Depuis plusieurs semaines, la pression du loup s’intensifie dans la Meuse. Entre Bar-le-Duc et Saint-Mihiel, quatre exploitations ont été attaquées en quelques jours, poussant la préfecture à renforcer son dispositif face à un prédateur désormais bien installé dans le département. Mais un élément inquiète particulièrement les autorités : la possibilité qu’une meute soit en train de se constituer localement.
Sept brebis et un veau tués en quelques jours
Au total, sept brebis et un veau ont été tués, tandis que plusieurs autres animaux ont été blessés lors des différentes attaques recensées ces derniers jours dans la Meuse. Certaines prédations ont même eu lieu dans des parcs déjà clôturés, renforçant le sentiment d’inquiétude chez les éleveurs. À Villotte-sur-Aire, Julien Collard a vu son petit troupeau frappé dans la nuit du 26 avril. Trois brebis et deux agneaux ont été tués, quatre autres blessés. Pour cet éleveur possédant moins de 25 bêtes, le choc est autant économique qu’affectif. Comme beaucoup de petits exploitants, il ne peut pas bénéficier des aides permettant de financer des filets électrifiés ou des chiens de protection. Désormais, il fait rentrer ses animaux chaque soir, avec le sentiment que la situation pourrait rapidement devenir incontrôlable.
La piste d’une reproduction désormais envisagée
Dans la nuit du 1er au 2 mai, une autre attaque a touché un élevage de 400 brebis à Nicey-sur-Aire. L’éleveur concerné, déjà confronté au loup en 2014, estime toutefois que la situation reste pour l’instant moins dramatique qu’à l’époque, où plusieurs dizaines de brebis avaient été massacrées en quelques jours. Face à cette multiplication des attaques, le sous-préfet de la Meuse, Éric Le Roux, a annoncé un renforcement des mesures de lutte et de protection. Les services de l’État et de l’OFB interviennent désormais rapidement après chaque prédation afin de réaliser des constatations et des prélèvements ADN.
Mais ce sont surtout certaines observations qui retiennent désormais l’attention des autorités. Le prédateur serait parfois reparti avec des morceaux de viande ou même avec des agneaux entiers, un comportement qui pourrait correspondre à une phase de nourrissage. Sans confirmation officielle à ce stade, l’hypothèse de la présence d’une femelle ou même d’un début de reproduction est désormais étudiée. En clair, les services de l’État n’excluent pas qu’une véritable meute soit en train de se constituer dans ce secteur de la Meuse.
Des louvetiers bientôt mobilisés pour des tirs de nuit
La préfecture annonce également la formation prochaine de nouveaux lieutenants de louveterie afin de renforcer les capacités d’intervention sur le terrain, notamment dans le cadre des tirs de nuit. Ces chasseurs bénévoles spécialisés pourront être mobilisés lorsque les dégâts deviennent trop importants sur les élevages. S’il est à noter qu’aucun de ces super prédateurs n’a été prélevé l’an dernier dans la Meuse, au niveau national, la gestion du loup continue d’alimenter les tensions dans le monde rural. Le plafond de prélèvements autorisés en France pour 2025 était fixé à 192 loups, soit 19 % de la population estimée par l’OFB. En 2026, ce plafond a été relevé à 227 individus, 21% de l’estimation de l’OFB, avec possibilité d’atteindre 23 % en cas de forte pression de prédation. Une évolution qui illustre le changement progressif de ton des pouvoirs publics face à l’expansion continue du loup dans de nombreux territoires ruraux français.












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