La polémique provoquée par les déclarations de Sandrine Rousseau contre la chasse est loin de s’essouffler. Lancée le 27 août, la pétition demandant à la députée écologiste de démissionner de son mandat continue de recueillir des milliers de soutiens. Ce mercredi matin, elle affichait plus de 28 300 signatures. Une mobilisation citoyenne qui vient s’ajouter aux différentes initiatives judiciaires et politiques prises depuis les propos tenus le 23 août dernier.
La pétition continue de prendre de l’ampleur
Nous vous en parlions lundi : la pétition lancée sur Change.org par Anthony Cuoq pour demander la démission de Sandrine Rousseau connaissait déjà un démarrage particulièrement rapide. Elle avait franchi en quelques jours la barre des 11 500 signatures. Depuis, le compteur a continué de grimper. Ce mercredi 2 septembre à 7 h 00, soit quelques minutes avant la publication de cet article, 28373 personnes avaient désormais apporté leur soutien au texte. La pétition a été lancée le 27 août, quatre jours après les déclarations de la députée de Paris à l’UniREVcité organisée à Saint-Antoine-du-Rocher, en Indre-et-Loire. Une progression qui témoigne, au minimum, de l’écho considérable rencontré par la polémique dans le monde cynégétique et rural.
Une réponse par les urnes, les mots et les signatures
Le texte de la pétition prend d’ailleurs soin de préciser qu’il ne s’agit aucunement d’appeler à répondre à une confrontation par une autre confrontation. Ses auteurs affirment au contraire vouloir apporter une réponse politique et citoyenne aux déclarations de Sandrine Rousseau et condamnent « toute menace, violence ou intimidation ». Le principe est simple : demander à la députée de tirer politiquement les conséquences de ses déclarations en abandonnant son mandat. La pétition reconnaît également explicitement ses propres limites juridiques. Une pétition publiée sur Change.org ne peut évidemment pas provoquer la révocation d’un député. Aucun mécanisme de ce type n’existe actuellement en droit français. Seule Sandrine Rousseau pourrait donc décider elle-même de démissionner de son mandat. Le nombre de signatures constitue en revanche un indicateur politique de la mobilisation provoquée par ses déclarations.
Des propos qui continuent de provoquer des réactions
Tout est parti de l’intervention de Sandrine Rousseau, le dimanche 23 août, lors de l’université d’été de Révolution écologique pour le vivant, le mouvement fondé par Aymeric Caron. Évoquant l’ouverture de la chasse, la députée écologiste avait notamment déclaré : « Il va nous falloir nous affronter à cette ouverture de la chasse. ». Elle avait ensuite appelé ses sympathisants à se rendre « dans les forêts, dans les campagnes, dans les lisières, sur les chemins » afin d’« empêcher » ce qu’elle qualifiait de « permis de tuer ». Puis était arrivée la phrase qui a particulièrement fait réagir les chasseurs : ses militants devaient, selon elle, être présents « debout, face à eux, physiquement ». Des déclarations dont l’interprétation est désormais au cœur de plusieurs démarches judiciaires. La liberté de contester la chasse ou de manifester contre elle ne fait évidemment pas débat. La question posée est celle de la portée d’un appel à aller physiquement sur le terrain pour tenter d’empêcher la pratique d’une activité parfaitement légale et réglementée.
La FNC a annoncé une plainte
La Fédération nationale des chasseurs avait rapidement réagi en annonçant son intention de déposer plainte contre Sandrine Rousseau. Elle a également annoncé vouloir saisir le Premier ministre, le ministre de l’Intérieur, le garde des Sceaux et la présidente de l’Assemblée nationale, estimant que de tels appels risquaient d’entraîner des confrontations sur le terrain au moment des ouvertures de la chasse. D’autres initiatives ont suivi. Le député RN de la Somme Matthias Renault a notamment adressé un signalement à la procureure de la République de Tours sur le fondement de l’article 40 du Code de procédure pénale. Et, comme nous vous l’expliquions hier, une autre démarche initiée par Daniel Labaronne, député d’Indre-et-Loire, a depuis pris une dimension beaucoup plus large.
Dix-neuf députés ont désormais saisi la justice
Le signalement adressé par Daniel Labaronne à la procureure de Tours est désormais cosigné par 18 autres députés. Ils sont donc 19 parlementaires issus de plusieurs groupes politiques à demander à la justice d’examiner la portée des déclarations de Sandrine Rousseau. Les signataires prennent cependant soin de ne pas se substituer aux magistrats : ils n’affirment pas qu’une infraction est constituée et reconnaissent qu’à leur connaissance aucun élément ne permet actuellement d’affirmer que les propos de la députée auraient été suivis de violences ou d’actes matériels d’obstruction. C’est à l’autorité judiciaire qu’il appartiendra de décider des éventuelles suites à donner. Cette prudence juridique n’enlève rien à la dimension politique de l’affaire : la réaction dépasse désormais largement les seules structures cynégétiques.
Une pétition qui ajoute une pression politique supplémentaire
C’est dans ce contexte que la progression de la pétition prend tout son sens. Une signature sur Change.org n’est ni une condamnation judiciaire ni un bulletin de vote. Mais lorsque plusieurs milliers de citoyens se mobilisent en quelques jours autour d’un même texte, le phénomène devient difficile à ignorer. Surtout lorsque cette mobilisation s’ajoute à une plainte annoncée par la Fédération nationale des chasseurs, plusieurs démarches judiciaires émanant de chasseurs et de leurs représentants et à un signalement désormais soutenu par 19 députés de sensibilités différentes. Au matin de ce mercredi 2 septembre, plus de 28 000 personnes réclamaient donc désormais la démission de Sandrine Rousseau. Et à quelques jours des différentes ouvertures générales de la chasse qui vont se succéder partout en France, une chose paraît désormais certaine : près de dix jours après les déclarations de la députée écologiste, la polémique est encore très loin d’être retombée. Pour signer cette pétition rendez vous sur: https://www.change.org/p/pour-la-d%C3%A9mission-de-sandrine-rousseau-de-son-mandat-de-d%C3%A9put%C3%A9e












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