Isards abattus en Ariège : la fédération des chasseurs fait condamner l’État

Isard des Pyrénées

Une décision passée relativement inaperçue au moment des faits vient tout juste d’être rendue publique et pourrait faire date. Le tribunal administratif de Toulouse a annulé, le 19 février 2026, un arrêté préfectoral autorisant l’abattage d’isards, à des fins d’analyses scientifiques, dans la réserve nationale d’Orlu (Ariège), donnant raison à la fédération départementale des chasseurs après plusieurs années de procédure.

Un arrêté de 2022 jugé illégal

L’affaire remonte au 6 février 2022. À cette date, la préfète de l’Ariège avait signé un arrêté autorisant des tirs d’isards dans la réserve nationale de chasse et de faune sauvage d’Orlu, gérée par l’Office français de la biodiversité. L’objectif affiché était scientifique : analyser notamment la rate des animaux afin de détecter la présence de la pestivirose, une maladie responsable d’un déclin marqué de l’espèce sur certains secteurs, et mieux comprendre l’état sanitaire des populations. Au total, 23 isards ont ainsi été abattus dans ce cadre. Mais pour le tribunal administratif de Toulouse, le cadre légal ne permettait pas de tels tirs. Dans sa décision, la juridiction rappelle qu’aucune disposition du code de l’environnement applicable à ce type de réserve n’autorise des prélèvements létaux à des fins scientifiques, la capture d’animaux vivants étant la seule possibilité prévue.

Une victoire judiciaire pour les chasseurs

À l’origine du recours, la fédération départementale des chasseurs de l’Ariège (FDC 09) dénonçait une incohérence entre les règles imposées aux chasseurs et celles appliquées par l’État. Son président, Jean-Luc Fernandez, pointait notamment une situation difficilement compréhensible sur le terrain : des tirs interdits aux chasseurs mais autorisés dans ce cas précis par l’administration. Dans les colonnes de nos confrères de la Dépêche, qui a révélé l’information, le président de la FDC 09 a bien résumé le problème;  » Si on le fait nous, on a une amende » ! Le tribunal lui a finalement donné raison, condamnant l’État à verser 1 500 euros à la fédération et annulant purement et simplement l’arrêté contesté.

Une affaire close, mais des suites attendues

La préfecture de l’Ariège a indiqué ne pas faire appel de cette décision et dit réfléchir aux suites à donner à ce dossier. De son côté, la fédération souhaite désormais l’élaboration d’un plan de gestion clair pour la réserve d’Orlu. Un document qui permettrait d’encadrer à la fois la gestion de la faune, les prélèvements et plus largement les usages au sein de cet espace protégé. Au-delà du cas des isards, cette affaire rappelle surtout un point sensible pour les acteurs du terrain : les règles encadrant la gestion de la faune sauvage doivent s’appliquer de manière cohérente, quel que soit l’intervenant, et si l’État est parfois si prompt à sanctionner les chasseurs, il doit se soumettre lui aussi aux contraintes légales qu’il nous impose.

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