Dans son message de vœux pour 2026, Willy Schraen a largement insisté sur les dossiers liés à la biodiversité. Oiseaux migrateurs, tourterelle des bois, loup, petit gibier : autant de sujets sensibles, à la croisée des attentes des chasseurs, des impératifs scientifiques et des décisions politiques. Pour la Fédération nationale des chasseurs (FNC), l’année 2025 marque plusieurs avancées majeures, mais aussi l’ouverture de nouveaux chantiers pour 2026.
Oiseaux migrateurs : une décision du Conseil d’État qualifiée d’historique
Parmi les dossiers emblématiques évoqués par Willy Schraen figure celui des oiseaux migrateurs, longtemps au cœur des contentieux opposant chasseurs, associations environnementales et pouvoirs publics. En octobre 2025, le Conseil d’État a validé les nouvelles modalités de gestion de neuf espèces migratrices, rejetant l’ensemble des recours déposés par les associations anti-chasse.
Pour la FNC, cette décision constitue un tournant. Elle vient reconnaître la légitimité d’un modèle fondé sur la gestion adaptative, reposant sur la collecte de données de prélèvements et sur une approche scientifique de l’état des populations. Une validation juridique qui conforte la stratégie engagée depuis plusieurs années par les instances cynégétiques françaises.
La gestion adaptative, un changement de culture pour les chasseurs
Willy Schraen l’a rappelé dans son intervention : cette victoire n’aurait pas été possible sans l’implication directe des chasseurs de gibier d’eau. En acceptant de renseigner précisément leurs prélèvements, ils ont contribué à produire des données fiables, utilisables dans le cadre des négociations nationales et européennes.
Ce dispositif n’a pas été sans susciter des réticences sur le terrain. Certains chasseurs ont perçu ces contraintes comme une remise en cause de leurs pratiques. La FNC défend au contraire l’idée que ces efforts conditionnent l’avenir de la chasse aux migrateurs, en permettant d’anticiper les évolutions réglementaires plutôt que de les subir.
Tourterelle des bois : la fin d’un moratoire symbolique
Autre point fortement mis en avant : la réouverture de la chasse à la tourterelle des bois. Un événement qualifié d’historique par Willy Schraen. Pour la première fois, un moratoire européen a été levé grâce à des données scientifiques et à un dispositif de gestion adaptative.
Au-delà de l’espèce elle-même, ce retour à la chasse revêt une portée symbolique. Il démontre, selon la FNC, qu’il est possible de concilier chasse et conservation lorsque les décisions reposent sur des indicateurs biologiques solides et sur une implication réelle des pratiquants. Un message que la fédération entend faire valoir à l’échelle européenne.
Le loup : entre protection, régulation et équilibre des territoires
Le dossier du loup occupe également une place importante dans le discours du président de la FNC. Si l’animal bénéficie d’une forte charge symbolique dans l’opinion publique, Willy Schraen insiste sur la nécessité de dépasser une vision exclusivement émotionnelle.
Le changement de statut du loup au niveau européen ouvre, selon lui, la possibilité d’une gestion plus pragmatique de l’espèce. L’objectif affiché n’est pas la remise en cause de sa protection, mais la recherche d’un équilibre entre biodiversité, activités humaines et sécurité des territoires, notamment pour les éleveurs et les zones rurales fortement impactées.
Pour la FNC, cette évolution doit permettre d’adapter les politiques de gestion aux réalités locales, sans opposer systématiquement protection de la faune et maintien des activités agricoles et cynégétiques.
Petit gibier : un constat partagé et un chantier pour 2026
Enfin, Willy Schraen a évoqué un sujet qui touche directement de nombreux chasseurs : la raréfaction du petit gibier sur une grande partie du territoire. Un constat largement partagé, quelles que soient les pratiques ou les régions.
Face à cette situation, la FNC annonce la volonté de relancer un grand programme de reconquête du petit gibier à partir de 2026. Si les contours précis de ce plan restent à définir, l’objectif affiché est clair : redonner une place centrale à des espèces qui structurent historiquement la chasse française, tout en intégrant les enjeux agricoles, environnementaux et paysagers.
Une biodiversité au cœur de la stratégie cynégétique
À travers ces différents dossiers, Willy Schraen défend une vision cohérente : celle d’une chasse qui s’appuie sur la science, la connaissance des milieux et la responsabilité des acteurs de terrain. Pour la FNC, la biodiversité n’est pas un argument périphérique, mais un élément central de la légitimité de la chasse dans le débat public.
L’année 2026 devra ainsi confirmer cette orientation, en consolidant les acquis de 2025 et en ouvrant de nouveaux chantiers, notamment sur le petit gibier et la transmission des pratiques. Des sujets qui feront l’objet de débats attentifs, tant au sein du monde cynégétique qu’au-delà.











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