Dans le monde de la chasse, le nom d’Hugo Clément ne laisse personne indifférent. Ses positions sur la cause animale, la chasse ou encore la pêche sont à l’opposé de celles défendues par une grande partie des chasseurs. Les désaccords sont profonds, assumés et souvent frontaux. Pourtant, l’actualité de ces derniers jours nous oblige à reconnaître une chose : le journaliste écologiste a rappelé, à sa manière, ce que devrait être le cœur du débat démocratique et du métier de journaliste.
Un message qui tranche avec l’époque
À la suite de la mort tragique de Quentin Deranque, Hugo Clément a publié un message directement adressé au député LFI Raphaël Arnault. Une réponse cinglante à celui qui l’avait attaqué en 2023 pour avoir accepté de débattre lors d’une soirée organisée par Valeurs actuelles. « Échanger, discuter, débattre, c’est sûrement imparfait, mais c’est toujours mieux que la violence et le lynchage d’un homme à terre. Quand le débat n’est plus possible, la haine déferle. Le sectarisme conduit, à la fin, au drame. » Au-delà de l’affrontement politique, ces mots rappellent une évidence : refuser le dialogue et la confrontation d’idées, c’est ouvrir la porte à toutes les radicalités.
Le souvenir du débat de 2023
Pour le monde de la chasse, cet épisode renvoie immédiatement au fameux débat d’avril 2023 au Palais des Sports de Paris. Ce soir-là, Hugo Clément avait accepté de venir débattre dans un environnement qui lui était largement hostile. La salle était acquise à ses opposants. Le média organisateur avait consacré de nombreux contenus favorables à la chasse et au monde rural. Et pourtant, il était venu. Ce choix lui avait valu une pluie de critiques à gauche. Raphaël Arnault l’avait accusé d’aller « discuter avec le gratin néofasciste », illustrant une ligne politique selon laquelle débattre avec certains camps serait, par nature, illégitime. Sur scène, Hugo Clément avait dû défendre ses positions sur la chasse, le bien-être animal, la ruralité et l’écologie. Autant de sujets qui concernent directement notre secteur. Que l’on ait apprécié ou non ses arguments, un fait demeure incontestable : il avait accepté la confrontation.
Un adversaire idéologique… mais un interlocuteur
Soyons clairs : sur le fond, les chasseurs sont en profond désaccord avec Hugo Clément. Ses prises de position sur la chasse à courre, les chasses traditionnelles, l’élevage de gibier ou encore la relation homme-animal s’inscrivent dans une lecture idéologique que nous combattons régulièrement dans nos colonnes. Mais il existe une différence majeure entre un militant qui refuse toute discussion et un journaliste qui accepte de venir défendre ses idées devant un public hostile. Et cette différence est essentielle. Dans le premier cas, il n’y a plus de débat. Dans le second, il reste une possibilité de faire entendre la voix du monde rural et des chasseurs.
Le parallèle avec Pierre Rigaux
La comparaison revient souvent dans notre milieu : Pierre Rigaux et Hugo Clément incarnent deux formes d’opposition à la chasse. L’un s’inscrit dans une logique de confrontation permanente, sans espace pour l’échange. L’autre, malgré un positionnement militant, peut accepter le débat public et la contradiction. Cela ne change rien aux désaccords de fond. Mais cela change tout dans la manière de concevoir la démocratie et le journalisme.
Le journalisme, c’est aller là où l’on n’est pas attendu
Venir débattre chez Valeurs actuelles en sachant que la salle est hostile. S’exposer à la critique de son propre camp. Assumer ensuite de maintenir ce choix. C’est précisément cela, le principe du journalisme. Un journaliste n’est pas là pour parler uniquement à ceux qui pensent comme lui. Il est là pour confronter, expliquer, convaincre ou se faire contredire. Refuser le débat au nom de la pureté idéologique n’est pas une position morale supérieure. C’est un renoncement.
Une leçon qui dépasse les clivages
Le message adressé à Raphaël Arnault dépasse largement le cadre d’un règlement de comptes politique. Il pose une question centrale : que devient une société où l’on refuse de se parler ? Le monde de la chasse connaît bien cette réalité. Depuis des années, certains mouvements refusent tout échange avec les chasseurs, considérant qu’il n’y a rien à discuter. Et pourtant, chaque fois qu’un débat a lieu, chaque fois qu’un contradicteur accepte de venir sur le terrain des idées, la caricature recule.
Nous sommes en désaccord… et c’est normal
Non, Hugo Clément n’est pas un allié du monde de la chasse. Non, nous ne partageons pas sa vision. Mais oui, il accepte le débat. Oui, il vient défendre ses positions. Oui, il considère que la confrontation d’idées est préférable à l’anathème. Et dans le climat actuel, cela mérite d’être souligné. Car au fond, la question dépasse sa personne. Le monde de la chasse demande depuis des années à être entendu plutôt que caricaturé. À pouvoir expliquer ses pratiques, sa gestion des territoires, son rôle dans la ruralité et la biodiversité. Cela n’est possible que s’il existe encore des lieux où l’on accepte de se parler. Reconnaître qu’un adversaire accepte la confrontation des idées n’est pas une faiblesse. C’est au contraire une condition indispensable pour que le débat démocratique continue d’exister. Et si le journalisme a encore un sens aujourd’hui, il se trouve peut-être précisément là : dans la capacité à aller discuter avec ceux qui ne pensent pas comme nous.












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