Sabatti ST-18 : Dominique Czermann explore les atouts de cette carabine de TLD

Dominique Czermann, fin connaisseur de l’univers des armes et de la balistique, présente et essaie dans cette vidéo la Sabatti ST-18, une carabine italienne à verrou en calibre .308 Winchester. Châssis en aluminium, canon à rayures multiradiales et détente Match : cette arme possède de sérieux arguments pour séduire les amateurs de précision.

Sabatti, bien au-delà des armes de chasse

Le fabricant italien Sabatti est surtout connu des chasseurs français pour ses carabines et ses fusils. Pourtant, la marque possède également un véritable savoir-faire dans le domaine des armes de tir sportif et de précision. C’est précisément cette facette de sa production que Dominique nous fait découvrir à travers la présentation et l’essai d’une Sabatti ST-18 chambrée en .308 Winchester. Avec son châssis métallique, son long garde-main ajouré, sa poignée pistolet et sa crosse rabattable, cette carabine à répétition manuelle revendique clairement une vocation sportive et tactique. La ST-18 a notamment été proposée en 6 mm Creedmoor, 6,5 Creedmoor, 6,5×47 Lapua et .308 Winchester. Dominique mentionne également le .260 Remington parmi les chambrages de la gamme.

Un châssis rigide en aluminium 7075-T6

L’architecture de la ST-18 repose sur un châssis usiné dans un alliage d’aluminium 7075-T6, reconnu pour sa résistance mécanique et sa rigidité. Le boîtier de culasse est solidement immobilisé dans ce châssis, selon un montage destiné à limiter les mouvements parasites susceptibles de perturber la régularité des tirs. Le garde-main flottant comporte des interfaces de fixation pour différents accessoires, tandis qu’un rail inférieur permet notamment l’installation d’un bipied. La crosse rabattable facilite le transport de l’arme. Elle dispose d’un busc réglable en hauteur pour adapter la position de la joue à celle de la lunette. L’ajustement de la longueur de crosse s’effectue quant à lui par l’intermédiaire d’entretoises et de plaques de couche adaptées. La poignée pistolet reprend le standard AR-15, ce qui permet au tireur de retrouver une prise en main familière et d’envisager différentes possibilités de personnalisation.

Une culasse à trois tenons et une détente Match

La Sabatti ST-18 fonctionne avec une culasse à verrou comportant trois tenons de verrouillage en tête. Cette configuration autorise une ouverture sur seulement 60 degrés, contre 90 degrés pour de nombreuses actions classiques à deux tenons. L’intérêt réside notamment dans le débattement réduit du levier, qui facilite le réarmement et limite les risques d’interférence avec une lunette volumineuse. La carabine reçoit également une détente Match à trois leviers, conçue pour offrir un départ léger et une course réduite. Dominique insiste particulièrement sur cette caractéristique : le poids de départ de l’arme présentée est inférieur à 900 grammes. Sabatti annonçait même une valeur nominale de 600 grammes pour ce mécanisme. Un départ aussi léger constitue un atout appréciable pour le tir de précision, où la maîtrise de la pression exercée sur la queue de détente participe directement à la régularité du lâcher. L’alimentation est assurée par un chargeur amovible de sept cartouches, de type AICS.

Le canon MRR, une spécialité de Sabatti

C’est probablement l’une des caractéristiques techniques les plus intéressantes de cette carabine. La ST-18 possède un canon lourd martelé à froid, disponible en longueurs de 51 ou 61 centimètres, pour un diamètre de 22 millimètres à la bouche. Mais sa particularité réside surtout dans son système de rayures breveté MRR, pour Multi Radial Rifling. Contrairement aux rayures conventionnelles, qui présentent des arêtes relativement marquées entre les champs et les fonds, ce profil utilise des surfaces courbes et des transitions plus progressives. L’objectif est de guider le projectile tout en limitant les déformations de son enveloppe lors de son passage dans le canon. Selon Sabatti, cette géométrie permettrait d’améliorer la régularité balistique, de favoriser la vitesse initiale, de réduire l’encrassement et de faciliter le nettoyage. Dominique souligne lui aussi l’intérêt de cette technologie, dont les résultats lui paraissent convaincants au regard des essais réalisés avec ce type de canon. Pour cet essai, une contrainte logistique a toutefois imposé une procédure inhabituelle. Le stand de tir à 100 mètres étant indisponible, Dominique a effectué le réglage du zéro de la lunette directement à 285 mètres. Les tirs ont ensuite été réalisés sur des gongs métalliques à cette même distance, puis à 700 mètres, permettant ainsi de mettre la Sabatti ST-18 à l’épreuve sur des distances représentatives du tir longue distance. Si la vidéo ne présente pas de groupements mesurés sur cible papier, ces tirs à 285 et 700 mètres illustrent néanmoins les conditions réelles dans lesquelles notre ami a pu évaluer le comportement de cette carabine.

