Né aux États-Unis pour les tirs à longue distance sur grands mammifères, le .338 Winchester Magnum séduit par sa puissance, sa précision et sa polyvalence. S’il n’a pas été imaginé pour nos battues françaises, ses performances hors-norme en font aujourd’hui un atout redoutable pour tous les modes de chasse au grand gibier, y compris les tirs au saut du layon.
Un calibre né dans le sillage du .458 WM
Fin 1958, Winchester développe pour sa célèbre carabine à verrou modèle 70 « Alaskan » une nouvelle munition : le .338 Winchester Magnum. L’idée ? Créer une cartouche à la puissance de feu digne du .375 Holland & Holland Magnum, tout en restant dans un format plus compact et avec un recul maîtrisé. Pour y parvenir, la firme part de l’imposant étui ceinturé du .458 Winchester Magnum, ramené à la longueur d’un .30-06 Springfield, et y adapte une balle de 8,61 mm de diamètre (0,338 pouces). Résultat : une munition « magnum court » avant l’heure, efficace et polyvalente, qui séduit vite les chasseurs nord-américains de grands mammifères… bien plus que les européens.
5200 joules au rendez-vous !
D’une longueur totale de 84,84 mm, le .338 WM se loge aisément dans des boîtiers standards (type .30-06 ou 8×57 IS), rendant son adoption possible sans recourir à des mécanismes à actions longues. Côté balistique, la cartouche propulse des projectiles de 180 à 300 grains à des vitesses comprises entre 760 et plus de 900 m/s, délivrant en moyenne plus de 5200 joules à la bouche du canon. De quoi assurer des tirs tendus, une trajectoire rasante et une énergie à l’impact capable de mettre à terre tous les grands gibiers européens. Quelques années après, Winchester reprendra la même logique pour concevoir le .300 Winchester Magnum, à partir d’une douille de .375 HH Magnum, avec le succès planétaire que l’on connaît.
Un allié idéal pour la battue… mais toujours dans l’ombre
Malgré ses qualités, le .338 Winchester Magnum reste un calibre de niche en France. Présent dans l’Hexagone depuis les années 1970 avec les Winchester 70 « Alaskan », puis sur les semi-autos BAR de Browning, il n’a jamais rencontré la même faveur que le .300 WM. Pourtant, il coche toutes les cases : tir tendu proche du .300 WM, balles lourdes équivalentes aux calibres 9,3 mm ou .35 Whelen, puissance d’arrêt redoutable, et recul maîtrisé. Dans l’univers des tirs de battue, il s’impose comme l’un des meilleurs compromis… Seul l’excellent 8x68S peut lui être opposé en performance pure.
Le marché français boude encore ce magnum
Les armes chambrées en .338 WM restent rares chez nous, le marché lui préférant nettement le .300 Winchester Magnum. Winchester propose pourtant ses modèles à verrou XPR et semi-auto SXR2 dans ce calibre. D’autres fabricants comme Savage, Tikka ou Sauer commercialisent également des carabines adaptées, mais la demande demeure confidentielle. Difficile à comprendre tant cette cartouche conjugue vitesse, précision, puissance et confort (relatif) de tir, une combinaison qui a su séduire un noyau dur de chasseurs français exigeants, notamment ceux susceptibles de croiser les plus gros keilers ou les grands cervidés en battue.
Une offre variée en munitions, à prix raisonnable
Bonne nouvelle pour les amateurs : le choix en munitions est large et les prix ne s’envolent pas au-delà du .300 WM. Winchester, Hornady, Sako, Norma, Federal, Sologne ou Sauvestre distribuent leurs versions du .338 WM, avec des chargements allant de 200 grains (13 g) à 275 grains (17,8 g). Les tarifs oscillent autour de 100 euros la boîte de 20, dans la moyenne des calibres magnum, ce qui n’explique pas non plus la timidité du marché français pour cette référence.












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