Doubs : même réduit, le plan de chasse du chamois indigne l’ASPAS

Chamois

Le projet de plan de chasse 2026-2027 prévoit un maximum de 331 chamois prélevés dans le Doubs, soit 120 de moins que la saison précédente. Malgré cette diminution très importante, l’ASPAS réclame toujours l’arrêt pur et simple de la chasse de cette espèce.

Une diminution de 27% des objectifs de prélèvements

Qu’importe l’ampleur de l’effort consenti, pour les animalistes, tout prélèvement reste un prélèvement de trop. Dans le Doubs, l’Association pour la protection des animaux sauvages repart ainsi en campagne contre la chasse du chamois. Le projet d’arrêté préfectoral soumis à la consultation du public fixe une fourchette comprise entre 277 et 331 animaux pour la saison 2026-2027. Ces chiffres sont en nette diminution par rapport au plan précédent, qui permettait de prélever entre 377 et 451 chamois. Le plafond est ainsi abaissé de 120 animaux et le minimum de 100, soit une réduction proche de 27 %.

Une réduction pourtant considérable

Cette baisse démontre que les services de l’État et les responsables cynégétiques ne cherchent nullement à maintenir artificiellement des prélèvements élevés. Le plan de chasse est précisément un outil de gestion adaptative. Les attributions peuvent augmenter ou diminuer en fonction de l’évolution des populations, des observations recueillies sur le terrain et de la pression exercée par les animaux sur leur milieu. Pourtant, cette réduction particulièrement importante ne satisfait toujours pas l’ASPAS. Son représentant dans le Doubs, Jean Chapuis, affirme que la population départementale serait passée de 3 000 chamois en 2020 à environ 1 500 aujourd’hui. Cette estimation, présentée comme une certitude par l’association, n’est toutefois accompagnée dans l’article de nos confrères d’ICI Besançon d’aucun comptage départemental publié permettant de confirmer une division exacte des effectifs par deux.

L’ASPAS refuse toujours le principe même de la chasse

Le véritable désaccord ne semble donc pas porter sur le niveau du plan de chasse, mais sur l’existence même de la chasse au chamois. L’ASPAS présente les prélèvements comme la satisfaction d’un simple « loisir récréatif » pratiqué par une minorité de la population. Elle réclame désormais l’arrêt complet de la chasse du chamois dans le département, mais également celui de la chasse d’été du chevreuil. Dans ces conditions, aucune diminution du quota ne pourrait réellement satisfaire l’association. Même réduit d’un quart, le plan de chasse demeure condamné parce que l’objectif poursuivi est moins sa modification que la disparition de la chasse elle-même.

Le chamois n’est pas considéré comme un nuisible

L’ASPAS affirme également que les chamois ne sont pas des animaux « nuisibles ». Personne ne prétend pourtant le contraire. Le chamois est une espèce chassable soumise à un plan de chasse obligatoire. Il n’est pas classé parmi les espèces susceptibles d’occasionner des dégâts, anciennement appelées nuisibles. Le plan de chasse ne consiste donc pas à condamner une espèce jugée indésirable. Il vise à maintenir ses populations à un niveau compatible avec les capacités d’accueil du milieu, la préservation de ses habitats et le renouvellement des peuplements forestiers. Cette gestion impose à la fois un nombre minimal et un nombre maximal d’animaux à prélever. Le plafond protège la population contre une pression excessive, tandis que le minimum permet d’éviter une concentration trop importante d’animaux sur certains secteurs.

Des dégâts forestiers bien réels

Dans sa note de présentation, la préfecture rappelle que les chamois consomment des végétaux herbacés, mais également les bourgeons, les feuilles et les jeunes pousses de plusieurs essences forestières, notamment les érables, les chênes et les frênes. Lorsque la densité des ongulés devient trop élevée, cet abroutissement peut ralentir la croissance des jeunes arbres, empêcher certaines essences de se développer et compromettre la diversité de la future forêt. L’ASPAS qualifie ces dégâts d’« insignifiants et non avérés ». Pourtant, le phénomène d’abroutissement provoqué par les grands ongulés est parfaitement documenté par les gestionnaires forestiers. Des documents d’aménagement de l’Office national des forêts constatent que la pression cumulée des cervidés et des chamois peut empêcher la régénération naturelle du sapin et de certains feuillus, ou réduire fortement le mélange des essences. L’ONF cite alors l’adaptation et la réalisation des plans de chasse parmi les outils permettant de retrouver un équilibre entre la forêt et les animaux.

Gérer n’est pas éradiquer

Autoriser le prélèvement d’un maximum de 331 chamois ne signifie donc ni que ces animaux sont considérés comme nuisibles ni que les chasseurs veulent les faire disparaître. La chasse du chamois est strictement encadrée, soumise à l’attribution préalable d’un bracelet et pratiquée essentiellement à l’approche ou à l’affût. Les chasseurs ont d’ailleurs tout intérêt à préserver des populations en bonne santé et durablement implantées sur leurs territoires. Le projet présenté pour 2026-2027 traduit justement cette volonté d’adaptation, puisque les prélèvements sont réduits de près de 27 % en une seule saison. Le public peut participer à la consultation organisée par la préfecture du Doubs jusqu’au 28 juillet en cliquant sur ce lien:https://www.doubs.gouv.fr/Publications/Publications-Legales/Participation-du-Public-aux-decisions-en-matiere-d-environnement/projet-AP-fourchettes-de-chamois-et-de-cerfs-a-prelever-dans-le-departement-du-Doubs-2026-2027 . Mais une chose est déjà certaine : pour l’ASPAS, même une baisse de 120 chamois ne suffit pas. Seule l’interdiction complète de leur chasse paraît désormais susceptible de trouver grâce à ses yeux.

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Né en 1973, Frédéric Buszkowski vit en Dordogne. Ancien sous-officier de l'armée de Terre puis technicien supérieur à la SNCF, il est chasseur passionné depuis plus de vingt ans. Sa pratique couvre un large éventail de modes de chasse : le grand gibier en battue et à l'affût, le pigeon ramier en palombière, le petit gibier à plumes, ainsi que la régulation des corvidés. Fort de son expérience de terrain, il met aujourd'hui ses connaissances du monde cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur, avec une approche à la fois rigoureuse, pratique et ancrée dans les réalités de la chasse française.

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