Face à la baisse des populations de lièvres, les chasseurs de la Manche ont choisi d’agir eux-mêmes en réduisant le nombre des jours de chasse. Une décision volontaire, qui témoigne d’un souci constant du respect de la biodiversité… dans un contexte où la situation reste très contrastée selon les territoires.
Les chasseurs prennent eux-mêmes la décision
Réunis en assemblée générale le 18 avril à Condé-sur-Vire, les adhérents de la fédération départementale des chasseurs de la Manche (FDC 50) ont fait un choix fort : réduire volontairement les jours de chasse au lièvre. Jusqu’à présent, l’espèce pouvait être chassée quatre dimanches et un jeudi en septembre, avec un prélèvement unique par saison et par chasseur. Désormais, elle ne le sera plus que trois jours par saison. Une décision adoptée à une large majorité, avec 1894 voix pour contre 1043. Surtout, elle n’a pas été imposée par arrêté préfectoral, mais bien votée par les chasseurs eux-mêmes, conscients de la situation sur le terrain.
Un signal fort face à une population en recul
Ce vote s’appuie sur un constat partagé depuis plusieurs années. Les lièvres se font plus rares et les prélèvements diminuent. Dans la Manche, ils sont passés de 5 480 à 4 204 en huit ans, soit une baisse de 23 %, avec une accélération récente. Les comptages hivernaux confirment cette tendance, notamment dans certains secteurs comme La Hague ou le Plain.
Des causes bien identifiées
Plusieurs facteurs expliquent ce recul. Les conditions météorologiques récentes ont été défavorables à la reproduction. Des maladies, notamment respiratoires, fragilisent également les populations. La prédation sur les levrauts causée par différentes espèces comme les renards, les corneilles, les cigognes ou les hérons, ainsi que l’évolution des pratiques agricoles, ensilages précoces, machines toujours plus rapides et larges, viennent compléter ce tableau.
Une situation très différente selon les territoires
Pour autant, cette réalité locale ne peut pas être généralisée. Dans plusieurs départements, la dynamique est tout autre. C’est notamment le cas en Dordogne, où de nombreux chasseurs observent depuis quelques saisons un retour marqué du lièvre sur leurs territoires. Une évolution qui rappelle que les populations de petit gibier dépendent étroitement des conditions locales.
Une gestion raisonnée
En décidant de réduire eux-mêmes leur pression de chasse, les chasseurs de la Manche envoient un signal clair : la gestion du petit gibier passe d’abord par ceux qui vivent et observent le territoire au quotidien. Une approche pragmatique, adaptée aux réalités locales, et qui pourrait inspirer d’autres départements confrontés à des situations similaires.












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