Une jeune chasseresse des Alpes-de-Haute-Provence est devenue malgré elle la cible d’un déferlement de haine après une publication de l’association animaliste NOS VIVENTIA, fondée par « l’écologue » et « naturaliste » autoproclamé Pierre Rigaux, déjà si tristement connu du monde de la chasse. À l’origine, l’association prétendait dénoncer la présence d’articles de chasse dans les magasins Decathlon. Mais cinq des huit photographies utilisées dans la publication concernaient la même femme, avec son prénom, sa profession et son département. Résultat : insultes, menaces, incitations au suicide et attaques visant jusqu’à son métier de soignante. NOS VIVENTIA avait pourtant pris soin d’ajouter quelques lignes demandant de ne pas la harceler. Une précaution bien hypocrite lorsque l’on choisit dans le même temps d’exposer une personne identifiable à un public de militants fanatiques et haineux vis à vis des chasseurs.
Cinq photos sur huit pour viser une seule chasseresse
Officiellement, la cible de la campagne est Decathlon. NOS VIVENTIA réclame depuis plusieurs semaines que l’enseigne cesse de vendre munitions, vêtements et équipements destinés aux chasseurs. Pierre Rigaux et son association multiplient publications, pétitions et opérations devant les magasins pour présenter la chasse comme une activité cruelle qui n’aurait rien à faire dans une enseigne consacrée au sport… ben voyons ! Mais dans cette nouvelle publication, Decathlon semble presque passer au second plan. Sur huit photographies, cinq montrent la même jeune chasseresse. Certaines images remontent à plusieurs années. Son prénom est cité. Son métier d’infirmière est indiqué. Son département est mentionné. Son voyage de chasse en Finlande est détaillé et le texte va jusqu’à expliquer qu’elle « aime tuer des oiseaux ». Difficile, dans ces conditions, de soutenir que seule une enseigne commerciale est visée. D’autant plus qu’une seule photo d’elle la montre avec un article de la marque: un sac acheté au rayon randonnée !
8 000 commentaires et une avalanche d’insultes et de menaces
La suite était malheureusement prévisible. Sous la publication se sont accumulés des milliers de commentaires, dont une partie particulièrement violente. La jeune femme a été insultée, menacée et incitée au suicide. Son métier de soignante a lui aussi été utilisé pour la salir. Certains l’ont qualifiée d’« ange de la mort ». D’autres ont opposé son métier d’infirmière à sa passion pour la chasse. Plus grave encore, des internautes ont laissé entendre qu’il faudrait enquêter sur les patients décédés pendant ses gardes. On n’est évidemment plus ici dans la critique de la chasse. On n’est même plus dans l’opposition militante. On bascule dans l’attaque personnelle la plus sordide et haineuse.
Le petit avertissement qui ne change rien au résultat
Pierre Rigaux et NOS VIVENTIA pourront toujours rappeler qu’ils ont écrit noir sur blanc qu’il ne fallait ni insulter, ni harceler, ni menacer cette personne. C’est exact. Mais cette phrase ne fait pas disparaître tout le reste. Lorsqu’une association choisit de reprendre plusieurs photographies d’une même personne, de rappeler son prénom, sa profession, son département et de la présenter devant une communauté militante en utilisant des formulations destinées à susciter la haine, elle sait nécessairement qu’elle augmente considérablement son exposition. Écrire ensuite « ne la harcelez pas » ressemble surtout à une manière bien commode de se prémunir moralement contre les conséquences d’une campagne dont la mécanique est pourtant parfaitement prévisible. Car enfin, que croyait Pierre Rigaux qu’il allait se produire en présentant publiquement une infirmière comme une femme qui « aime tuer des oiseaux » devant plusieurs milliers de militants fanatiquement opposés à la chasse ? Une discussion paisible sur la gestion du grand tétras ?
La chasse légale transformée en faute morale
Le plus frappant, mais nous commençons à malheureusement y être habitués, dans cette affaire est que la chasseresse n’a commis aucune infraction. Son séjour cynégétique en Finlande était légal. Les espèces prélevées pouvaient y être chassées dans les conditions prévues par la réglementation locale. Elle n’a ni braconné, ni contourné une interdiction, ni violé un quota. Cela n’empêche pas NOS VIVENTIA d’utiliser son cas pour construire un procès moral de la chasse. Le grand tétras n’est plus chassable en France, mais il reste présent en effectifs permettant localement sa chasse dans plusieurs pays du nord de l’Europe. Rien n’interdit à un chasseur français de se rendre légalement à l’étranger pour pratiquer une chasse autorisée. Présenter cette activité comme si elle constituait en elle-même quelque chose de honteux relève donc d’un choix idéologique, pas d’un constat juridique.
