Quand le sanglier chasse le loup : une vidéo qui relativise un mythe

Une courte vidéo publiée par un chasseur bulgare offre une scène pour le moins savoureuse : en pleine forêt, un sanglier d’une cinquantaine de kilos poursuit un loup qui semble beaucoup plus pressé de prendre ses distances que de transformer le suidé en déjeuner. Une séquence qui rappelle que, dans la nature, les rapports entre prédateur et proie sont parfois beaucoup moins simples que certains discours voudraient le laisser croire.

Quand les rôles s’inversent

La vidéo ne dure qu’une dizaine de secondes, mais elle vaut le détour. Publiée sur Facebook par Biser Petkov, elle montre un sanglier lancé à la poursuite d’un loup dans un sous-bois. Le sanglier ne semble pourtant pas être un énorme mâle de 100 ou 120 kilos : à vue d’œil, l’animal pourrait peser autour de 50 à 60 kilos. Cela ne l’empêche manifestement pas d’avoir décidé que, cette fois-ci, le prédateur serait celui qui prendrait la fuite. Le loup détale devant le suidé, tandis que ce dernier le poursuit sur plusieurs mètres avant que les deux animaux ne disparaissent dans la végétation.

Le sanglier, une proie qui sait se défendre

Évidemment, cette courte scène ne signifie pas que les loups ne consomment jamais de sangliers. Le suidé fait bien partie des proies susceptibles d’entrer dans leur régime alimentaire. Mais un sanglier n’est ni un chevreuil ni un mouton. Puissant, rapide, armé de défenses et capable d’une grande agressivité lorsqu’il se sent menacé, il peut représenter une proie particulièrement risquée. Les loups recherchent donc logiquement les situations les plus favorables : jeunes animaux, individus affaiblis ou circonstances permettant une attaque avec un minimum de danger. Face à un sanglier adulte décidé à charger, le calcul peut rapidement changer. La vidéo bulgare en offre une démonstration particulièrement parlante.

Le loup, solution miracle contre les sangliers ?

Cette séquence devrait également inviter à un peu de prudence lorsque certains présentent le retour du loup comme une solution presque naturelle à la progression des populations de sangliers. La présence d’un prédateur peut évidemment peser sur certaines populations de proies. Mais cela ne signifie pas qu’elle soit capable, à elle seule, de réguler une espèce aussi adaptable et prolifique que le sanglier. Les problèmes de surpopulation rencontrés dans de nombreux pays européens montrent d’ailleurs combien la question est complexe. Et lorsqu’on voit un sanglier d’une cinquantaine de kilos mettre ainsi un loup en fuite, on comprend aisément pourquoi attendre du grand prédateur qu’il fasse à la place des chasseurs tout le travail de régulation relève pour le moins d’une vision très théorique de la nature. Cette fois, en tout cas, le sanglier n’était visiblement pas au menu. C’était le loup qui courait.

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Né en 1973, Frédéric Buszkowski vit en Dordogne. Ancien sous-officier de l'armée de Terre puis technicien supérieur à la SNCF, il est chasseur passionné depuis plus de vingt ans. Sa pratique couvre un large éventail de modes de chasse : le grand gibier en battue et à l'affût, le pigeon ramier en palombière, le petit gibier à plumes, ainsi que la régulation des corvidés. Fort de son expérience de terrain, il met aujourd'hui ses connaissances du monde cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur, avec une approche à la fois rigoureuse, pratique et ancrée dans les réalités de la chasse française.

Depuis son lancement en 2008, la Browning X-Bolt s’est imposée comme l’une des références du marché des carabines à verrou.

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