Willy Schraen sur TF1 : « On ne peut pas faire sans la chasse »

Invité de La question du jour sur TF1, Willy Schraen a répondu frontalement aux critiques visant la chasse et sa nouvelle campagne de communication. Recrutement des jeunes et des femmes, régulation du grand gibier, collisions routières, dégâts agricoles, sécurité, alcool, image de la chasse : le président de la Fédération nationale des chasseurs a assumé un discours direct et cohérent avec la ligne qu’il défend depuis plusieurs années. La séquence, diffusée dans le contexte de la campagne « Qui va à la chasse… trouve sa place », remet au centre une question qui revient régulièrement dans le débat public : les chasseurs sont-ils encore utiles à la société ? La campagne a bien été lancée par la FNC en mars 2026, avec des films ciblant notamment les jeunes hommes, les femmes et les quadragénaires.

Sur TF1, une défense sans détour de la chasse

Interrogé sur une publicité jugée choquante par une partie du public, le président des chasseurs a assumé la volonté de la Fédération Nationale des chasseurs d’aller chercher de nouveaux publics. Derrière cette campagne, l’idée est claire : la chasse ne peut plus se contenter de vivre sur son héritage. Elle doit recruter, convaincre, transmettre et montrer qu’elle ne s’adresse pas à un seul profil de rural quinquagénaire. Dans l’échange, le président de la FNC pose d’emblée le décor. Oui, le nombre de chasseurs a baissé sur le temps long. Oui, la pyramide des âges pèse. Mais non, selon lui, la chasse n’est pas condamnée à s’éteindre. Au contraire, il insiste sur l’arrivée de nouveaux pratiquants, notamment parmi les jeunes et les femmes, et présente cette évolution comme l’un des signes d’un renouvellement réel de la pratique.

Jeunes, femmes, nouveaux visages : la stratégie de reconquête

Le point central de l’interview tient dans cette offensive de reconquête. Willy Schraen explique que, comme beaucoup de fédérations ou d’associations, le monde cynégétique doit composer avec le vieillissement de ses adhérents. Mais il soutient en même temps que les jeunes reviennent vers le permis de chasser, attirés par une relation plus directe à la nature. Pour une partie de la jeunesse, la nature ne se vit plus seulement à distance, derrière un écran ou dans une approche purement contemplative. Elle se vit aussi sur le terrain, dans l’effort, dans l’engagement, dans une pratique encadrée et assumée. La fédération met en avant une chasse comme un espace de liberté, de convivialité et d’engagement, et affirme cibler désormais des publics plus diversifiés qu’autrefois. La FNC met aussi en avant une hausse de 25 % du nombre de femmes en presque dix ans.

Une chasse présentée comme utile à la société

Au cœur de la séquence, une question domine : à quoi sert la chasse aujourd’hui ? Là encore, Willy Schraen a répondu sans ambages. Pour lui, la chasse ne relève pas seulement du loisir ou de la tradition. Elle tient aussi un rôle concret dans la régulation du grand gibier, dans la protection des cultures et dans la limitation des collisions entre animaux sauvages et automobilistes.
Son raisonnement est simple : dans des territoires où les grands prédateurs sont absents ou insuffisants, l’homme continue d’occuper une place dans l’équilibre des populations animales. Le président de la FNC ne s’est d’ailleurs pas caché derrière les euphémismes habituels. Quand la présentatrice lui tend la perche sur le vocabulaire de la régulation, il assume le mot « tuer », tout en le replaçant dans un cadre de nécessité, de responsabilité et d’usage.
Cet angle est au centre du discours fédéral depuis plusieurs années. La FNC insiste régulièrement sur le poids des prélèvements de grand gibier et sur le fait que les chasseurs participent financièrement aux dégâts agricoles. Les données relayées récemment par la fédération évoquent une charge moyenne proche de 90 millions d’euros par an ces dernières années, après avoir dépassé les 100 millions d’euros en 2021-2022.

Le dossier sanglier, point de tension majeur

C’est évidemment sur le sanglier que l’échange a été le plus concret. Interpellé sur les accidents de la route et les dégâts causés aux cultures, Willy Schraen a rappelé que le dossier du grand gibier, et du sanglier en particulier, reste l’un des principaux arguments avancés par les chasseurs pour défendre leur utilité.
Dans son intervention, il décrit une situation aggravée par les transformations des paysages agricoles et par l’urbanisation. Certains espaces ne sont plus chassables, ou beaucoup plus difficilement, notamment à proximité des habitations. Il évoque aussi des pistes d’action plus ciblées, comme la chasse à l’arc ou les tirs de nuit, en expliquant que l’enjeu dépasse désormais le cadre strict du simple acte de chasse traditionnel.

Une pratique controversée, mais assumée

L’un des moments importants de l’interview tient à une autre franchise de Willy Schraen : oui, les chasseurs chassent aussi pour le plaisir. Là où beaucoup d’intervenants préfèrent réduire la chasse à une mission d’intérêt général, lui choisit de ne pas opposer utilité et plaisir. Il assume le fait qu’aller à la chasse puisse être une source de satisfaction, de convivialité, de partage et de bonheur, à condition que tout cela s’inscrive dans un cadre raisonné. Ce point est important, car il touche à la perception publique du monde cynégétique. Une partie des opposants à la chasse supporte mal l’idée qu’on puisse revendiquer à la fois une nécessité de régulation et un plaisir de pratique. Willy Schraen, lui, refuse cette dissociation.
Dans le même mouvement, il insiste aussi sur la dimension sociale de la chasse. Il la présente comme un des rares lieux où peuvent encore se retrouver des personnes d’âges, de revenus et d’origines sociales différents. C’est un vieux ressort du discours cynégétique, mais il a été formulé ici avec netteté : la chasse serait non seulement un outil de gestion, mais aussi un espace de brassage humain.

La sécurité et l’alcool, angle sensible du débat

Autre passage très attendu : celui de la sécurité. Questionné sur l’image dégradée que renvoient certains chasseurs, notamment autour de la consommation d’alcool, Willy Schraen a reconnu l’existence de comportements inacceptables, tout en les renvoyant à une minorité présente, selon lui, dans tous les pans de la société. Surtout, il rappelle que l’état d’ivresse à la chasse n’est pas autorisé et qu’il a lui-même défendu un alignement avec les règles applicables à la conduite. Sur le plateau, il affirme que le problème existe, mais qu’il resterait marginal. Cette séquence a un mérite : elle montre une ligne de communication assumée par la FNC. La chasse n’est plus défendue uniquement comme une survivance culturelle. Elle est présentée comme une pratique utile, moderne dans ses outils de recrutement, soucieuse de toucher les femmes et les jeunes, et décidée à reprendre la bataille de l’image.

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Rédacteur en chef, SoChasse

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