Un modérateur de son à la place du frein de bouche

La ST-18 est normalement livrée avec un frein de bouche tactique à trois chambres, monté sur un filetage de 5/8″-24. Pour cet essai, Dominique l’a remplacé par un modérateur de son ASE UTRA, dont il souligne l’efficacité. Cette configuration permet de réduire la détonation perçue et de rendre les séances de tir plus confortables, tout en modifiant le comportement de l’arme au départ du coup. Avec son canon de 51 centimètres, le modèle essayé affiche un poids voisin de 5 kilogrammes à vide. La version équipée d’un canon de 61 centimètres est légèrement plus lourde. Ce poids, auquel viennent s’ajouter la lunette, son montage, le bipied et le modérateur, confirme la vocation de l’ensemble : une carabine conçue pour le tir posé plutôt que pour être transportée en permanence à l’épaule.

Une Sightmark Latitude 6,25-25×56 pour viser loin

La ST-18 présentée par Dominique est équipée d’une lunette Sightmark Latitude, une optique conçue pour le tir de précision à longue distance. Avec son grossissement variable de 6,25 à 25 fois et son objectif de 56 millimètres, elle offre une plage d’utilisation adaptée à l’observation détaillée de cibles éloignées. Son corps monobloc de 34 millimètres permet de disposer d’une importante amplitude de réglage. Dans sa déclinaison PRS, la Latitude propose 31 milliradians en élévation et 20 milliradians en dérive, avec des clics de 0,1 mrad. Elle dispose également d’un dispositif de retour au zéro, de tourelles largement dimensionnées et d’un réglage de parallaxe depuis environ 18 mètres jusqu’à l’infini. Le réticule gravé, situé au premier plan focal sur la version PRS, peut être illuminé en rouge ou en vert. Cette disposition conserve la correspondance angulaire des graduations quel que soit le grossissement choisi. Pour Dominique, qui découvre cette lunette à l’occasion de la présentation, les premières impressions sont positives. Il apprécie la netteté des clics ainsi que la qualité de la mise au point, qu’il juge même bonne compte tenu du positionnement tarifaire de l’optique. La Latitude bénéficie par ailleurs d’une construction étanche IP67, de lentilles traitées multicouches et d’un remplissage à l’azote pour limiter la formation de buée interne. Son poids approche 940 grammes.

Une carabine de précision au positionnement intéressant

Avec la ST-18, Sabatti propose une arme dont la conception reprend plusieurs caractéristiques recherchées dans l’univers du tir longue distance : action à trois tenons, détente Match légère, canon lourd à rayures multiradiales, châssis rigide et ergonomie largement adaptable. Le tarif public de la ST-18 est aux alentours de 2200 euros TTC . La Sightmark Latitude PRS est quant à elle affichée à partir d’environ 750 euros selon les distributeurs, hors montage. L’ensemble constitue ainsi une proposition intéressante pour les tireurs souhaitant accéder à une véritable carabine de précision, sans nécessairement investir dans les modèles les plus onéreux du marché. La présentation de Dominique permet d’en apprécier les choix techniques et le fonctionnement au pas de tir. Si l’absence de résultats chiffrés en cible ne permet pas de tirer une conclusion définitive sur sa précision, la ST-18 possède indéniablement les caractéristiques d’une arme sérieuse pour le TLD.

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Né en 1973, Frédéric Buszkowski vit en Dordogne. Ancien sous-officier de l'armée de Terre puis technicien supérieur à la SNCF, il est chasseur passionné depuis bientôt vingt-cinq ans. Sa pratique couvre un large éventail de modes de chasse : le grand gibier en battue et à l'affût, le pigeon ramier en palombière, le petit gibier à plumes, ainsi que la régulation des corvidés. Fort de son expérience de terrain, il met aujourd'hui ses connaissances du monde cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur, avec une approche à la fois rigoureuse, pratique et ancrée dans les réalités de la chasse française.

Depuis son lancement en 2008, la Browning X-Bolt s’est imposée comme l’une des références du marché des carabines à verrou.

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