Primary Arms SLX 1-10×28 : son zoom 1-10x peut-il couvrir tous les modes de chasse ? l’avis de Julien Gingembre

Figure incontournable de la pratique du tir de nuit en Moselle, Julien Gingembre est reconnu pour son expertise de tout premier plan dans l’évaluation des systèmes d’imagerie thermique. Responsable d’un territoire parmi les plus structurés de son département, il organise chaque année six week ends de battue réunissant plus de 80 chasseurs par journée. Avec une moyenne annuelle d’une centaine de sangliers prélevés, il inscrit chacun de ses essais dans une réalité de terrain particulièrement exigeante, où la validation d’un équipement repose sur son engagement en action de chasse, en conditions réelles, jusqu’au prélèvement de l’animal. En tant que responsable de traque, Julien dispose d’une petite meute pour aller « au combat » et peut également tester de nombreux accessoires pour chiens. Sa parfaite maîtrise des carabines, optiques et munitions ainsi que des problématiques d’aménagement du territoire fait de lui un référent technique unanimement reconnu.

Marque

Primary Arms

Produit

SLX 1-10x28

Note de la rédaction

★★★★

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Battue, affût, approche, tir de nuit avec un clip-on thermique… Peut-on réellement tout faire avec une seule lunette ? Julien Gingembre a testé pendant plusieurs semaines la Primary Arms SLX 1-10×28 sur sa Mauser 98 en 7×57. Du stand de tir aux sorties sur le terrain, il nous livre son retour d’expérience sur cette optique qui pourrait séduire les chasseurs à la recherche d’un équipement polyvalent sans exploser leur budget.

Julien, quelles sont les principales caractéristiques de cette Primary Arms SLX 1-10×28 ?

C’est une lunette plutôt typée tactique à l’origine. Elle a été conçue pour être montée principalement sur des plateformes AR-15. Ce qui me plaît sur ce genre d’optique, c’est la plage de grossissement. On passe de 1 à 10 fois, ce qui permet de couvrir énormément de situations de chasse. On est sur un tube de 34 mm, un réticule lumineux et un réticule invariant en second plan focal. La finition est sérieuse, c’est une lunette sobre, bien réalisée et agréable à regarder.

Dans quelles conditions l’as-tu utilisée ?

Je l’ai montée sur ma Mauser 98 en 7×57 équipée d’une crosse GRS. Je l’ai utilisée aussi bien au stand de tir qu’à la chasse. Au stand, j’ai tiré de 50 à 200 mètres. J’aime bien faire un test que je réalise régulièrement : tirer sur des plateaux de ball-trap à 200 mètres. À la chasse, je m’en suis principalement servi à l’affût, un peu à l’approche également. J’ai même fait tirer un chevreuil et un sanglier à un copain avec cette configuration. Je l’ai aussi utilisée avec un clip-on thermique pour le tir de nuit.  Au total, elle a dû m’accompagner sur une quinzaine de sorties minimum.

Le grossissement 1x est-il réellement utilisable comme un point rouge en battue ?

Oui, clairement. C’est un débat qui revient souvent mais, pour moi, lorsqu’on est sur un vrai grossissement 1x, on peut tirer les deux yeux ouverts sans difficulté. Le seul point que je pourrais reprocher, c’est que le point lumineux central est un peu fin. Personnellement, j’aime les points rouges en 6 MOA parce qu’ils offrent une visée très instinctive. Là, le point est plus fin, donc je suis légèrement moins rapide. Mais ça reste parfaitement exploitable et c’est même l’un des grands atouts de cette lunette.

Qu’est-ce qui t’a particulièrement séduit sur cette optique ?

Sa polyvalence. Quand tu la couples avec un clip-on thermique, tu disposes d’un ensemble capable de tout faire. En battue, tu restes sur le grossissement 1x. À l’affût ou à l’approche, tu peux monter jusqu’à 8 ou 10 fois. Et pour le tir de nuit, il suffit d’ajouter le clip-on thermique. Pour beaucoup de chasseurs, cela permet d’avoir une seule lunette pour toutes les pratiques.

Peut-on réellement tirer loin avec cette lunette ?

Oui. Sur 10 fois, tu peux parfaitement tirer à 200 mètres. Dans mon utilisation personnelle, c’est largement suffisant. D’ailleurs, je considère qu’une lunette de ce type couvre la majorité des besoins rencontrés à la chasse.

Que vaut la qualité optique lorsque l’on monte à fort grossissement ?

