Avec sa magnifique robe acajou, sa silhouette racée et son galop spectaculaire, le setter irlandais rouge ne passe jamais inaperçu. Mais derrière cette élégance naturelle se cache surtout un formidable chien d’arrêt, façonné pendant des générations pour rechercher le gibier à plume. Quête ample, nez remarquable, endurance et passion de la chasse : le grand roux venu d’Irlande possède des qualités qui méritent bien davantage d’attention que sa seule beauté.
Un chasseur né dans les campagnes irlandaises
L’histoire du setter irlandais rouge est intimement liée à celle de la chasse. Contrairement à certaines races progressivement reconverties vers d’autres utilisations, ce chien a été développé avec un objectif bien précis : rechercher et arrêter le gibier à plume dans les vastes espaces irlandais. Ses origines remontent au moins au XVIIIe siècle. Selon la Fédération cynologique internationale (FCI), il serait issu du croisement entre le setter irlandais rouge et blanc et un chien à robe uniformément rouge dont l’identité exacte demeure inconnue. La race prend véritablement son essor au XIXe siècle. En 1882, des passionnés fondent l’Irish Red Setter Club afin d’en préserver les caractéristiques. Le premier standard officiel paraît en 1886. Et dès cette époque, il ne s’agit pas simplement de produire de beaux chiens. La sélection repose également sur leurs aptitudes à la chasse, notamment leur capacité à parcourir de grandes étendues pour localiser les oiseaux. Aujourd’hui encore, le setter irlandais rouge appartient au groupe 7 de la classification FCI, celui des chiens d’arrêt, et demeure soumis à une épreuve de travail.
Une quête spectaculaire au service du chasseur
C’est sur le terrain que le setter irlandais révèle toute sa personnalité. À l’origine, il était particulièrement destiné à la chasse des perdrix et des grouses. Cette sélection a façonné un chien capable de couvrir rapidement de vastes superficies, tout en utilisant intelligemment les courants d’air pour détecter la présence du gibier. Son galop est rapide, souple et particulièrement élégant. La tête portée haute, il travaille essentiellement les émanations transportées par le vent, en dessinant de grands lacets devant son conducteur. Mais cette quête ample ne doit pas être confondue avec une course désordonnée. Un bon setter irlandais exploite le terrain, adapte ses déplacements aux conditions et conserve le contact avec son maître. Lorsqu’une émanation attire son attention, son comportement change immédiatement. Il ralentit, resserre sa quête, cherche à localiser précisément l’oiseau puis se fige à l’arrêt. Et quel arrêt ! Le corps tendu, la tête haute, les muscles contractés, le setter irlandais offre alors l’un des spectacles les plus saisissants que puisse admirer un amateur de chiens d’arrêt. Cette intensité constitue une véritable signature de la race. Elle rappelle que, derrière les allures aristocratiques du grand roux, demeure un chasseur passionné.
Perdrix, faisans et bécasses : un chien polyvalent
Si ses origines le prédestinaient aux oiseaux des grandes étendues, le setter irlandais rouge possède des qualités lui permettant de s’adapter à différents territoires. En plaine, il peut exprimer toute l’amplitude de sa quête à la recherche des perdrix et des faisans. Sa vitesse et son endurance lui permettent de prospecter efficacement de grandes surfaces. Au bois, il peut également devenir un excellent compagnon pour la chasse de la bécasse, à condition que sa quête soit adaptée à la configuration du terrain. Son nez et sa capacité à travailler les émanations constituent alors de précieux atouts pour déceler un oiseau remisé sous une végétation dense. Les marais et les terrains humides ne lui sont pas davantage étrangers. Sa construction athlétique et son endurance lui permettent d’évoluer dans des milieux exigeants, même si les aptitudes et les préférences varient naturellement selon les individus. Pour le chasseur, l’essentiel reste donc de disposer d’un chien dont la quête correspond à son territoire et à sa manière de pratiquer. Un irlandais sélectionné pour travailler sur de vastes espaces devra notamment apprendre à évoluer dans un rayon plus restreint lorsqu’il accompagne son maître dans des boisements serrés.

