Alors que le vieillissement des effectifs est régulièrement présenté comme l’un des principaux défis du monde cynégétique, les chiffres publiés par la Fédération départementale des chasseurs de l’Ain apportent une note nettement plus encourageante. Le nombre de candidats au permis de chasser augmente depuis plusieurs années, avec 409 inscriptions en 2025 et près de 430 espérées en 2026. Plus intéressant encore, 58 % des nouveaux titulaires ont moins de 30 ans.
De moins de 300 candidats à plus de 400
C’est une évolution que la Fédération départementale des chasseurs de l’Ain ne boude pas son plaisir de mettre en avant dans son dernier numéro d’Ainfocynégétique. En 2020, moins de 300 personnes s’étaient présentées au permis de chasser dans le département. Cinq ans plus tard, elles étaient 409. Et la progression pourrait se poursuivre puisque la Fédération espère approcher les 430 candidats en 2026. Autrement dit, alors que l’on entend régulièrement annoncer la disparition progressive des chasseurs français, au moins un indicateur local raconte une histoire sensiblement différente : de nouvelles personnes continuent à vouloir rejoindre leurs rangs. La progression n’est d’ailleurs pas nouvelle. La FDC de l’Ain constatait déjà une forte hausse des demandes d’inscription ces dernières années et appelait les candidats à anticiper leurs démarches face à l’affluence.
78 % de réussite en 2025
La Fédération publie également l’évolution des résultats obtenus à l’examen. Le taux de réussite est passé d’environ 67 % en 2020 à 78 % en 2025. Ce résultat est particulièrement intéressant puisque la FDC01 souligne que le taux national de réussite était de 72 % en 2025. L’Ain se situe donc six points au-dessus de la moyenne nationale. Mais un autre chiffre mérite sans doute davantage encore d’être retenu : 58 % des nouveaux titulaires du permis ont moins de 30 ans. Dans un univers cynégétique confronté depuis des décennies au vieillissement de ses pratiquants, voir près de six nouveaux chasseurs sur dix appartenir à cette tranche d’âge constitue évidemment un signal encourageant. Les femmes restent encore minoritaires, mais leur proportion progresse également. Elles représentaient 12 % des nouveaux permis l’année dernière.
Des chiffres qui donnent corps aux résultats de l’étude IFOP
Ces données locales font directement écho à l’étude IFOP commandée par la Fédération nationale des chasseurs et présentée lors de son congrès en mars dernier. Cette enquête avait révélé qu’environ 17 % des Français se montraient curieux ou ouverts à la découverte de la chasse et que 7 % présentaient un véritable potentiel pour passer le permis et devenir chasseurs. Rapporté à la population française, le vivier potentiel se compte en plusieurs millions de personnes. Un résultat suffisamment significatif pour que Willy Schraen ait alors estimé que la chasse française disposait encore d’un important potentiel de renouvellement. L’étude montrait également que l’intérêt pour la chasse n’était pas seulement lié à l’acte cynégétique lui-même. Les personnes susceptibles de franchir le pas évoquaient notamment la recherche d’une activité de pleine nature, la convivialité, le partage, la possibilité de consommer une viande locale ou encore la participation à la régulation des espèces.
Le chasseur reste le meilleur ambassadeur de la chasse
Mais l’étude IFOP faisait également apparaître quelque chose d’essentiel : le rôle de l’entourage. Selon les chiffres repris par la FDC de l’Ain, 59 % des personnes se déclarant intéressées par la chasse connaissent déjà un ou plusieurs chasseurs. Ce constat n’a rien d’anecdotique. On entre rarement dans une société de chasse après avoir simplement vu une publicité. On y entre beaucoup plus facilement parce qu’un ami, un collègue, un voisin ou un membre de sa famille propose de venir découvrir une journée sur le terrain. C’est précisément pour exploiter ce potentiel que la FNC a lancé au printemps sa campagne de communication « Qui va à la chasse trouve sa place ». La Fédération nationale reconnaît elle-même que l’un des grands enjeux consiste désormais à mieux faire connaître la pratique et à faciliter l’arrivée de nouveaux publics.
Encore faut-il ouvrir la porte
Car l’étude révèle également les obstacles qui peuvent retenir ceux qui seraient pourtant tentés par l’expérience. Parmi eux figurent le regard négatif porté sur la chasse, la crainte d’assumer publiquement son statut de chasseur mais également, et cela doit interpeller directement le monde cynégétique, la peur de ne pas être accueilli dans un groupe perçu comme fermé. La FDC de l’Ain le dit donc très clairement à ses adhérents : chacun doit jouer son rôle d’ambassadeur. Cette nécessité est d’autant plus importante que la pratique continue de souffrir d’une forte méconnaissance. Selon l’étude IFOP, 58 % des Français s’estiment mal informés sur les pratiques de chasse, 68 % sur sa réglementation et 67 % sur son rôle en matière de biodiversité. Il existe donc manifestement un fossé entre l’image extérieure de la chasse et ce que découvrent ceux qui entrent réellement en contact avec ses pratiquants.
Une bonne nouvelle pour l’avenir de la chasse
Il serait évidemment hasardeux d’extrapoler les résultats d’un seul département à l’ensemble de la France. La chasse continue de devoir faire face à un renouvellement générationnel difficile et à une baisse de long terme du nombre de validations annuelles. Mais les chiffres de l’Ain démontrent au moins une chose : le déclin n’a rien d’inéluctable. Lorsque les candidats sont accueillis, formés et accompagnés, ils sont encore nombreux à vouloir découvrir la chasse. Et ils sont loin d’être uniquement des pratiquants âgés reproduisant une tradition familiale : dans l’Ain, la majorité des nouveaux permis concernent désormais des moins de 30 ans. Le potentiel évoqué par l’étude IFOP commence donc, au moins localement, à se traduire par des inscriptions bien réelles. Et la conclusion de la Fédération de l’Ain mérite probablement d’être entendue bien au-delà du département : si les chasseurs veulent assurer l’avenir de leur passion, encore faut-il qu’ils ouvrent la porte à ceux qui souhaitent les rejoindre.












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