À Larmor-Plage, la régulation du sanglier est devenue une affaire récurrente. Confrontée une nouvelle fois à une forte présence de l’espèce et à des dégâts constatés durant l’été, la commune du Morbihan a programmé sept nouvelles battues communales d’ici la fin décembre. Une politique qui s’inscrit dans la continuité de plusieurs années d’intervention des chasseurs sur cette cité balnéaire où les sangliers se sont durablement installés.
Sept nouvelles dates jusqu’en décembre
La municipalité de Larmor-Plage a publié son nouveau calendrier de battues communales pour l’automne 2026. Une première opération s’est déroulée le 15 septembre dans les secteurs du Treuch, de Quéhello, Maison Rouge, Ménez et Kerhoas. Sept autres dates sont prévues :
- mardi 29 septembre
- mardi 13 octobre
- mardi 27 octobre
- mardi 10 novembre
- mardi 24 novembre
- mardi 8 décembre
- mardi 22 décembre
Ces opérations sont organisées en concertation avec l’Association communale de chasse, présidée par Yannick Collet. La Ville justifie clairement ce calendrier par « la prolifération des sangliers et les dégâts constatés cet été ».
Routes et sentiers pourront être fermés
Comme lors des campagnes précédentes, la sécurité des usagers constitue une priorité. Selon les secteurs chassés, des sentiers, voies vertes et portions de routes pourront être temporairement interdits à la circulation ou aux promeneurs. Une signalisation « Attention battue » sera mise en place et les chasseurs engagés dans les opérations porteront un gilet fluorescent. Lors de la battue organisée le 15 septembre, la municipalité avait notamment demandé aux automobilistes circulant sur les départementales voisines d’être particulièrement vigilants en raison du risque de traversée soudaine d’un animal poussé par les chiens.
Un problème qui ne date pas d’hier
Ce nouveau calendrier ne constitue nullement une première à Larmor-Plage. Depuis plusieurs années, la commune doit composer avec une population importante de sangliers, y compris à proximité des zones habitées, des terres agricoles et des espaces fréquentés par le public. Pour la seule saison 2023-2024, neuf battues communales avaient été organisées, auxquelles s’étaient ajoutés plusieurs affûts. Deux battues administratives avaient également été conduites les 3 et 16 mars 2024 dans les secteurs protégés des marais de Kerderff et de l’anse de Kerguelen. Ces deux seules opérations avaient permis de prélever 14 sangliers grâce à la mobilisation de plus de quarante chasseurs et d’une trentaine de chiens. Au total, 33 sangliers avaient été prélevés sur l’ensemble de la saison sur le territoire communal. La population présente avant l’hiver était alors estimée entre 70 et 80 animaux.
Des animaux parfois particulièrement imposants
Les données de prélèvement de la Fédération des chasseurs de Bretagne permettent également de mesurer la réalité du phénomène. Lors de la saison 2023-2024, plusieurs sangliers avaient été prélevés à Larmor-Plage, notamment des animaux de 117 kg, 87 kg et 62 kg en décembre 2023, ainsi qu’un mâle de 128 kg en février 2024. La saison suivante, des battues communales puis administratives s’étaient encore poursuivies. Le 9 mars 2025, une battue administrative avait par exemple permis de prélever plusieurs sangliers pesant entre 50 et 70 kg, avant une nouvelle intervention le 23 mars. Une autre opération avait encore été organisée en avril 2025 dans le secteur boisé du Quélisoy.
La municipalité assume le rôle des chasseurs
Plus intéressant encore, la commune elle-même a déjà pris position très clairement sur la question. Dans son magazine municipal, Larmor-Plage expliquait que la présence croissante des sangliers entraînait des dégâts sur les terres agricoles, dans les propriétés privées et sur les terrains communaux. La municipalité ajoutait que, face à cette prolifération, les battues constituaient le principal moyen concret dont disposent les communes concernées pour réduire les effectifs lorsque les conditions juridiques et techniques le permettent. Une réalité rarement exprimée aussi clairement par une collectivité.
Une régulation devenue indispensable
Larmor-Plage constitue finalement un exemple particulièrement parlant des difficultés auxquelles sont confrontées de nombreuses communes françaises. Dans un territoire touristique et urbanisé, où espaces naturels, habitations, routes, chemins de promenade et zones agricoles se côtoient, laisser croître sans contrôle une population de sangliers n’est tout simplement pas une option raisonnable. Les chasseurs sont donc régulièrement sollicités pour intervenir, parfois lors de battues communales, parfois dans le cadre d’opérations administratives plus lourdes. Et année après année, le constat reste identique : malgré des prélèvements importants, la pression exercée par l’espèce demeure suffisamment forte pour imposer de nouvelles interventions. À Larmor-Plage, les sept battues programmées d’ici Noël ne sont donc pas une opération exceptionnelle. Elles sont devenues un élément à part entière de la gestion locale du sanglier.











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