Sauer 505 : le retour de la fluidité légendaire ?

Très attendue par les amateurs de carabines à verrou, la Sauer 505 succède à la 404 avec une ambition claire : renouer avec ce qui a fait la réputation de la marque allemande. Plus fluide, plus intuitive et toujours aussi modulable, cette nouvelle venue semble avoir corrigé les quelques critiques adressées à sa devancière. Après plusieurs séances au stand et de nombreuses sorties à la chasse, Julien Gingembre livre son verdict sur ce qui pourrait bien être l’une des références du marché.

SC : Julien, peux-tu nous présenter cette nouvelle Sauer 505 ?

JG : La Sauer 505 est l’héritière directe des Sauer 200, 202 puis 404. On reste sur une carabine à verrou allemande haut de gamme, conçue par un fabricant qui a bâti sa réputation sur la qualité de sa mécanique et surtout sur la fluidité de ses culasses. La grande nouveauté par rapport à la 404, c’est justement ce retour à une fluidité exceptionnelle. C’était probablement le principal reproche adressé à la 404 : elle était techniquement très aboutie mais n’offrait plus tout à fait les sensations auxquelles Sauer nous avait habitués. Avec la 505, le problème est totalement réglé.

SC : Quelles sont les principales caractéristiques techniques de cette 505 ?

JG : Le système est intégralement construit en acier. On retrouve une vraie sensation de robustesse avec de l’acier qui coulisse dans de l’acier. La carabine conserve les canons interchangeables, les quatre poids de détente pré-réglés et l’armeur séparé introduit sur la 404. Une autre évolution importante concerne le montage optique. Sauer a adopté un système compatible avec les montages Blaser, ce qui ouvre de nombreuses possibilités aux chasseurs déjà équipés. La modularité reste impressionnante : différents calibres, plusieurs types de crosses, synthétiques ou bois, avec ou sans busc réglable, avec ou sans trou de pouce.

SC : Que penses-tu de son esthétique ?

JG : Franchement, je la trouve magnifique. J’aime particulièrement la finition Highland avec sa culasse traitée DLC. Ce traitement donne un noir profond très élégant tout en améliorant encore la fluidité du mécanisme. Les versions bois sont également remarquables avec des culasses bouchonnées et des finitions particulièrement soignées. Sauer a réussi à produire une arme qui est à la fois très technique et vraiment belle à regarder.

SC : Sauer a conservé son système d’outillage intégré ?

JG : Oui, et c’est une excellente idée. Comme sur la 404, tous les outils nécessaires au démontage de la carabine sont intégrés dans l’anneau de grenadière avant. Que ce soit pour démonter la longuesse, changer un canon ou modifier le poids de départ de la détente, tout est accessible directement depuis cet outil multifonction. C’est extrêmement pratique sur le terrain.

SC : Tu connais bien la marque. Quelle est ton expérience avec les Sauer ?

JG : J’en ai utilisé énormément. J’ai chassé avec des Sauer 80, des Sauer 90, une Sauer 202 Outback en .22-250 avec laquelle j’ai énormément tiré, ainsi que plusieurs 404. Je pense sincèrement avoir utilisé certaines Sauer qui étaient plus âgées que moi. C’est une marque que je connais très bien et qui a toujours produit des carabines remarquablement fluides.

SC : Qu’est-ce qui distingue réellement la 505 de la 404 ?

JG : Visuellement, les différences sont assez discrètes. La vraie évolution se situe dans les sensations. La 404 était une carabine extrêmement avancée techniquement. On sentait qu’elle avait été conçue par des ingénieurs capables d’imaginer toutes les fonctionnalités possibles. Mais elle avait perdu une partie de l’ADN Sauer : cette fluidité incroyable qui faisait la réputation de la marque. La 505 conserve toutes les innovations utiles de la 404 mais retrouve cette sensation de culasse qui glisse comme du beurre. On est clairement revenu à la grande époque de Sauer.

SC : Comment s’est déroulé le réglage de l’arme ?