Jusqu’à 8 fois, il n’y a aucun problème. Entre 8,5 et 9 fois, ça fonctionne encore très bien. À 10 fois, on sent que l’on arrive à la limite du système et que l’image devient un peu moins propre. Mais c’est assez logique. Sur beaucoup de lunettes, le grossissement maximal n’est pas celui qui offre la meilleure qualité d’image. Les optiques capables de conserver une image parfaite au maximum de leur grossissement existent, mais elles coûtent souvent plusieurs fois plus cher.

Le diamètre de 28 mm pénalise-t-il les performances en faible luminosité ?

Forcément, ce n’est pas une lunette conçue pour les conditions les plus extrêmes. À la tombée de la nuit, on sent les limites d’un objectif de 28 mm. En revanche, en réduisant le grossissement autour de 5 fois, tu récupères suffisamment de luminosité pour continuer à chasser efficacement. Je dirais qu’on perd environ 10 à 15 minutes par rapport à une grosse lunette d’affût haut de gamme. Après, il faut toujours comparer cela au prix. On ne peut pas demander les performances d’une optique à plusieurs milliers d’euros à une lunette vendue autour de 600 ou 700 euros.

Tu as retiré le levier de zoom. Pourquoi ?

À cause de ma Mauser 98. Avec son verrou à ouverture à 90 degrés, le levier venait toucher la culasse lorsque j’étais réglé sur le grossissement minimum. Je pense que ce problème peut se retrouver sur certaines carabines à verrou, compte tenu de l’amplitude nécessaire pour passer de 1 à 10 fois. En revanche, sur une carabine semi-automatique ou sur un AR-15, il n’y a aucun souci.

Le réticule ACSS apporte-t-il un réel avantage pour le chasseur ?

Honnêtement, pour mon utilisation, non. Je n’utilise pas les fonctions stadimétriques et je n’en ai pas vraiment besoin à la chasse. Je peux comprendre l’intérêt pour un tireur sportif ou pour quelqu’un qui utilise un AR-15 à moyenne distance. Dans ce contexte, cela a du sens. Pour la chasse, je n’ai pas trouvé que cela apportait un avantage décisif. Ce n’est pas gênant, mais ce n’est pas un argument qui me ferait acheter la lunette.

Comment juges-tu l’ergonomie générale ?

Elle est réussie. Le réticule lumineux fonctionne bien et le système de réglage de l’intensité est pratique. Le commutateur est bien conçu simple et efficace, avec des paliers d’illumination. L’ensemble est simple à utiliser et inspire confiance. Petit bémol, les traits du réticule sont légèrement trop épais à mon gout et peuvent un peu masquer le gibier.

Au final, à quel type de chasseur recommanderais-tu cette lunette ?

Je la recommande au chasseur qui cherche une solution unique pour tout faire. Quelqu’un qui pratique la battue, l’affût, l’approche et qui souhaite éventuellement utiliser un clip-on thermique trouvera dans cette lunette une solution particulièrement intéressante. Elle ne remplacera pas une très grande lunette d’affût dans les dernières minutes de lumière légale, mais elle permet de couvrir énormément d’usages avec un budget contenu. D’ailleurs, elle m’a suffisamment plu pour que je demande à pouvoir la conserver sur ma 7×57. C’est une carabine que j’utilise un peu pour tout, et cette lunette correspond parfaitement à cette philosophie.

Sanglier tiré sur le territoire de Julien avec la Primary Arms SLX 1-10×28

Ton verdict en une phrase ?

Pour environ 600 à 700 euros, la Primary Arms SLX 1-10×28 est une véritable lunette passe-partout capable de remplacer plusieurs optiques pour la majorité des chasseurs.

Figure incontournable de la pratique du tir de nuit en Moselle, Julien Gingembre est reconnu pour son expertise de tout premier plan dans l’évaluation des systèmes d’imagerie thermique. Responsable d’un territoire parmi les plus structurés de son département, il organise chaque année six week ends de battue réunissant plus de 80 chasseurs par journée. Avec une moyenne annuelle d’une centaine de sangliers prélevés, il inscrit chacun de ses essais dans une réalité de terrain particulièrement exigeante, où la validation d’un équipement repose sur son engagement en action de chasse, en conditions réelles, jusqu’au prélèvement de l’animal. En tant que responsable de traque, Julien dispose d’une petite meute pour aller « au combat » et peut également tester de nombreux accessoires pour chiens. Sa parfaite maîtrise des carabines, optiques et munitions ainsi que des problématiques d’aménagement du territoire fait de lui un référent technique unanimement reconnu.

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