Face aux dégâts monstres d’une population de sangliers devenue presque incontrôlable, la préfecture des Yvelines a pris récemment un arrêté autorisant des tirs de destruction nocturnes par le corps des louvetiers du département. La presse généraliste, toujours aussi racoleuse quand il s’agit de chasse, parle de « battues de nuit » !
La vérité sur les dégâts et la réponse de la préfecture
Dans certains secteurs des Yvelines, les dégâts du sanglier n’ont jamais été aussi importants. Les sociétés de chasse font le maximum, mais entre les parcelles inaccessibles, la pression démographique, et la lassitude des agriculteurs qui voient leurs cultures retournées, la situation était intenable. D’où la décision de la préfecture : autoriser des tirs de destruction de nuit, encadrés, ciblés, pour stopper l’hémorragie sur des secteurs agricoles littéralement sinistrés,
Natura 2000 ou la fabrique de “dortoirs” à sangliers
Ce que personne n’ose écrire : les zones classées Natura 2000, comme l’ancienne carrière Lafarge, située dans le secteur le plus touché, soi-disant sanctuaires pour la biodiversité, sont devenues des zones-refuge pour les sangliers. Interdiction de chasse = dortoir garanti. Les bêtes s’y réfugient tranquillement la journée, puis dévastent les parcelles alentours dès la tombée de la nuit. Résultat, c’est le monde agricole qui trinque, pendant que l’administration se félicite de protéger la nature…
Tirs de destruction : on remet l’église au centre du village
Quant aux “battues de nuit” annoncées par certains médias comme nos confrères de 78 Actu : de qui se moque-t-on ? Aucun chasseur n’imaginerait lancer une traque en pleine nuit, avec des chiens et des tireurs postés : tout le monde connaît le risque, c’est juste impensable, question de sécurité et de simple bon sens. Ce que l’arrêté prévoit, c’est du tir d’affût de nuit, mené par des lieutenants de louveterie assermentés, équipés de carabines à lunette thermique. Identification stricte du gibier, tir fichant limité à 100 mètres, sécurité maximale, opération signalée à l’OFB et aux forces de l’ordre, et compte-rendu dans la foulée. Du travail sérieux, pour régler un problème que la gestion classique ne suffit plus à endiguer
À bon entendeur…
Plutôt que de fantasmer sur la prétendue brutalité des chasseurs, certains feraient mieux de venir constater sur le terrain la réalité de la régulation. Les battues de nuit n’existent pas, ni ici, ni ailleurs, et la “réserve” des carrières Natura 2000 n’est qu’un maillon de plus dans la chaîne des contradictions françaises sur la gestion de la grande faune.












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