Après plusieurs mois d’attente, des milliers de chasseurs retrouveront ce matin les chemins, les lisières et les miradors pour l’ouverture du tir d’été du brocard dans de nombreux départements français. Un rendez-vous attendu qui marque, pour beaucoup, le véritable début de la nouvelle saison.
Une ouverture à part dans le calendrier cynégétique
Le tir d’été du brocard n’est pas une ouverture comme les autres. Loin de l’effervescence des battues automnales ou des grandes journées de migration, cette chasse se pratique dans le calme, souvent en solitaire, au rythme de la nature qui s’éveille. Dès les premières lueurs du jour, les chasseurs d’approche et d’affût partent sans bruit. Jumelles autour du cou, canne de pirsch à la main ou installé dans un mirador dominant une prairie, chacun espère apercevoir le premier brocard de la saison. Car si le chevreuil est aujourd’hui l’un des grands gibiers les plus répandus de France, sa chasse conserve une dimension particulière. Elle exige de l’observation, de la patience et une parfaite connaissance du territoire.
Le roi du mois de juin
Pour beaucoup de passionnés, le brocard est indissociable du mois de juin. Les cultures sont encore basses dans de nombreux secteurs, les prairies offrent de belles conditions d’observation et les chevreuils restent relativement actifs aux heures fraîches de la journée. Les longues matinées et les soirées qui s’étirent permettent également de multiplier les sorties. Cette période est souvent l’occasion de repérer les animaux suivis depuis plusieurs semaines, parfois même depuis la fin de l’hiver. Certains chasseurs connaissent déjà les habitudes du brocard qu’ils espèrent croiser ce matin. D’autres partiront à la découverte de nouveaux territoires, avec l’incertitude qui fait tout le charme de cette chasse.
Une chasse qui participe à la gestion de l’espèce
Au-delà de l’émotion qu’elle procure, la chasse du brocard s’inscrit également dans le cadre de la gestion des populations de chevreuils. Dans de nombreux départements, les plans de chasse fixent des objectifs de prélèvement permettant de maintenir un équilibre entre les effectifs de cervidés, les milieux naturels et les activités agricoles ou forestières. Le tir d’été constitue ainsi une première étape importante de cette gestion raisonnée, menée tout au long de l’année par les chasseurs en lien avec les fédérations départementales et les acteurs du territoire.
Retrouver simplement le plaisir d’être dehors
Pour beaucoup, cependant, l’essentiel est ailleurs. L’ouverture du brocard marque surtout le retour de ces moments privilégiés passés au cœur de la nature. Les observations de faons, le vol d’un geai au-dessus d’une lisière, le passage furtif d’un renard ou l’apparition soudaine d’un brocard dans une prairie font partie intégrante de l’expérience. Et c’est peut-être là que réside la magie de cette chasse. Car ce matin, bien avant le lever du soleil, de nombreux chasseurs seront déjà sur place. Certains auront la chance de réaliser leur prélèvement. D’autres rentreront bredouilles. Mais tous auront retrouvé ce qui leur manque souvent pendant les longues semaines de fermeture : le plaisir d’être dehors, au contact direct de la nature, dans l’attente de cette silhouette furtive qui, au détour d’une haie ou à la sortie d’un bois, fait battre le cœur des chasseurs depuis des générations.












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