Après ses propos tenus le 23 août dernier contre la chasse, Sandrine Rousseau voit les réactions judiciaires se multiplier. Après la Fédération nationale des chasseurs et le député RN Matthias Renault, un député Renaissance a à son tour saisi la procureure de Tours. Dans la Manche, une association de chasseurs de gibier d’eau annonce également avoir porté plainte, tandis que la Fédération départementale des chasseurs de l’Oise veut rejoindre l’action engagée par la FNC.
Une déclaration qui continue de faire réagir
Une semaine après l’UniREVcité organisée à Saint-Antoine-du-Rocher, près de Tours, la polémique provoquée par les déclarations de Sandrine Rousseau est loin de retomber. Le dimanche 23 août, la députée écologiste avait appelé ses sympathisants à se mobiliser à l’occasion de l’ouverture de la chasse. « Il va nous falloir nous affronter à cette ouverture de la chasse », avait-elle notamment lancé, avant d’appeler à mobiliser « ce peuple de l’écologie » afin d’« empêcher qu’on ait un permis de tuer ». Surtout, quelques instants plus tard, Sandrine Rousseau avait appelé ses militants à être présents sur le terrain : « C’est parce que nous serons là, debout, face à eux, physiquement, qu’enfin ils prendront conscience de la réalité de ce que nous sommes. ». C’est précisément l’enchaînement des termes « affronter », « empêcher », « face à eux » et « physiquement » qui a déclenché la colère du monde cynégétique. La Fédération nationale des chasseurs considère que ces déclarations font peser un risque de confrontation sur le terrain et a annoncé le dépôt d’une plainte contre la députée. Elle doit également saisir plusieurs membres du gouvernement ainsi que la présidente de l’Assemblée nationale.
Après Matthias Renault, Daniel Labaronne saisit à son tour la justice
Le premier parlementaire à avoir officiellement réagi sur le terrain judiciaire avait été Matthias Renault. Le 25 août, le député RN de la Somme avait adressé à la procureure de la République de Tours un signalement fondé sur l’article 40 du Code de procédure pénale. Dans ce document, dont So Chasse avait publié l’intégralité, le député demandait à la justice d’examiner si les propos tenus par Sandrine Rousseau étaient susceptibles de recevoir une qualification pénale. Il rappelait également que l’obstruction concertée à une action de chasse constitue elle-même une infraction prévue par le Code de l’environnement. Matthias Renault n’est désormais plus le seul député à avoir entrepris cette démarche. Daniel Labaronne, député Renaissance d’Indre-et-Loire et coprésident du groupe d’études chasse et pêche à l’Assemblée nationale, a lui aussi adressé un signalement à la procureure de la République de Tours. Son courrier a été cosigné avec le président de la Fédération départementale des chasseurs d’Indre-et-Loire. Pour l’élu tourangeau, la liberté de contester politiquement la chasse ne saurait justifier un appel à aller physiquement au contact des chasseurs. « On peut, bien évidemment, être contre la chasse, on peut demander son évolution, sa suppression, etc. Ça, ça relève du débat démocratique. Mais appeler ces militants à faire le coup de poing le jour de l’ouverture de la chasse, là, on est dans un autre domaine, c’est celui de l’affrontement physique », a-t-il expliqué. Il appartiendra évidemment à la justice, et à elle seule, de déterminer si les déclarations de Sandrine Rousseau sont susceptibles de constituer une infraction.
Les sauvaginiers de la Manche portent plainte
Le mouvement ne se limite désormais plus aux parlementaires et à la Fédération nationale des chasseurs. Selon Actu.fr, l’Association des Sauvaginiers des Marais du Cotentin et du Bessin a annoncé vendredi 28 août avoir déposé plainte contre Sandrine Rousseau. Cette association, particulièrement implantée dans les marais de la Manche et du Calvados, a notamment pour objet la défense de la chasse traditionnelle au gibier d’eau. Son entrée dans la bataille judiciaire montre que la colère provoquée par les déclarations de la députée écologiste gagne désormais les structures cynégétiques locales. Et elle pourrait ne pas rester isolée.
Dans l’Oise aussi, les chasseurs veulent rejoindre la FNC
La Fédération départementale des chasseurs de l’Oise a également annoncé vouloir agir. Par la voix de son président Guy Harlé d’Ophove, elle indique avoir décidé de se porter partie civile aux côtés de la Fédération nationale des chasseurs dans son action judiciaire contre Sandrine Rousseau. La FDC de l’Oise va même plus loin puisqu’elle appelle les autres présidents de Fédérations départementales des chasseurs à rejoindre à leur tour la démarche engagée par la FNC. « On croyait avoir tout vu, tout entendu, on se trompait », réagit notamment Guy Harlé d’Ophove, estimant qu’il existe désormais « des limites à ne pas franchir ». Si cet appel était suivi dans d’autres départements, l’affaire pourrait donc prendre une dimension encore supérieure dans les prochains jours.
Une opposition à la chasse qui franchit une nouvelle ligne
Personne ne conteste à Sandrine Rousseau, pas plus qu’aux militants animalistes ou écologistes, le droit de combattre politiquement la chasse ou d’en réclamer l’interdiction. C’est le principe même du débat démocratique. Mais la question posée depuis une semaine est différente. Lorsqu’une activité est légale, réglementée et pratiquée par des centaines de milliers de citoyens, appeler des militants à se rendre sur les lieux où elle se déroule pour l’« empêcher », en étant « face » aux pratiquants « physiquement », ne peut être considéré comme anodin. C’est précisément ce que les chasseurs et les parlementaires qui saisissent aujourd’hui la justice demandent désormais aux magistrats d’apprécier. Une semaine après les déclarations de Saint-Antoine-du-Rocher, Sandrine Rousseau fait ainsi face à la plainte annoncée par la Fédération nationale des chasseurs, au signalement du député RN Matthias Renault, à celui du député Renaissance Daniel Labaronne, à la plainte des Sauvaginiers des Marais du Cotentin et du Bessin et à la volonté de la Fédération départementale des chasseurs de l’Oise de rejoindre l’action de la FNC. Et au regard de l’appel lancé par cette dernière aux autres Fédérations départementales des chasseurs, la liste pourrait encore s’allonger.












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