Une jeune femme apeurée et obligée de se cacher
Devant un tel déferlement de haine et de menaces, la jeune femme n’a pas caché sa peur à nos confrères de France 3 PACA: « je ne suis pas tranquille. L’incitation est tellement énorme qu’avec des extrémistes dans tous les domaines, je ne suis pas à l’abri que quelqu’un vienne m’agresser physiquement . Je crains d’avoir des représailles physiques et il y a une grosse atteinte à mon intégrité professionnelle ». Conséquences: la jeune femme a fini par passer ses comptes en privé. Elle a supprimé des commentaires, modifié les paramètres de confidentialité de ses anciennes publications et retiré les liens visibles avec certains de ses proches afin qu’ils ne soient pas entraînés à leur tour dans cette campagne. Elle craint désormais que quelqu’un parvienne à retrouver son domicile ou son lieu de travail. Voilà donc où en arrive une campagne censée initialement dénoncer la vente de vêtements de chasse chez Decathlon : une jeune femme parfaitement en règle en vient à cacher ses proches et à verrouiller des années de vie numérique par crainte de représailles. On cherchera longtemps le rapport avec le rayon chasse d’un magasin de sport.
Pierre Rigaux a fait de la lutte contre la chasse son combat et son gagne-pain
Cette affaire ne tombe évidemment pas du ciel. Pierre Rigaux a fait de la lutte contre la chasse l’un des axes principaux de son militantisme et surtout sa seule source de revenus grâce aux généreux dons qu’il sollicite en permanence auprès de ses nervis virtuels sur les réseaux sociaux. Avec NOS VIVENTIA, il multiplie depuis des années les campagnes agressives contre la chasse à courre, les élevages de gibier, les battues, les chasseurs et désormais les enseignes qui leur vendent du matériel. L’association revendique ouvertement des « enquêtes de terrain », des campagnes publiques et des actions destinées à faire « évoluer l’opinion » contre différentes formes de chasse. C’est son droit. Mais ce militantisme ne donne pas pour autant un blanc-seing pour transformer n’importe quel chasseur anonyme en support publicitaire d’une campagne idéologique, surtout lorsque cette exposition provoque derrière elle une vague de haine mettant potentiellement en danger la vie d’une jeune femme.
Sandrine Rousseau aux côtés de NOS VIVENTIA
Le réseau militant de Pierre Rigaux bénéficie également de relais politiques particulièrement visibles. Ces derniers mois, la passionaria de l’écologie punitive et du wokisme Sandrine Rousseau a accompagné NOS VIVENTIA et Pierre Rigaux lors d’une action contre la chasse à courre en forêt de Fontainebleau. Elle a ensuite saisi le gouvernement par une question écrite consacrée à cette pratique. Quelques mois plus tard, la même députée appelait publiquement ses soutiens à se rendre dans les forêts et les campagnes lors de l’ouverture de la chasse pour tenter de l’empêcher, en déclarant notamment qu’ils seraient présents « face » aux chasseurs, « physiquement ». Ces propos ont déclenché une réaction particulièrement forte de la Fédération nationale des chasseurs et des démarches judiciaires de plusieurs fédérations. Ces faits ne permettent évidemment pas d’attribuer à Sandrine Rousseau la responsabilité du harcèlement subi aujourd’hui par cette chasseresse. Ils montrent en revanche à quel point la haine contre le monde de la chasse et ses pratiquants devient chaque jour plus intense et assumée, jusque dans le débat public.
Les chasseurs ne sont pas des cibles
Il serait temps de rappeler une chose extrêmement simple : les chasseurs sont des citoyens qui pratiquent une activité légale, réglementée et encadrée. On peut vouloir interdire cette activité. On peut militer contre elle. On peut manifester contre Decathlon ou demander à l’Assemblée nationale de modifier la loi. Mais afficher personnellement une chasseresse devant des milliers de personnes, puis regarder les insultes, les menaces et les appels au suicide tomber en cascade avant de se retrancher derrière une petite phrase demandant de rester courtois ne peut pas être considéré comme quelque chose d’anodin. La responsabilité pénale des menaces appartient évidemment à ceux qui les écrivent. Mais la responsabilité morale de ceux qui créent ce type de mise en scène mérite, elle aussi, d’être affirmée.
« Protéger les animaux » ne permet pas de piétiner les humains
C’est peut-être finalement tout le paradoxe de certaines franges de l’animalisme militant. Au nom du respect des animaux, une femme peut se retrouver traitée de meurtrière, assimilée à un « ange de la mort », soupçonnée calomnieusement d’avoir fait mourir ses propres patients, poussée à se cacher sur Internet et désormais craindre pour son job, son intégrité physique, voire sa vie. Voilà où nous en sommes. Chez So Chasse, nous continuerons à reconnaître le droit de chacun à être opposé à la chasse. Mais nous défendrons avec fermeté le droit des chasseurs à pratiquer et revendiquer leur passion sans être désignés à la vindicte publique. Cette jeune femme n’avait rien demandé à NOS VIVENTIA. Elle n’était ni responsable de Decathlon, ni élue, ni personnalité publique. Elle était simplement une chasseresse partageant des images d’une passion pratiquée légalement. Elle est aujourd’hui obligée de protéger son identité, son travail et ses proches. Et toute la communication bien huilée du sinistre Pierre Rigaux ne changera rien à cette réalité.











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