Savoie: un happening anti-chasse qui interroge… surtout par sa portée limitée

Action anti-chasse

Une petite vingtaine de militants de l’association Justice Animaux Savoie ont organisé un happening à Lépin-le-Lac, en marge d’une fête de la chasse soutenue par plusieurs collectivités locales. Une action (soi-disant) volontairement discrète, centrée sur la question du financement public de ce type d’événement.

Une action revendiquée comme limitée

Auprès de journalistes complaisants, notamment du service public, l’association insiste elle-même sur la nature de son action : il ne s’agissait pas d’une manifestation (difficile de mobiliser des foules contre la chasse en milieu rural !), mais d’un happening, sans appel massif à la population. Une précision qui en dit long sur la portée réelle de la mobilisation. Dans un contexte local pourtant présenté comme sensible, seule une poignée de participants s’est déplacée pour interpeller les collectivités sur leur soutien à cette fête, organisée par l’ACCA locale et plébiscitée par un large et enthousiaste public. Une mobilisation modeste, loin des démonstrations de force parfois revendiquées, mais très rarement réalisées, par certaines organisations militantes de la mouvance animaliste.

Une cible assumée : les collectivités locales

Fait notable, l’association précise ne pas s’opposer à la tenue de la fête de la chasse en elle-même. « Les chasseurs ont parfaitement le droit d’organiser leurs événements », reconnaît quand même sa présidente, Pauline Di Nicolantonio. Le cœur du message porte donc exclusivement sur le soutien public accordé à cet événement, qu’il soit financier, matériel ou logistique. Une subvention de 1 500 euros versée par la communauté de communes est notamment évoquée, tandis que d’autres aides restent, selon l’association, à clarifier. Une saisine de la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA) a d’ailleurs été engagée pour obtenir davantage d’informations.

Une contestation qui interroge sur sa légitimité

Au-delà de cette action ponctuelle, la question soulevée appelle une mise en perspective plus large. Car si certaines associations s’interrogent sur l’utilisation de fonds publics, il convient de rappeler que la chasse en France ne se résume pas à un simple loisir. Elle s’inscrit dans une mission d’intérêt général clairement définie par l’article L.420-1 du Code de l’environnement, qui reconnaît notamment son rôle dans la gestion durable de la faune sauvage et des habitats. Sur le terrain, cette mission se traduit concrètement par des actions menées tout au long de l’année : régulation des populations de grand gibier pour limiter les dégâts agricoles, plantations de haies, entretien des milieux, suivi scientifique des espèces ou encore participation à l’équilibre des écosystèmes.

Un rôle central dans la vie rurale

À cela s’ajoute une réalité souvent ignorée par ces mobilisations : dans de nombreux territoires ruraux, les associations et sociétés de chasse constituent l’un des derniers liens sociaux structurants. Fêtes locales, événements ouverts au public, actions collectives… autant d’initiatives qui participent à la vie des villages et au maintien d’un tissu social parfois fragile. Dans ce contexte, le soutien des collectivités locales apparaît moins comme une anomalie que comme la reconnaissance d’un engagement concret au service du territoire et des populations.

Décalage entre une poignée de militants et la population rurale

L’association Justice Animaux Savoie indique que de nouvelles actions pourraient être envisagées en fonction des décisions politiques à venir. Reste que, sur le terrain, la faible mobilisation observée à Lépin-le-Lac illustre aussi le décalage persistant entre certaines revendications militantes et la réalité du monde rural, où la chasse demeure une activité structurante, à la fois utile et profondément ancrée et que malgré la propagande médiatique dont jouissent ce type d’associations, les ruraux restent profondément attachés à nos pratiques.

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