La chasse n’est pas seulement une passion pour ceux qui la pratiquent. Dans certains territoires, elle représente aussi une activité profondément ancrée dans la vie locale, capable de soutenir l’économie et de maintenir un lien social fort entre habitants. C’est particulièrement vrai en Corse, où la pratique cynégétique continue de structurer la vie de nombreux villages.
En corse, comme ailleurs en France, la chasse, première association rurale
Selon Corse Matin, près de 20 000 nemrods pratiquent la chasse chaque année sur l’île. Une proportion particulièrement élevée au regard de la population insulaire. La chasse y reste une tradition vivante, profondément liée à l’histoire et au mode de vie des territoires ruraux. Dans l’arrière-pays corse, les week-ends d’automne et d’hiver s’organisent encore largement autour des journées de chasse. Cette activité dépasse le simple cadre du loisir : elle constitue un moment de rencontre, de transmission et de sociabilité entre habitants et représente donc la première des organisations associatives, comme dans l’ensemble du monde rural français
Une activité qui fait vivre l’économie locale
L’étude citée par Corse Matin estime que la chasse génère près de 30 millions d’euros de retombées économiques chaque année en Corse. Un chiffre qui ne correspond pas à une industrie concentrée mais à une multitude de dépenses réparties dans l’économie locale. Équipement, entretien des armes, carburant, restauration, réparation des véhicules, achat de munitions ou de matériel pour les chiens : ces dépenses régulières irriguent un tissu économique souvent constitué de petites entreprises et de commerces locaux. Dans une région où l’activité économique dépend largement du tourisme saisonnier, ces dépenses liées à la chasse contribuent à maintenir une activité tout au long de l’année.
Une présence humaine dans les territoires
Au-delà de l’économie, la chasse joue également un rôle dans l’occupation des espaces naturels. Dans de nombreuses zones rurales ou montagneuses, les chasseurs figurent parmi les rares usagers réguliers (et protecteurs) du territoire en dehors de la saison touristique. Ils connaissent les sentiers, parcourent les massifs et signalent fréquemment des situations inhabituelles : animaux blessés, incidents en forêt ou anomalies sur les chemins. Cette présence régulière, alliée aux opération d’aménagement et d’entretien, des espaces naturels contribue à maintenir un lien concret entre les habitants et leur environnement.
Un impact économique important à l’échelle nationale
Cet impact économique de la chasse n’est évidemment pas propre à la Corse. À l’échelle de la France, les chiffres sont tout aussi éloquents. Selon l’étude menée en 2023 par le cabinet Randea avec la contribution de Xerfi Spécific pour la Fédération nationale des chasseurs (FNC), la chasse représente 4,2 milliards d’euros de dépenses annuelles par ses pratiquants. Ces dépenses génèrent environ 3,6 milliards d’euros de richesse économique et mobilisent près de 37 400 emplois équivalents temps plein.
Cette étude démontre également que la chasse contribue à hauteur de 1,6 milliard d’euros aux finances publiques à travers les taxes, les impôts et les cotisations sociales liés à sa pratique. En moyenne, un chasseur français consacre plus de 3 000 euros par an à sa passion, entre validation du permis, équipement, déplacements, entretien du matériel ou encore frais liés aux chiens de chasse.
Une activité profondément rurale
Autre enseignement de cette étude : la chasse reste très majoritairement ancrée dans les territoires ruraux. Plus des trois quarts des chasseurs résident dans des communes rurales, alors qu’une faible part seulement vit dans les zones urbaines les plus denses. Ce maillage territorial explique pourquoi la chasse reste souvent perçue, dans de nombreuses régions, comme une activité structurante de la vie locale. Comme le montre l’exemple corse, elle ne se limite pas à une pratique de loisir : elle participe aussi à l’équilibre économique et social de nombreux territoires.












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