La barge à queue noire sous l’œil des chasseurs du Nord
Grâce à un réseau de caméras installées sur le terrain, la Fédération des chasseurs du Nord participe au suivi scientifique
Lire la suiteUne scène digne d’un film s’est déroulée le 4 juillet dernier dans le Connecticut, aux États-Unis. Alors qu’un ours s’était introduit dans le jardin d’une famille et s’approchait dangereusement d’un enfant de six ans, le chien de la maison n’a pas hésité une seconde. En s’interposant face au plantigrade, Bella, une husky, a probablement évité le pire.
Les images de vidéosurveillance sont particulièrement impressionnantes. Alors que le jeune garçon joue tranquillement dans le jardin familial, un ours surgit soudainement et se dirige vers lui. Avant même que les adultes n’aient le temps de réagir, Bella bondit sur le prédateur, le détourne de sa trajectoire puis le poursuit hors de la propriété. Selon le père de famille, Jeffrey Tazzara, la chienne est même parvenue à mordre l’ours avant que celui-ci ne s’enfuie vers les bois. « Bella a finalement rattrapé l’ours au milieu de l’allée et l’a mordu aux fesses », raconte-t-il à nos confrères d’ABC News. Pour la famille, il ne fait guère de doute que la réaction du chien a empêché une situation qui aurait pu tourner au drame.
Même si Bella n’est pas un chien de chasse mais un husky, son comportement parlera immédiatement à tous ceux qui vivent quotidiennement avec des chiens. Qu’ils soient chiens courants, chiens d’arrêt, retrievers ou terriers, les chasseurs savent combien un chien développe un attachement profond à sa famille et combien son instinct de protection peut être puissant lorsque l’un des siens est menacé. Cette fidélité, forgée par des milliers d’années de sélection aux côtés de l’Homme, explique que certains chiens n’hésitent pas à affronter des animaux bien plus puissants qu’eux pour défendre leur maître. Bella en apporte une nouvelle démonstration spectaculaire.
Cet épisode rappelle également une réalité de plus en plus observée dans plusieurs régions du monde : le retour et l’expansion des populations d’ours. Les autorités du Connecticut indiquent d’ailleurs que les observations de plantigrades sont en constante augmentation. Les incursions dans les zones habitées deviennent plus fréquentes, à mesure que les animaux s’habituent à la présence humaine et trouvent de nouvelles sources de nourriture à proximité des habitations. Le phénomène n’est pas propre aux États-Unis. Au Japon, où la population d’ours a fortement progressé ces dernières années, les attaques contre l’homme se sont multipliées, conduisant les autorités à renforcer les mesures de régulation dans plusieurs préfectures. Dans certaines régions, des décès ont même été enregistrés à la suite d’attaques.
Le retour des grands prédateurs constitue souvent une réussite en matière de conservation. Mais cette réussite pose aussi une question essentielle : celle de leur gestion lorsque leur nombre augmente au point de multiplier les conflits avec les activités humaines. Comme pour le loup dans plusieurs pays européens, ou pour l’ours au Japon et dans certains États américains, la protection d’une espèce ne peut durablement se concevoir sans une réflexion sur sa régulation lorsque la sécurité des personnes ou les activités humaines commencent à être affectées. La spectaculaire intervention de Bella rappelle finalement deux évidences : le courage exceptionnel dont sont capables les chiens lorsqu’ils protègent leur famille… mais aussi que les grands prédateurs, lorsqu’ils deviennent plus nombreux et plus familiers des zones habitées, imposent aux autorités de trouver un équilibre entre protection de la biodiversité et sécurité des populations.
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