Chasseur avec son Setter irlandais rouge
Un athlète qui exige un véritable dressage
Le setter irlandais rouge n’est pas un chien que l’on transforme en auxiliaire de chasse simplement en lui ouvrant la portière de la voiture. Son tempérament ardent, son goût de l’exploration et son énergie imposent une éducation sérieuse dès son plus jeune âge. Le rappel et la conservation du contact avec le conducteur constituent des priorités absolues. Un chien possédant une quête aussi étendue doit apprendre à travailler avec son maître plutôt que pour son seul plaisir. La fermeté à l’arrêt, le coulé et la sagesse à l’envol demandent également un apprentissage progressif. Intelligent et particulièrement sensible, l’irlandais répond généralement mieux à une conduite patiente et cohérente qu’à un dressage brutal. Il faut lui permettre d’exprimer ses aptitudes naturelles tout en lui enseignant les règles indispensables à une chasse efficace et sûre. La sélection des reproducteurs joue évidemment un rôle déterminant. Comme pour les autres races de chiens d’arrêt, il existe des lignées davantage orientées vers le travail et d’autres privilégiant les qualités recherchées en exposition. Pour un chasseur, choisir un chiot issu de parents ayant démontré leurs aptitudes sur le terrain reste donc un excellent moyen de mettre toutes les chances de son côté.
Une morphologie entièrement tournée vers l’effort
Le setter irlandais rouge mesure de 58 à 67 cm au garrot pour les mâles et de 55 à 62 cm pour les femelles, selon le standard officiel. Son corps harmonieux, sa poitrine profonde et sa musculature sèche correspondent parfaitement aux exigences d’un chien appelé à galoper pendant de longues périodes. Sa robe, d’une couleur châtaigne soutenue, est constituée d’un poil fin, avec de longues franges sur les oreilles, les membres, le ventre et la queue. Cette magnifique fourrure réclame naturellement un minimum d’entretien après les sorties, particulièrement lorsque le chien a traversé des ronciers, des fougères ou une végétation dense. Au retour de la chasse, l’inspection des oreilles, des coussinets et des espaces interdigités permet notamment de rechercher d’éventuels épillets, blessures ou parasites. Mais au-delà de son apparence, c’est bien sa résistance à l’effort qui impressionne. Un setter irlandais issu de lignées de travail, convenablement entraîné et préparé physiquement, est capable de fournir un travail soutenu au cours d’une journée de chasse.

Setter irlandais rouge en pleine course
Un patrimoine cynégétique défendu par le Red Club français
Si le setter irlandais rouge est également apprécié pour son caractère affectueux et sa fidélité, il serait regrettable d’oublier sa vocation première : la chasse. Une exigence que défend précisément le Red Club français, club officiel de la race, fondé en 1906 et affilié à la Société centrale canine. Cette association de passionnés veille à préserver les qualités naturelles du setter irlandais à travers une politique d’élevage associant aptitudes au travail, conformité morphologique et critères sanitaires. Sa devise pourrait se résumer à une formule particulièrement chère aux amateurs de chiens de chasse : le bon et le beau. Le standard de travail présenté par le Red Club rappelle notamment l’importance d’une quête ample et rapide, d’une exploitation intelligente du terrain et des émanations, ainsi que d’un arrêt particulièrement intense. Autant de qualités qui ne doivent rien au hasard et constituent le résultat de plusieurs générations de sélection cynégétique. Le club organise et soutient également des épreuves de travail, des field-trials et des tests d’aptitudes naturelles, indispensables pour identifier les meilleurs reproducteurs et préserver les remarquables dispositions de la race pour la chasse au gibier à plume. Car la véritable noblesse du setter irlandais rouge ne se mesure pas seulement à l’éclat de sa magnifique robe acajou. Elle s’exprime avant tout sur le terrain, lorsqu’il remonte une émanation avant de se figer à l’arrêt devant une compagnie de perdrix ou une bécasse. Et c’est bien grâce à l’engagement des chasseurs, des éleveurs et d’associations comme le Red Club français que ce patrimoine cynégétique exceptionnel continue de traverser les générations.












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