Malgré les dernières pluies, les chasseurs de gibier d’eau de Charente-Maritime vont encore devoir patienter. La situation hydrologique demeure trop fragile pour envisager un retour à la normale concernant le remplissage des mares de tonne. La Fédération départementale des chasseurs de la Charente-Maritime suit la situation avec les services de l’État, mais les débits restent pour l’instant insuffisants.
Les pluies n’ont apporté qu’un répit
Les précipitations tombées fin août avaient suscité quelques espoirs parmi les chasseurs à la tonne. Elles n’auront finalement apporté qu’une amélioration ponctuelle. Le constat dressé par la Fédération départementale des chasseurs de la Charente-Maritime est clair : « les dernières pluies ne permettent pas un retour à la normale » et la situation hydraulique demeure précaire. Un diagnostic partagé par les services de l’État. À l’issue du Comité de suivi opérationnel de l’étiage réuni le 26 août, la préfecture expliquait que les précipitations récemment enregistrées constituaient « un répit bienvenu », mais ne permettaient pas de considérer la situation comme durablement rétablie. La Charente-Maritime demeure ainsi placée en « alerte renforcée » pour les usages de l’eau potable.
La Charente plafonnait encore à 10 ou 11 m³/s
L’une des données les plus parlantes concerne directement le fleuve Charente. Au 26 août, son débit s’était stabilisé autour de seulement 10 à 11 m³/s. Une situation qui permet encore aux usines de Coulonge et Lucien Grand, assurant ensemble 35 % de la production d’eau potable du département, de fonctionner normalement, mais qui reste insuffisante pour desserrer significativement les contraintes sur les autres usages de la ressource. Or, pour les mares de tonne dépendant de la Charente, la Fédération rappelle que l’arrêté cadre prévoit que le débit du fleuve atteigne au moins 13 m³/s pendant cinq jours consécutifs, sous réserve également que les niveaux relevés aux différentes échelles atteignent les seuils requis. Le seuil est donc loin d’être anecdotique : avec 10 à 11 m³/s relevés fin août, il manquait encore plusieurs mètres cubes par seconde pour seulement commencer à envisager une évolution favorable. Et la FDC 17 précise qu’en pratique, pour pouvoir établir un calendrier de remplissage réellement exploitable, il faudrait disposer d’un débit suffisamment stable pendant une dizaine de jours.
Le remplissage est interdit sur une grande partie du département
Les restrictions ne reposent pas uniquement sur une recommandation de prudence. L’arrêté préfectoral n°26EB561, signé le 19 août et applicable depuis le 20 août, interdit le remplissage mais également la simple remise à niveau des mares de tonne dans une grande partie de la Charente-Maritime. Sont notamment concernés les bassins du Curé et de la Sèvre Niortaise, du Mignon, des Marais Nord et Sud de Rochefort, du fleuve Charente, de la Boutonne et ses affluents, de l’Antenne et de la Rouzille, de la Seudre ainsi que de l’Isle aval. Sur la Seugne et la Dronne aval, le remplissage et la remise à niveau sont autorisés mais limités aux mares d’une superficie inférieure à un hectare. En revanche, les marais bordant la Gironde, au nord comme au sud, restent dans le régime de remplissage sans limitation prévu par cet arrêté. Toutes les tonnes du département ne sont donc pas placées dans la même situation, notamment parce que certaines sont alimentées en eau salée et ne dépendent pas directement des prélèvements dans les cours d’eau douce.
Plus de 1 165 tonnes en Charente-Maritime
La question est loin d’être marginale dans ce département où la chasse à la tonne constitue une tradition particulièrement importante. Le Schéma départemental de gestion cynégétique 2023-2029 recense plus de 1 165 tonnes et les marais qui leur sont associés, répartis sur le littoral et dans les grandes zones humides de Charente-Maritime. Mais les mares des tonnes ont également un intérêt qui dépasse la seule chasse. La Fédération nationale des chasseurs rappelle que la FDC 17 mène notamment des études sur les invertébrés aquatiques, la flore et les oiseaux nicheurs présents sur ces zones humides. Le SDGC souligne lui aussi que ce réseau de mares forme une mosaïque d’habitats utilisée par de nombreux oiseaux migrateurs mais également par des espèces nicheuses au printemps.
La FDC 17 attend désormais une amélioration durable
Pour l’heure, impossible cependant de fixer une date à laquelle les restrictions pourront être assouplies. Les prévisions à quinze jours examinées par la Fédération restent défavorables et, surtout, le fleuve Charente demeure en période d’étiage. Quelques épisodes pluvieux ne suffisent pas à recharger durablement une ressource fortement sollicitée après un été particulièrement sec. Fin juillet, la préfecture indiquait ainsi que le déficit pluviométrique moyen atteignait 65 % dans le département et jusqu’à 90 % dans certains secteurs du nord de la Charente-Maritime. Dans ce contexte, la Fédération départementale des chasseurs assure poursuivre régulièrement ses échanges avec les services compétents afin qu’une proposition de calendrier puisse être élaborée dès que les indicateurs hydrologiques le permettront. En attendant, elle appelle les chasseurs concernés à la patience et au « sens de l’intérêt collectif ». Une position responsable alors que la priorité reste, comme elle le souligne elle-même, de préserver l’alimentation en eau potable de la population.












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