Pendant un entretien avec So Chasse, le directeur général de l’Office français de la biodiversité, Olivier Thibault, estime que le déclin du petit gibier s’explique d’abord par l’évolution des territoires agricoles. Disparition des haies, recul des insectes, développement des grandes cultures ou encore accélération des travaux agricoles ont profondément modifié les conditions de vie des espèces de plaine.
La disparition de milieux favorables aux insectes
Olivier Thibault considère que la situation du petit gibier doit être replacée dans une réflexion plus large sur l’évolution des territoires agricoles. La disparition des haies, des bandes enherbées, des chemins ou encore de certains milieux favorables aux insectes a progressivement réduit les possibilités d’abri et de reproduction pour de nombreuses espèces. « Le petit gibier, c’est un sujet d’aménagement du territoire », rappelle le directeur général de l’OFB, pour qui la question dépasse donc largement celle de la seule gestion cynégétique.
Des conditions de reproduction devenues plus difficiles
L’évolution des pratiques agricoles a également modifié les conditions de reproduction du petit gibier. Le développement des grandes cultures, le recul des insectes et l’accélération des travaux agricoles sont notamment évoqués. Les machines interviennent aujourd’hui plus rapidement et peuvent détruire des nichées ou des œufs. Pour Olivier Thibault, l’ensemble de ces évolutions contribue à rendre plus difficiles les conditions nécessaires au maintien des populations de petit gibier.
Un système favorable au grand gibier
Le directeur général de l’OFB souligne également une différence importante entre les milieux favorables au grand gibier et ceux qui permettent au petit gibier de prospérer. « Le système qui est favorable au grand gibier est défavorable au petit gibier », explique-t-il. Les transformations des paysages et des pratiques agricoles ont ainsi pu profiter à certaines espèces tout en pénalisant celles qui dépendent davantage de milieux ouverts diversifiés et de ressources alimentaires disponibles.
Les chasseurs ont-ils fait le choix du grand gibier ?
Cette évolution pose également la question de la place accordée au petit gibier dans les territoires de chasse. Si les évolutions des habitats et des pratiques agricoles ont indéniablement contribué à la situation actuelle, les chasseurs ont également, au fil des années, fait le choix de privilégier davantage le grand gibier. Ce choix a nécessairement eu pour conséquence de modifier les pratiques et les équilibres au sein des territoires de chasse. Olivier Thibault rappelle toutefois que le développement du petit gibier suppose un investissement important : « Avoir du petit gibier, c’est un engagement énorme », souligne-t-il, en rappelant les efforts nécessaires pour recréer des conditions favorables aux espèces de plaine. En définitive, l’avenir du petit gibier ne dépend pas uniquement de l’évolution des habitats ou des pratiques agricoles : il est aussi, pour une part importante, entre les mains des chasseurs.
L’OFB estime que le petit gibier peut encore être favorisé
Malgré ces difficultés, le directeur général de l’OFB considère que la situation n’est pas figée. Des actions sur les habitats, les haies, les bandes enherbées ou encore la disponibilité alimentaire peuvent permettre d’améliorer les conditions de vie du petit gibier. Pour Olivier Thibault, la question est donc aussi celle de la capacité des acteurs du territoire à faire évoluer les milieux afin de recréer les conditions nécessaires au retour de ces espèces.











Laisser un commentaire