Gibier d’eau : ce qu’il faut savoir pour l’ouverture de ce 21 août

vol de colverts

Après l’ouverture anticipée du 1er août sur le domaine public maritime et certains territoires bien déterminés, une nouvelle étape importante de la saison du gibier d’eau intervient ce vendredi 21 août à 6 heures. De nombreuses espèces deviennent chassables sur les zones humides de l’intérieur, mais attention : toutes ne sont pas encore ouvertes et plusieurs restent totalement suspendues cette saison. So Chasse fait le point.

Un moment qui était tant attendu par des milliers de passionnés

Pour des milliers de passionnés de chasse au gibier d’eau, ce vendredi 21 août marque l’un des grands rendez-vous de la saison. Depuis le premier samedi d’août, soit cette année le 1er août à 6 heures, de nombreuses espèces pouvaient déjà être chassées sur le domaine public maritime de la façade Atlantique, de la Manche et de la mer du Nord ainsi que sur plusieurs territoires particuliers précisément définis par la réglementation. Depuis ce vendredi 21 août à 6 heures, l’ouverture s’étend à une grande partie des autres zones humides prévues par le Code de l’environnement. Mais gare aux raccourcis : tous les canards et tous les limicoles ne deviennent pas pour autant chassables.

Où peut-on chasser à partir de ce vendredi ?

L’article L.424-6 du Code de l’environnement encadre très précisément la chasse au gibier d’eau lorsque l’ouverture générale de la chasse n’est pas encore intervenue. Elle peut être pratiquée en zone de chasse maritime, dans les marais non asséchés ainsi que sur les fleuves, rivières, canaux, réservoirs, lacs, étangs et nappes d’eau. Sur ces derniers territoires, la recherche et le tir du gibier ne sont autorisés qu’à une distance maximale de 30 mètres de la nappe d’eau, et à condition évidemment de disposer du droit de chasse correspondant. C’est sur ces territoires que l’ouverture du 21 août prend toute son importance pour les chasseurs de l’intérieur. Attention toutefois aux exceptions territoriales. En Moselle, dans le Bas-Rhin et le Haut-Rhin, le régime national d’ouverture anticipée ne s’applique pas dans les mêmes conditions et les chasseurs doivent se référer aux dates d’ouverture générale et aux dispositions locales applicables dans leur département.

Canards de surface : presque tous au rendez-vous

Depuis ce vendredi à 6 heures, plusieurs des canards de surface les plus recherchés deviennent chassables dans les zones concernées. C’est le cas du canard colvert, du canard pilet, du canard siffleur, du canard souchet, de la sarcelle d’été et de la sarcelle d’hiver. Une absence notable cependant : le canard chipeau. Pour celui-ci, il faudra encore patienter. Sur ces territoires comme sur le reste du territoire national, son ouverture n’est fixée qu’au 15 septembre à 7 heures.

Les trois espèces d’oies également ouvertes

Les chasseurs d’oies peuvent également reprendre leurs habitudes depuis 6 heures ce matin. L’oie cendrée, l’oie des moissons et l’oie rieuse figurent toutes trois parmi les espèces dont l’ouverture intervient au premier jour de la troisième décade d’août sur les territoires concernés.

Plusieurs plongeurs, mais pas tous

Chez les canards plongeurs, la réglementation mérite également d’être regardée de près. Le fuligule milouinan, le garrot à œil d’or, la harelde de Miquelon, la macreuse noire et la macreuse brune ont ouvert ce 21 août à 6 heures sur les zones concernées. En revanche, le fuligule morillon et la nette rousse ne doivent ouvrir que le 15 septembre à 7 heures. Le cas du fuligule milouin est lui aussi particulier. Le texte général prévoit normalement une ouverture au 15 septembre, mais cette espèce fait désormais l’objet d’une gestion spécifique pouvant conduire à un encadrement national des prélèvements. La saison passée, son ouverture avait ainsi été conditionnée à la publication d’un arrêté fixant un quota national de 5 000 oiseaux. Les chasseurs devront donc rester particulièrement attentifs aux dispositions applicables pour 2026-2027.

Limicoles : plusieurs espèces ouvrent également

Le 21 août concerne aussi de nombreux limicoles. Peuvent notamment ouvrir à cette date, dans les territoires prévus par la réglementation : la barge rousse, le bécasseau maubèche, le chevalier aboyeur, le chevalier arlequin, le chevalier combattant, le chevalier gambette, le courlis corlieu, l’huîtrier pie, le pluvier doré et le pluvier argenté. Les bécassines des marais et bécassines sourdes bénéficient pour leur part d’un régime particulier et pouvaient déjà, sous certaines conditions, être chassées depuis le premier samedi d’août sur certaines prairies humides et zones de marais spécialement aménagées.

