Une nouvelle fracture traverse le camp écologiste. Lundi, des militants et anciens cadres ont annoncé la création des “Verts populaires”, un mouvement né d’une rupture avec la ligne actuelle du parti. Officiellement, il s’agit de refonder une écologie “de rupture” et “populaire”. Dans les faits, cette scission révèle surtout une volonté d’aller encore plus loin dans l’alignement avec la gauche radicale.
Une rupture qui en dit long
À l’origine de cette initiative, des déçus de la stratégie portée par Marine Tondelier et son entourage, dont Julia Mignacca, écologiste montpelliéraine et ancienne présidente du conseil fédéral des Verts,. Ces derniers reprochent à la direction d’avoir privilégié des alliances avec le Parti socialiste, notamment en vue des municipales, et d’avoir écarté La France insoumise de la réflexion autour de 2027. Résultat : démissions, exclusions, puis création d’un nouveau mouvement qui revendique désormais une “écologie populaire” et un rapprochement assumé avec les autres forces de gauche, LFI en tête. Mais loin de marquer une rupture idéologique, cette initiative s’inscrit dans une continuité. Ou plutôt dans une accentuation. Pour illustrer cette dérive continuelle vers la radicalité de gauche, comment ne pas penser à l’expression consacrée au caractère humoristique: « Les écologistes sont comme les pastèques: verts dehors et rouges dedans« !
Une surenchère plus qu’une alternative
Car au fond, les “Verts populaires” ne proposent pas de ligne réellement différente de celle portée jusqu’ici par Les Écologistes. Ils en poussent simplement les curseurs un peu plus loin. Union de la gauche, défense du programme du Nouveau Front populaire, volonté d’intégrer LFI dans une stratégie commune : les marqueurs sont connus. La nouveauté réside moins dans les idées que dans l’intensité avec laquelle elles sont revendiquées. Autrement dit, cette scission ne traduit pas un désaccord de fond sur l’orientation politique. Elle illustre une forme de surenchère interne, où chacun cherche à apparaître comme le plus combatif, voire le plus radical. Et certaines des positions prises ces dernières années par cette gauche radicale (anti-chasse, anti armes, intégration des animalistes d’Aymeric Caron en leur sein) ne peuvent que nous inquiéter ….
Une proximité revendiquée… mais pas assumée
Reste une contradiction difficile à ignorer. Si les “Verts populaires” plaident pour une alliance avec LFI, ils écartent pour l’instant toute idée de rejoindre le mouvement de Jean-Luc Mélenchon. Une position intermédiaire qui interroge. Car à vouloir se rapprocher sans franchir le pas, le nouveau mouvement entretient un flou stratégique. Ni totalement autonome, ni pleinement aligné, il navigue dans une zone grise qui pourrait rapidement devenir illisible pour les électeurs, ce dont ,il faut bien l’avouer, nous ne nous affligeons pas !
Une gauche qui se fragmente en se radicalisant
Au-delà de ce nouvel épisode, cette scission met en lumière une tendance plus large. À mesure que les échéances de 2027 se rapprochent, les tensions se multiplient au sein de la gauche, notamment sur la question des alliances. Entre partisans d’une ligne plus modérée et tenants d’une union élargie incluant LFI, les désaccords s’accumulent. Et chaque tentative de clarification semble déboucher sur de nouvelles divisions. Le paradoxe est désormais bien installé : plus l’unité est invoquée, plus les fractures apparaissent.
Une écologie toujours si loin des réalités
Dans ce contexte, la création des “Verts populaires” pose aussi une question plus concrète. Celle de la capacité de ces mouvements à sortir des logiques d’appareil pour s’ancrer dans le réel. Car pendant que les débats se concentrent sur les alliances, les primaires et les stratégies d’appareil, les enjeux de terrain, notamment dans les territoires ruraux, peinent à trouver leur place, et c’est un euphémisme, dans ces recompositions. Une écologie qui se veut “populaire” devra, tôt ou tard, se confronter à la réalité des attentes de nos concitoyens et notamment des ruraux qui, eux, vivent la nature au quotidien.












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