Aude : chasseurs et agriculteurs unis pour défendre la ruralité

Rencontre PDT FDC 11 et élu

Le président de la Fédération départementale des chasseurs de l’Aude, Yves Bastié, a récemment reçu Daniel Palop, maire de Véraza mais aussi agriculteur et éleveur. Une rencontre placée sous le signe de la ruralité et d’un constat largement partagé sur le terrain : chasseurs et agriculteurs ont plus que jamais intérêt à travailler ensemble pour préserver les équilibres de nos campagnes.

Des dégâts de grand gibier qui pèsent sur les exploitations

Pour les agriculteurs, les dégâts provoqués par le grand gibier ne se résument pas à quelques parcelles retournées ou à quelques cultures consommées. Ils représentent parfois des pertes importantes, du travail supplémentaire et une fragilisation économique pour des exploitations qui évoluent déjà dans un contexte difficile. C’est précisément sur ce terrain que les chasseurs jouent un rôle devenu indispensable. La régulation du grand gibier participe directement à la recherche d’un équilibre entre les populations animales, les capacités d’accueil des territoires et les activités agricoles. Un enjeu d’autant plus important que les effectifs de chasseurs diminuent progressivement, tandis que les attentes qui reposent sur eux en matière de régulation restent considérables.

Agriculteurs et chasseurs ont besoin des mêmes territoires

Mais la rencontre entre Yves Bastié et Daniel Palop ne s’est pas limitée à la question des dégâts. Préservation des haies, maintien des chaumes, cultures destinées à la faune, entretien des points d’eau ou restauration des habitats constituent autant de sujets sur lesquels agriculture et chasse sont étroitement liées. Un territoire agricole diversifié, entretenu et ponctué de haies ou de zones refuges profite au petit gibier comme à de nombreuses autres espèces. À l’inverse, l’abandon des terres et la fermeture progressive des milieux peuvent appauvrir certains habitats tout en accentuant d’autres risques.

Incendies et enfrichement, des préoccupations particulièrement fortes dans l’Aude

Dans un département durement confronté au risque d’incendie, la question de l’entretien des espaces ruraux prend évidemment une dimension supplémentaire. Daniel Palop et Yves Bastié ont notamment évoqué la reconstruction des territoires touchés par les feux et la lutte contre l’enfrichement. Sur ces questions aussi, agriculteurs, éleveurs et chasseurs sont directement concernés. Le maintien d’activités humaines dans les campagnes, le pâturage, l’entretien des parcelles et des chemins ou encore l’action des chasseurs en faveur des habitats participent tous, à leur niveau, à conserver des territoires vivants et entretenus.

Ne pas opposer agriculture, chasse et biodiversité

C’est finalement le principal enseignement de cette rencontre. Opposer systématiquement agriculture, chasse et protection de la biodiversité n’a guère de sens lorsque l’on observe concrètement le fonctionnement des territoires ruraux. Les agriculteurs produisent et entretiennent les paysages. Les chasseurs assurent notamment une part importante de la régulation du grand gibier et mènent de nombreuses actions en faveur des habitats. Tous sont confrontés aux conséquences de la déprise rurale, des incendies ou encore de la fermeture des milieux. Préserver le petit gibier, restaurer des haies, conserver des points d’eau ou maintenir un équilibre entre faune sauvage et cultures sont donc bien souvent des objectifs communs.

Porter la voix des territoires ruraux

Daniel Palop est également candidat aux élections sénatoriales qui se dérouleront le 27 septembre prochain. Le maire de Véraza entend notamment mettre en avant son expérience d’élu rural, d’agriculteur et d’éleveur pour défendre les problématiques rencontrées quotidiennement dans les villages. Sans préjuger naturellement du choix des grands électeurs, cette rencontre avec la Fédération départementale des chasseurs de l’Aude aura au moins permis de rappeler une évidence : les difficultés de la ruralité ne pourront pas être résolues en dressant ceux qui vivent et travaillent dans les campagnes les uns contre les autres. Chasseurs et agriculteurs partagent le même territoire. Et lorsqu’il s’agit de préserver son équilibre, ils ont bien davantage de raisons d’avancer ensemble que de s’opposer.

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Né en 1973, Frédéric Buszkowski vit en Dordogne. Ancien sous-officier de l'armée de Terre puis technicien supérieur à la SNCF, il est chasseur passionné depuis plus de vingt ans. Sa pratique couvre un large éventail de modes de chasse : le grand gibier en battue et à l'affût, le pigeon ramier en palombière, le petit gibier à plumes, ainsi que la régulation des corvidés. Fort de son expérience de terrain, il met aujourd'hui ses connaissances du monde cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur, avec une approche à la fois rigoureuse, pratique et ancrée dans les réalités de la chasse française.

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