Attention : courlis cendré et barge à queue noire toujours interdits

C’est sans doute l’un des rappels les plus importants de cette ouverture. Même si le tableau général de l’arrêté du 24 mars 2006 mentionne une ouverture théorique du courlis cendré et de la barge à queue noire au 21 août, un arrêté spécifique pris le 29 juillet dernier suspend leur chasse sur l’ensemble de la France métropolitaine. Cette interdiction est applicable jusqu’au 1er juillet 2027. Il ne faut donc surtout pas se fier au seul calendrier général. Courlis cendré et barge à queue noire restent strictement interdits à la chasse cette saison.

L’eider à duvet également interdit

Même prudence concernant l’eider à duvet. Là encore, l’espèce apparaît dans l’ancien calendrier général parmi celles susceptibles d’être ouvertes au gibier d’eau. Mais un arrêté du 27 août 2025 a suspendu sa chasse sur l’ensemble du territoire métropolitain jusqu’au 1er juillet 2030. L’espèce demeure donc interdite cette année.

Foulque, poule d’eau et râle : patience jusqu’au 15 septembre

Les rallidés ne sont pas non plus concernés par l’ouverture de ce vendredi sur la majeure partie du territoire. La foulque macroule, la poule d’eau et le râle d’eau ne peuvent normalement être chassés qu’à partir du 15 septembre à 7 heures sur les territoires de l’intérieur concernés par cette réglementation. Une exception existe toutefois pour la foulque macroule dans l’Hérault, où l’arrêté national prévoit précisément une ouverture au premier jour de la troisième décade d’août à 6 heures.

Des prélèvements désormais davantage encadrés

Depuis 2025, la chasse de plusieurs espèces de canards est également soumise à un prélèvement maximal autorisé commun. Le dispositif prévoit notamment, pour les espèces concernées, une limite de 15 oiseaux par jour et par chasseur hors des installations de chasse de nuit, et de 15 oiseaux par nuit et par chasseur dans ces installations, avec un maximum de 25 oiseaux par installation. La liste comprend notamment le pilet, le siffleur, le souchet, les sarcelles, plusieurs fuligules, les macreuses, le garrot ou encore la nette rousse. Un point à ne pas négliger au moment de reprendre le chemin des marais.

ChassAdapt : déclaration obligatoire pour 15 espèces

Depuis l’été 2025, la déclaration des prélèvements dans ChassAdapt est devenue obligatoire pour 15 espèces de gibier d’eau. Sont concernés le canard chipeau, le canard pilet, le canard siffleur, le canard souchet, la sarcelle d’été, la sarcelle d’hiver, le fuligule milouinan, la harelde de Miquelon, la macreuse noire, la macreuse brune, le fuligule milouin, le fuligule morillon, le garrot à œil d’or, la nette rousse et l’eider à duvet, même si ce dernier demeure actuellement interdit à la chasse. Pour les espèces concernées, la règle est claire : le prélèvement doit être enregistré en temps réel, dès que le chasseur est en possession de l’oiseau. À défaut d’enregistrement dans ChassAdapt, le chasseur se trouve en infraction. La Fédération nationale des chasseurs recommande donc de lancer l’application avant de partir, de la laisser se synchroniser et de vérifier l’état des éventuels quotas nationaux. ChassAdapt peut fonctionner sans réseau une fois correctement synchronisée, mais le chasseur doit consulter les informations disponibles avant l’action de chasse afin de ne pas prélever une espèce dont le quota serait déjà atteint. Le fuligule milouin mérite enfin une attention particulière. Il fait partie des espèces soumises à gestion adaptative et, lorsqu’un plafond national de prélèvement est fixé, son ouverture dépend de la publication de l’arrêté correspondant. Pour 2025-2026, chaque prélèvement devait être déclaré immédiatement dans ChassAdapt. Il faudra donc impérativement vérifier les dispositions spécifiques publiées pour la saison 2026-2027 avant son ouverture.

Vérifier aussi son arrêté départemental

Enfin, le calendrier national ne dispense jamais de consulter les dispositions locales. Des arrêtés préfectoraux peuvent préciser certaines modalités d’exercice de la chasse et des réglementations particulières peuvent s’appliquer sur certains territoires, réserves ou installations. Avant de partir, mieux vaut donc consacrer quelques minutes à la consultation de l’arrêté préfectoral de son département et des informations diffusées par sa Fédération départementale des chasseurs. Car si le 21 août reste l’un des grands rendez-vous de l’année pour les sauvaginiers, la réglementation du gibier d’eau demeure probablement l’une des plus complexes de la chasse française.

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Né en 1973, Frédéric Buszkowski vit en Dordogne. Ancien sous-officier de l'armée de Terre puis technicien supérieur à la SNCF, il est chasseur passionné depuis plus de vingt ans. Sa pratique couvre un large éventail de modes de chasse : le grand gibier en battue et à l'affût, le pigeon ramier en palombière, le petit gibier à plumes, ainsi que la régulation des corvidés. Fort de son expérience de terrain, il met aujourd'hui ses connaissances du monde cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur, avec une approche à la fois rigoureuse, pratique et ancrée dans les réalités de la chasse française.

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