JG : Très honnêtement, c’était bluffant. C’est probablement l’une des carabines les plus précises que j’ai testées récemment. Associée aux nouvelles munitions Blaser CDX en .308 Winchester 150 grains, elle réalisait de véritables groupements trou dans trou à 100 mètres. Le couple arme munition était donc tout simplement en symbiose ! J’avais réglé la détente sur le deuxième niveau, soit environ 750 grammes. Pour l’affût et l’approche, c’était parfait. L’ensemble canon-munition fonctionnait de façon remarquable.

SC : Tu as rapidement emmené cette 505 à la chasse ?

JG : Oui, immédiatement après le réglage. Et j’ai connu l’une des meilleures ouvertures de brocard de ma vie. Le premier jour, j’ai prélevé un brocard atypique que j’observais depuis plusieurs semaines. Le tir a été réalisé à 247 mètres après une approche un peu particulière destinée à le faire sortir des hautes herbes où il restait caché. Le chevreuil est tombé net. Dans la foulée, un brocard à boutons s’est présenté à une centaine de mètres de moins. J’ai rechargé instantanément et réalisé un second tir. Le soir même, un troisième brocard était prélevé à environ 120 mètres. Quelques jours plus tard, un autre brocard suivait à plus de 150 mètres. Tout cela avec une facilité déconcertante.

SC : Quelles sensations as-tu ressenties sur le terrain ?

JG : C’est exactement le genre de carabine qui donne immédiatement confiance. On a l’impression de la connaître depuis des années alors qu’on l’utilise depuis quelques heures. L’épaulement est naturel, la prise en main excellente, le busc réglable tombe parfaitement en face de l’œil. J’ai également apprécié le système de sabot amortisseur d’épaisseurs différentes permettant d’adapter la longueur de crosse à sa morphologie. Tout est simple et intuitif.

SC : Comment les munitions CDX se sont-elles comportées ?

JG : Très bien. Tous les animaux tirés avec cette combinaison arme-munition sont restés sur place, à l’exception d’un jeune brocard qui a parcouru une quinzaine de mètres après un tir parfaitement placé. J’ai également prélevé un sanglier d’une cinquantaine de kilos avec cette munition. L’ensemble s’est montré extrêmement efficace. Je pense d’ailleurs que ces nouvelles CDX mériteraient un test complet à elles seules.

SC : À quel type de chasseur recommanderais-tu cette Sauer 505 ?

JG : À tous les chasseurs qui apprécient les belles mécaniques. Aujourd’hui, beaucoup se tournent systématiquement vers les carabines linéaires. Pourtant, une Sauer 505 manipulée par quelqu’un d’entraîné recharge aussi vite, voire plus vite dans certaines situations. Cette arme s’adresse aux amateurs de carabines à verrou qui recherchent à la fois la performance, la polyvalence et l’esthétique. C’est également une excellente solution pour les chasseurs voyageurs grâce à son système de changement de canon. Avec une seule arme, on peut disposer de plusieurs configurations adaptées à toutes les pratiques de chasse.

SC : Le tarif te paraît-il justifié ?

JG : Oui. C’est une carabine de luxe et elle se comporte comme telle. Les finitions sont remarquables, les bois sont magnifiques sur certaines versions, les traitements de surface sont irréprochables et la mécanique inspire confiance dès les premières manipulations. Pour faire une comparaison simple : une Dacia et une BMW M5 permettent toutes les deux d’aller d’un point A à un point B. Mais l’expérience n’est pas la même. La Sauer 505, c’est un peu cette BMW M5 du monde des carabines à verrou.

SC : As-tu identifié des points à améliorer ?

JG : Très peu. Le bouton de déverrouillage du chargeur est peut-être un peu ferme. Mais au moins, il ne risque pas de s’actionner accidentellement. J’aurais également apprécié un dessous de longuesse plus plat pour certaines utilisations sur canne de pirsch ou appui fixe. Mais ce sont vraiment des détails. Globalement, j’ai eu beaucoup de mal à lui trouver des défauts. Pour moi, Sauer a parfaitement réussi son pari : corriger les faiblesses de la 404 tout en conservant ses qualités. Pour les amateurs de carabines à verrou haut de gamme, la 505 fait aujourd’hui partie des références incontournables du marché.

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Rédacteur en chef, SoChasse

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