Dans la nuit du 13 au 14 avril, un loup a été abattu en Haute-Marne alors qu’il menaçait un troupeau d’ovins. Une première dans le département depuis l’évolution du cadre réglementaire en février, dans un territoire particulièrement exposé aux attaques.
Un loup abattu en situation d’attaque
Dans le secteur du Bassigny, en Haute-Marne, un loup a été abattu dans la nuit du 13 au 14 avril par des agents habilités. Selon la préfecture, l’animal se trouvait en posture d’attaque d’un troupeau d’ovins au moment de l’intervention. Ce tir constitue une première dans ce département de plaine particulièrement touché par la prédation, où la pression du loup s’est intensifiée ces dernières années.
Un cadre réglementaire récemment assoupli
Cette intervention s’inscrit dans le cadre des nouvelles règles mises en place par l’État au début de l’année. Depuis l’arrêté du 24 février 2026, le statut du loup a évolué, permettant un recours plus rapide aux tirs de prélèvement lorsque les troupeaux sont menacés. Ce dispositif avait été évoqué quelques jours plus tôt lors du déplacement de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, venue constater la situation sur le terrain dans un département devenu emblématique de la progression de l’espèce.
Une pression croissante sur l’élevage
À l’échelle nationale, la présence du loup entraîne des conséquences concrètes pour les éleveurs. Environ 12 000 animaux sont victimes de prédation chaque année, répartis sur près de 3 500 constats d’attaques. Ces dégâts donnent lieu à près de 3,7 millions d’euros d’indemnisations, un chiffre qui ne traduit qu’en partie la réalité vécue sur le terrain, entre pertes directes, stress des troupeaux et pression quotidienne sur les exploitations.
Des quotas relevés pour 2026
Dans ce contexte, l’État a également revu à la hausse le plafond de prélèvements autorisés. Pour 2026, le quota passe de 19 % à 21 % de la population nationale, soit jusqu’à 227 loups pouvant être abattus contre 192 l’année précédente. Dans les zones les plus exposées, comme certaines parties de la Haute-Marne, les préfets disposent en outre de marges de manœuvre supplémentaires leur permettant d’augmenter encore ce seuil et de le porter jusqu’à 23%..
Une réponse attendue sur le terrain
Ce premier tir illustre concrètement l’évolution de la gestion du loup en France. Dans les territoires les plus touchés, les éleveurs attendaient des mesures plus réactives face à une pression jugée de plus en plus difficile à contenir. Reste à savoir si cet assouplissement permettra de mieux protéger les troupeaux, dans un contexte où la présence du super prédateur continue de s’étendre sur l’ensemble du territoire.












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