palombière, le petit gibier à plumes, ainsi que la régulation des corvidés. Fort de son expérience de terrain, il met aujourd'hui ses connaissances du monde cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur, avec une approche à la fois rigoureuse, pratique et ancrée dans les réalités de la chasse française.

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