Interrogé récemment par nos confrères de France Info, le président de la Fédération départementale des chasseurs de la Vienne, Michel Cuau, défend une chasse moderne, responsable et ouverte à tous, tout en rappelant la nécessité d’adapter la pratique aux enjeux d’aujourd’hui.
Une pratique ancestrale, devenue une mission de service public
Interrogé sur l’image de la chasse, Michel Cuau ne mâche pas ses mots : « On continuera à chasser tant que la loi nous l’autorisera, parce qu’aujourd’hui, ça reste une activité légale, personne ne peut nous contredire sur ce sujet-là ». Chasseur depuis 1972, il a vu évoluer la pratique, sa législation et ses missions : formation, sécurité, régulation et valorisation du gibier. Le label “gibiers de France”, lancé l’an dernier, « apporte une authenticité et une qualité de viande pour ceux qui veulent manger du gibier ».
Des chasseurs gestionnaires, amoureux de la nature
Michel Cuau revendique l’attachement des chasseurs à la nature et à la convivialité et surtout « Voir un chien travailler, c’est fabuleux ». Au-delà du plaisir, il rappelle que la chasse est avant tout une mission de gestion équilibrée : « Nous régulons la faune et nous abattons quelques animaux, c’est le principe de la chasse. On a tendance à travailler comme quelqu’un qui gère parfaitement bien son livret de caisse d’épargne : on cherche à prélever les intérêts, mais on ne touche pas à la souche. »
Régulation, formation et adaptation : le triptyque gagnant
Les fédérations sont en première ligne pour former les nouveaux chasseurs et indemniser les agriculteurs victimes de dégâts. Les chasseurs, acteurs de terrain, savent identifier les enjeux comme l’explique le patron des chasseurs de la Vienne: « Les lièvres avaient pris un grand coup, on s’en est occupé, aujourd’hui le lièvre est dans toutes nos campagnes. ». Même logique pour la perdrix et le faisan :
« S’il faut diminuer, voire arrêter les prélèvements pendant quelques années, on n’hésite pas à le faire. »
La femme, avenir de la chasse : la parité en marche
La fédération veut féminiser la chasse et attirer la jeunesse et Michel Cuau de citer un grand artiste français : « Jean Ferrat chantait que la femme est l’avenir de l’homme, je dis qu’aujourd’hui, la femme est l’avenir de la chasse ». Si la moyenne d’âge est encore élevée (53 ans chez les hommes, 48-49 chez les femmes), le président rappelle que la formation s’ouvre dès 15 ans, avec accompagnement et parrainage.
Sécurité : des règles strictes et une vigilance permanente
Comme le détaille le président de la FDC 86 La chasse moderne accorde une place centrale à la sécurité. Tenues fluorescentes sont désormais la norme lors des battues, rendant chaque participant bien visible sur le terrain. Avant chaque sortie, les consignes sont rappelées à l’ensemble des chasseurs afin de garantir un déroulement sans risque pour tous. Le respect des angles de tir et des zones d’exclusion est une priorité : certaines parcelles trop sensibles sont exclues de la chasse, et la régulation de la faune y est alors confiée, sur demande du préfet, aux lieutenants de louveterie, garants de l’équilibre et de la sécurité publique.
Des changements à venir, mais la chasse a de l’avenir
Pour Michel Cuau, l’avenir de la chasse passe par la responsabilisation et la défense du modèle français : « On va se battre, on va dire corps et âme, pour maintenir cette activité le plus longtemps possible, parce que d’abord on est persuadé qu’aujourd’hui, on ne peut pas se passer des chasseurs, nécessaires en raison de la surdensité de certaines espèces. Par contre, il y aura sûrement de grands changements sur la sécurité. On le fera, parce qu’on est conscient de ce problème ». Alors que la Fondation François Sommer appelle à ne pas descendre sous les 500 000 chasseurs d’ici 2040, le président des chasseurs de la Vienne reste confiant : « Beaucoup de jeunes profils souhaitent découvrir une activité de plein air. »











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