À Baillargues, comme dans de nombreux territoires de l’Hérault, la prolifération des lapins de garenne pose sérieux problèmes de dégâts agricoles et de nuisances diverses et pousse le maire à relancer une campagne d’affichage volontairement provocatrice. Une initiative qui fait bondir une association écologiste… malgré des dégâts agricoles bien réels.
Une campagne qui ne passe pas
À Baillargues, la lutte contre la prolifération du lapin de garenne prend un ton pour le moins direct. Après avoir déjà affiché une recette de civet l’an passé, le maire Jean-Luc Meissonnier remet ça avec un message tout aussi explicite : « Et le pâté, ça vous tente ? ». Une communication amusante et assumée, destinée à alerter sur l’ampleur des dégâts causés par l’espèce sur les cultures locales. Mais du côté de l’association À base de plantes, basée à Mudaison, le ton ne passe pas. L’organisation dénonce une campagne jugée inacceptable et refuse de faire des lapins les seuls responsables de la situation.
Des dégâts bien concrets
Sur le terrain pourtant, le problème ne relève pas du simple débat d’idées. Dans l’Hérault, plus de 1 000 hectares de cultures ont déjà été ravagés depuis le début de l’année 2026. Face à cette pression, le monde agricole tire la sonnette d’alarme. Le président de la chambre d’agriculture du département en est même venu à évoquer le recours à des moyens exceptionnels, comme une participation de l’armée aux opérations de régulation, pour contenir la prolifération. Autant dire que pour les exploitants concernés, la question dépasse largement le registre de la communication municipale.
L’explication des associations
Pour les militants écologistes, la responsabilité serait ailleurs. Urbanisation, infrastructures routières et ferroviaires, artificialisation des sols : autant de facteurs qui auraient contribué à concentrer les populations de lapins sur certains secteurs. Selon eux, des solutions dites “non létales” devraient être privilégiées : clôtures, répulsifs, aménagements spécifiques. Une approche qui, sur le papier, semble évoquer des solutions… mais qui peine à convaincre sur le terrain, où les dégâts continuent de s’accumuler.
Entre réalité du terrain et indignation
La polémique illustre une fois de plus le décalage entre certaines positions de ces militants d’un monde animal fantasmé et la réalité vécue dans les territoires ruraux. D’un côté, des agriculteurs confrontés à des pertes bien concrètes. De l’autre, des propositions souvent théoriques, dont la mise en œuvre et l’efficacité restent à démontrer à grande échelle. Quant à la suggestion de transformer les lapins en pâté, elle a le mérite de rappeler une évidence : face à une espèce en surpopulation, la question de la régulation ne peut pas être éludée.












Laisser un commentaire