Var : les chasseurs proposent de suspendre le petit gibier après les incendies

Suspension de la chasse au petit gibier dans le Var

Après les gigantesques incendies qui ont frappé le Var cet été, la préfecture prépare un arrêté interdisant une grande partie de la chasse dans les secteurs boisés sinistrés. Une mesure qui rejoint directement la proposition des chasseurs varois eux-mêmes : suspendre pendant un an la chasse au petit gibier dans ces zones afin de laisser la faune se reconstituer. Seules les battues au sanglier devraient être maintenues pour limiter les dégâts agricoles.

Tordre le cou à quelques caricatures.

Alors que certaines associations réclament depuis plusieurs semaines l’interdiction de la chasse dans les territoires touchés par les incendies, les chasseurs varois n’ont manifestement pas attendu qu’on leur explique qu’une faune éprouvée par le feu devait pouvoir retrouver un peu de tranquillité. La Fédération départementale des chasseurs du Var a elle-même proposé au préfet de suspendre pendant un an la chasse au petit gibier sur les secteurs incendiés. Une proposition qui devrait désormais trouver sa traduction réglementaire.

Pas de petit gibier dans les secteurs incendiés

Selon ICI Provence, la préfecture du Var prépare actuellement un arrêté destiné à interdire la chasse dans les secteurs boisés touchés par les incendies de cet été. L’objectif affiché par les services de l’État est de « favoriser le repeuplement par le petit gibier des zones incendiées ». La mesure doit notamment concerner les territoires ravagés par l’impressionnant incendie du Gros Bessillon, parti le 21 juillet dernier et officiellement déclaré éteint après près d’un mois de lutte. Le feu a parcouru environ 6 300 hectares, dont quelque 5 700 hectares ont effectivement brûlé, notamment sur les communes de Pontevès, Correns, Cotignac, Carcès, Montfort-sur-Argens, Châteauvert et Barjols. L’ouverture générale de la chasse est prévue dans le Var le 13 septembre prochain. Mais sur ces territoires dévastés, les chasseurs avaient déjà anticipé la nécessité d’adapter leurs pratiques.

Une suspension proposée par les chasseurs

Invité mercredi 19 août sur ICI Provence, Laurent Faudon, président de la Fédération départementale des chasseurs du Var, a expliqué avoir proposé au préfet une suspension pendant un an de la chasse au petit gibier dans les secteurs incendiés. Une décision de bon sens compte tenu de l’état des milieux et de la nécessité de permettre aux populations animales survivantes de recoloniser progressivement les zones touchées. Une nouvelle fois, les faits sont donc assez éloignés de l’image parfois véhiculée d’un monde cynégétique qui continuerait à chasser coûte que coûte sur des territoires réduits en cendres. Dans le Var, ce sont précisément les représentants des chasseurs qui ont proposé cette mesure de protection. Et ce comportement n’est d’ailleurs pas isolé. Depuis les grands incendies de cet été, nous avons déjà évoqué à plusieurs reprises dans So Chasse les initiatives prises localement par des chasseurs pour suspendre ou adapter leurs prélèvements, mais également pour venir en aide à la faune sauvage : remise en eau de points d’abreuvement, surveillance des territoires, apport d’eau ou suspension volontaire de certaines chasses. Le monde cynégétique connaît ses territoires. Et lorsqu’une catastrophe écologique de cette ampleur survient, adapter la chasse relève tout simplement d’une gestion responsable.

Le sanglier reste une exception

Le futur arrêté préfectoral devrait cependant prévoir une exception importante : le sanglier. Les battues devraient rester autorisées dans les secteurs concernés afin de poursuivre la régulation de l’espèce. La préfecture justifie cette exception par les nombreux dégâts occasionnés par les sangliers dans les cultures, avec une préoccupation particulière en cette période de vendanges et pour les exploitations agricoles situées à proximité des massifs incendiés. Une position également défendue par Laurent Faudon. « Si on ne chasse pas, il y aurait beaucoup de dégâts », a expliqué le président de la Fédération départementale des chasseurs du Var sur ICI Provence. Là encore, la distinction est importante. Suspendre la chasse au petit gibier permet de laisser souffler des populations directement dépendantes d’habitats profondément bouleversés par les flammes. Renoncer simultanément à réguler les sangliers pourrait en revanche reporter une pression supplémentaire sur les agriculteurs déjà durement touchés par les incendies. La gestion cynégétique consiste précisément à savoir faire cette différence.

L’ASPAS demandait l’arrêt total de la chasse

Cette initiative intervient alors que l’ASPAS a écrit aux préfets de 44 départements afin de réclamer la suspension de toute activité de chasse dans les territoires fortement touchés par les incendies, les canicules et la sécheresse. Le Var figure parmi les départements concernés. Mais la solution qui se dessine localement est plus nuancée. Oui à la protection du petit gibier dans les zones sinistrées, et les chasseurs varois l’ont eux-mêmes proposée. Mais maintien de la régulation du sanglier lorsqu’elle demeure indispensable à la protection des cultures. Le projet d’arrêté doit désormais être soumis pendant une semaine à la consultation des membres de la Commission départementale de la chasse et de la faune sauvage avant sa finalisation. Après un été dramatique pour les massifs varois, chasseurs et services de l’État semblent donc privilégier une approche pragmatique : laisser le temps au petit gibier de reconquérir les espaces brûlés, tout en évitant que la catastrophe écologique ne se double de dégâts supplémentaires pour les agriculteurs. Une gestion raisonnée qui rappelle surtout une évidence : protéger la faune après un incendie et être chasseur n’ont jamais été deux choses incompatibles.

Partager cet article


Né en 1973, Frédéric Buszkowski vit en Dordogne. Ancien sous-officier de l'armée de Terre puis technicien supérieur à la SNCF, il est chasseur passionné depuis plus de vingt ans. Sa pratique couvre un large éventail de modes de chasse : le grand gibier en battue et à l'affût, le pigeon ramier en palombière, le petit gibier à plumes, ainsi que la régulation des corvidés. Fort de son expérience de terrain, il met aujourd'hui ses connaissances du monde cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur, avec une approche à la fois rigoureuse, pratique et ancrée dans les réalités de la chasse française.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Are you human? Please solve:Captcha


Depuis son lancement en 2008, la Browning X-Bolt s’est imposée comme l’une des références du marché des carabines à verrou.

Découvrez d'autres articles

Retour en haut