Deux-Sèvres : des chasseurs renoncent à l’ouverture pour laisser la nature aux cyclistes

Chasseurs renonçant à l'ouverture pour laisser la nature au gravel

Dans une partie du nord des Deux-Sèvres, les chasseurs devront patienter avant de profiter de l’ouverture générale, fixée au dimanche 13 septembre. Dix-sept communes ou secteurs communaux sont concernés par une interdiction de chasser durant tout le week-end afin de laisser place aux Championnats de France de Gravel. Une décision prise avec l’avis favorable de la Fédération départementale des chasseurs et en accord avec les associations locales. Un bel exemple de partage de la nature entre usagers, loin de l’image de chasseurs décidés à s’accaparer chemins et espaces ruraux.

Une ouverture sacrifiée pour laisser place aux cyclistes

Dans les Deux-Sèvres, l’ouverture générale de la chasse est fixée au dimanche 13 septembre 2026 à 8 heures. Mais dans une partie du Thouarsais, les fusils resteront rangés ce jour-là. Le secteur accueillera en effet, du 11 au 13 septembre, les Championnats de France de Gravel. Cette discipline cycliste, pratiquée en grande partie sur routes non goudronnées, chemins agricoles et pistes, conduira les concurrents à traverser de nombreux territoires ruraux habituellement fréquentés par les chasseurs. La cohabitation avec l’ouverture générale aurait donc posé d’évidentes questions de sécurité. Un arrêté préfectoral spécifique a ainsi été pris pour interdire la chasse et la destruction à tir les 11, 12 et 13 septembre sur les communes concernées. Autrement dit, pour les chasseurs de ces territoires, la saison débutera exceptionnellement après le passage des cyclistes.

Les chasseurs ont donné leur accord

Et c’est probablement là que cette décision mérite d’être soulignée. Il ne s’agit pas simplement d’une interdiction décidée unilatéralement par l’administration. L’arrêté préfectoral permet de retracer la préparation de la mesure. Les organisateurs des Graviers Roses et le Vélo Club Thouarsais ont formulé leur demande dès le mois d’avril. La Fédération départementale des chasseurs des Deux-Sèvres a ensuite rendu un avis favorable au dispositif. Selon Ouest-France, la décision a également été prise en accord avec les ACCA concernées. Pour des chasseurs, renoncer volontairement à la journée d’ouverture n’est pourtant pas anodin. Cette première journée constitue traditionnellement l’un des rendez-vous les plus attendus de la saison, souvent préparé plusieurs semaines à l’avance. Les associations locales ont néanmoins accepté de laisser les chemins et les territoires concernés aux compétiteurs le temps du week-end.

Dix-sept secteurs concernés

L’interdiction concerne Availles-Thouarsais, Soulièvres, Boussais, Brion-près-Thouet, Glénay, Argenton-l’Église, Louzy, Luzay, Taizé-Maulais, Saint-Généroux, Saint-Jacques-de-Thouars, Saint-Jean-de-Thouars, Saint-Martin-de-Sanzay, Saint-Varent, Sainte-Gemme, Sainte-Verge et Thouars. Dans plusieurs de ces communes, le parcours emprunte directement des chemins ou secteurs situés sur des territoires de chasse. L’interdiction prenant fin au terme de la journée du dimanche 13 septembre, l’exercice de la chasse pourra reprendre dès le lendemain, dans le respect bien entendu des calendriers propres aux différentes espèces et des règlements locaux.

Le partage de la nature aussi, c’est cela

L’affaire est finalement assez révélatrice. Les chasseurs sont régulièrement accusés par leurs détracteurs de vouloir « privatiser » la nature (qui est déjà privée à 75% en France) ou d’empêcher les autres usagers de profiter des chemins durant la saison cynégétique. Dans le Thouarsais, les faits montrent exactement l’inverse. Face à un événement sportif national nécessitant de sécuriser plusieurs dizaines de kilomètres de chemins, chasseurs, associations locales et Fédération départementale ont accepté de renoncer à l’une des journées les plus symboliques de leur année afin de permettre aux cyclistes de profiter pleinement du territoire. Le partage de la nature ne consiste pas nécessairement à vouloir pratiquer toutes les activités au même endroit et au même moment. Il consiste aussi à savoir, lorsque les circonstances l’exigent, laisser temporairement la place aux autres. Les chasseurs des Deux-Sèvres viennent d’en fournir une illustration particulièrement concrète.

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Né en 1973, Frédéric Buszkowski vit en Dordogne. Ancien sous-officier de l'armée de Terre puis technicien supérieur à la SNCF, il est chasseur passionné depuis plus de vingt ans. Sa pratique couvre un large éventail de modes de chasse : le grand gibier en battue et à l'affût, le pigeon ramier en palombière, le petit gibier à plumes, ainsi que la régulation des corvidés. Fort de son expérience de terrain, il met aujourd'hui ses connaissances du monde cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur, avec une approche à la fois rigoureuse, pratique et ancrée dans les réalités de la chasse française.

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