Le Sénat veut retirer le loup des espèces protégées

loup gris

Face à la multiplication des attaques sur les troupeaux et aux difficultés rencontrées par les éleveurs, les sénateurs français demandent un changement radical dans la gestion du loup. Dans un rapport adopté le 3 juin, ils proposent notamment de retirer le prédateur de la liste des espèces protégées au niveau européen. Une position qui provoque déjà la colère des associations écologistes.

Le Sénat hausse le ton face à la prédation

Depuis plusieurs années, les élus des territoires ruraux alertent sur les conséquences du retour du loup dans de nombreuses régions françaises. Malgré les dispositifs de protection, les tirs de défense et les indemnisations, les attaques continuent de peser lourdement sur de nombreux élevages. Dans un rapport consacré à l’avenir du pastoralisme, adopté le 3 juin dernier par la commission des affaires économiques du Sénat, les parlementaires estiment que la situation n’est plus soutenable pour de nombreux éleveurs. Ils considèrent que la pression exercée par la prédation menace directement certaines exploitations et fragilise un mode d’élevage pourtant essentiel à l’entretien des territoires ruraux et des espaces de montagne. Les sénateurs soutiennent ainsi plusieurs mesures déjà votées récemment par l’Assemblée nationale, comme l’utilisation de lunettes à visée thermique dans le cadre des tirs de défense ou encore la possibilité d’intervenir dans certaines réserves naturelles et parcs nationaux lorsque la chasse y est déjà autorisée.

Des élus qui demandent une réforme profonde

Mais le rapport va plus loin. Les sénateurs demandent notamment une prise en charge intégrale des mesures de protection par l’État afin que les éleveurs n’aient plus à supporter le reste à charge actuellement fixé à 20 %. Ils souhaitent également revoir les méthodes d’expertise utilisées lors des constats d’attaques. Plusieurs élus dénoncent depuis longtemps la catégorie « origine indéterminée », estimant qu’elle ne reflète pas toujours la réalité observée sur le terrain. Surtout, le rapport appelle à une réforme complète de la gestion du loup en France et en Europe. Les sénateurs considèrent que l’abaissement du niveau de protection obtenu en 2025 constitue une première étape, mais qu’elle ne suffira pas à répondre aux inquiétudes du monde de l’élevage.

Le retrait du loup des espèces protégées désormais sur la table

La proposition la plus marquante consiste à demander à la France d’engager des discussions auprès des institutions européennes afin que le loup soit retiré de la liste des espèces protégées. Selon les auteurs du rapport, la progression continue de l’espèce depuis son retour en France au début des années 1990 impose désormais d’adapter les règles de gestion. Pour eux, le statut actuel ne permet plus de répondre efficacement aux réalités du terrain ni aux attentes des éleveurs confrontés aux attaques. Cette position rejoint d’ailleurs les débats engagés dans plusieurs pays européens où la croissance des populations lupines alimente également de fortes tensions avec le pastoralisme.

Les associations écologistes dénoncent une offensive contre le loup

Sans surprise, les associations, telles que l’ASPAS ou France Nature Environnement, ont immédiatement réagi. Elles estiment que les dispositifs de protection des troupeaux produisent déjà des résultats dans certains territoires et dénoncent ce qu’elles considèrent comme une remise en cause de plusieurs décennies de conservation de l’espèce. Les organisations écologistes craignent qu’un nouvel assouplissement du statut du loup ouvre la voie à une augmentation des prélèvements et compromette la dynamique de recolonisation observée depuis une trentaine d’années. Pour autant, la question de la cohabitation reste plus que jamais au cœur du débat. Alors que les attaques continuent de progresser dans de nouveaux départements et que le loup étend chaque année son aire d’évolution, la pression politique en faveur d’un assouplissement des règles de gestion semble désormais gagner du terrain jusqu’au Sénat.

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Né en 1973, Frédéric Buszkowski vit en Dordogne. Ancien sous-officier de l'armée de Terre puis technicien supérieur à la SNCF, il est chasseur passionné depuis plus de vingt ans. Sa pratique couvre un large éventail de modes de chasse : le grand gibier en battue et à l'affût, le pigeon ramier en palombière, le petit gibier à plumes, ainsi que la régulation des corvidés. Fort de son expérience de terrain, il met aujourd'hui ses connaissances du monde cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur, avec une approche à la fois rigoureuse, pratique et ancrée dans les réalités de la chasse française.

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