Pyrénées-Orientales : pas de petit gibier dans les zones incendiées

Pas de chasse au petit gibier dans les zones incendiées

Alors que la saison de chasse s’est ouverte ce dimanche dans les Pyrénées-Orientales, les chasseurs locaux ont choisi de ne pas prélever de petit gibier dans les secteurs touchés par les incendies de l’été. Une décision volontaire qui illustre leur capacité à adapter la chasse à l’état des territoires, tout en maintenant la régulation du grand gibier, notamment du sanglier.

Une décision prise par les chasseurs eux-mêmes

Dans les Pyrénées-Orientales, l’ouverture générale ne s’est pas faîte tout à fait comme ailleurs. Les responsables locaux de la chasse ont en effet décidé de renoncer cette saison aux prélèvements de petit gibier dans les zones ravagées par les incendies de l’été, notamment autour de Trévillach, où près de 5 000 hectares ont brûlé au début de l’été. Une mesure saluée par Jean-Pierre Sanson, président de la Fédération départementale des chasseurs des Pyrénées-Orientales, qui y voit une décision responsable et adaptée à la situation du terrain. Réunis en amont de l’ouverture, les responsables locaux ont choisi de protéger les populations de petit gibier encore présentes dans ces secteurs fragilisés. Une décision qui n’a donc pas été imposée par l’administration, mais prise directement par les chasseurs concernés.

Le grand gibier devra toujours être régulé

Cette retenue ne signifie toutefois pas l’arrêt de toute activité cynégétique dans les secteurs incendiés. La Fédération départementale des chasseurs entend au contraire maintenir la pression sur le grand gibier, et notamment sur le sanglier. Jean-Pierre Sanson rappelle que cette régulation reste indispensable, notamment vis-à-vis des agriculteurs, déjà fortement affectés par les conséquences des incendies. Dans ces territoires perturbés, une trop forte concentration de sangliers pourrait en effet accentuer les dégâts agricoles au moment même où certaines exploitations tentent de se relever. Le choix des chasseurs consiste donc à différencier les situations : protéger le petit gibier là où son milieu a été fortement dégradé, tout en continuant à gérer les espèces dont les populations peuvent poser problème.

La LPO réclamait un report de l’ouverture

La décision a également été saluée par la Ligue pour la protection des oiseaux des Pyrénées-Orientales, même si celle-ci estime qu’elle constitue seulement « le minimum ». L’association avait demandé un report plus général de l’ouverture, estimant que la faune avait particulièrement souffert des fortes chaleurs, de la sécheresse et des incendies. Son président, Rossano Pulpito, considère que de nombreux animaux restent fragilisés par les difficultés d’accès à l’eau, à la nourriture et aux zones de repos. Les chasseurs ont donc choisi une approche différente : plutôt qu’un report généralisé de la chasse, ils privilégient une adaptation locale en fonction de l’état réel des territoires et des espèces présentes.

Les chasseurs vont aussi surveiller le retour de la faune

La Fédération départementale des chasseurs prévoit également de mettre à profit sa présence sur le terrain pour suivre l’évolution des secteurs incendiés. Des observations doivent être réalisées, de jour comme de nuit, afin de déterminer quelles espèces recolonisent progressivement les zones touchées et dans quel état se trouvent leurs habitats. Ce suivi permettra également de réfléchir aux aménagements susceptibles de favoriser le retour de la faune. Une mission d’observation qui rappelle que la chasse ne se limite pas aux prélèvements : les chasseurs sont aussi présents toute l’année sur les territoires qu’ils connaissent souvent particulièrement bien.

ChassAdapt poursuit son développement

Autre nouveauté de cette saison dans les Pyrénées-Orientales, comme sur le reste du territoire national : le développement de l’utilisation de ChassAdapt pour déclarer les prélèvements de petit gibier concernés par les dispositifs de suivi. Des formations ont été organisées dans les Hauts-Cantons ainsi qu’à Perpignan afin d’accompagner les chasseurs dans l’utilisation de l’application. L’outil permet notamment de suivre en temps réel certains prélèvements à l’échelle nationale et de mieux encadrer les espèces soumises à quotas. La déclaration papier reste toutefois possible. Entre restrictions volontaires dans les zones incendiées, maintien nécessaire de la régulation du sanglier et suivi de la recolonisation des territoires, les chasseurs des Pyrénées-Orientales montrent cette année qu’une gestion responsable de la faune passe aussi par la capacité à savoir ne pas prélever lorsque les circonstances l’exigent.

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Né en 1973, Frédéric Buszkowski vit en Dordogne. Ancien sous-officier de l'armée de Terre puis technicien supérieur à la SNCF, il est chasseur passionné depuis plus de vingt ans. Sa pratique couvre un large éventail de modes de chasse : le grand gibier en battue et à l'affût, le pigeon ramier en palombière, le petit gibier à plumes, ainsi que la régulation des corvidés. Fort de son expérience de terrain, il met aujourd'hui ses connaissances du monde cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur, avec une approche à la fois rigoureuse, pratique et ancrée dans les réalités de la chasse française.

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