Un article récemment publié par le média militant belge AnimalWeb.be suscite de nombreuses réactions dans le monde cynégétique. Présenté comme le récit du combat d’un « simple citoyen » contre la chasse dans le secteur du lac de Paladru, en Isère ,le texte va bien au-delà d’une opposition idéologique classique et interroge sur la radicalisation croissante d’une partie des mouvements anti-chasse.
Un récit militant qui glorifie l’entrave et les dégradations
Dans cet article au ton particulièrement engagé, l’auteur décrit avec une certaine fascination les actions menées pour entraver l’organisation de chasses en forêt : destruction de miradors, perturbations répétées sur le terrain, pressions sur les organisateurs et climat de confrontation permanent. Le tout est présenté sous l’angle d’une forme de « résistance citoyenne », avec un vocabulaire qui ne peut qu’inquiéter ceux qui restent attachés à un débat démocratique et apaisé autour des questions de nature et de ruralité. Car derrière les formules militantes et les envolées lyriques sur « la forêt rendue à sa tranquillité », une réalité demeure : empêcher volontairement la chasse, acticité légale, ou dégrader des installations cynégétiques constitue une infraction. Surtout, ce type d’action peut générer des situations extrêmement dangereuses sur le terrain.
Une montée des tensions dans les espaces ruraux
Dans les campagnes françaises comme belges, chasseurs, agriculteurs, promeneurs, vététistes ou cueilleurs partagent déjà des espaces naturels parfois sous tension. Encourager, même indirectement, des comportements de sabotage ou de confrontation physique ne peut qu’alimenter un climat délétère. Une évolution qui inquiète d’autant plus qu’elle semble illustrer une mutation progressive d’une partie du militantisme anti-chasse. Depuis plusieurs années, le débat ne se limite plus aux recours administratifs, aux manifestations ou aux pétitions. Certains groupes ou activistes revendiquent désormais des actions de terrain de plus en plus agressives, avec une rhétorique opposant systématiquement les chasseurs à des « citoyens protecteurs de la nature ».
Une vision caricaturale de la chasse
Cette lecture militante occulte volontairement la réalité du terrain. En France, la chasse demeure une activité strictement encadrée par la loi et joue un rôle reconnu dans la gestion des populations animales et des équilibres agro-sylvo-cynégétiques. Les chasseurs participent également au financement des dégâts de grand gibier, aux suivis sanitaires de la faune sauvage, à l’entretien des territoires ruraux ou encore à de nombreuses actions en faveur de la biodiversité. Réduire les chasseurs à une « minorité armée » imposant sa loi dans les forêts, comme le laisse entendre l’article, revient à nier le rôle joué quotidiennement par des milliers de bénévoles engagés dans la gestion des territoires ruraux.
Le risque d’un dangereux effet d’entraînement
Le plus préoccupant dans ce type de publication reste peut-être le ton employé. L’article célèbre presque la capacité « d’un seul homme » à « enrayer la machine de la chasse ». Une mise en scène héroïque de l’action clandestine qui pourrait inspirer certains militants les plus radicaux. Or, dans un contexte déjà tendu autour des questions environnementales et rurales, personne n’a intérêt à voir se multiplier des actes de sabotage ou des affrontements en forêt. Ni les chasseurs, ni les autres usagers de la nature. Le désaccord est légitime dans une démocratie. La glorification de méthodes illégales ou potentiellement dangereuses est à son opposé












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