Face à l’expansion continue de la population d’ours dans les Pyrénées, la Catalogne va déployer dès l’an prochain un système inédit de reconnaissance faciale basé sur l’intelligence artificielle. L’objectif est de suivre individuellement chaque animal afin d’anticiper les conflits avec les activités humaines, notamment l’élevage.
L’intelligence artificielle au service du suivi des ours
L’intelligence artificielle poursuit son entrée dans le monde de la gestion de la faune sauvage. En Catalogne, les autorités ont annoncé le prochain déploiement d’un système capable d’identifier individuellement les ours des Pyrénées grâce à la reconnaissance faciale. Le dispositif reposera sur un réseau de pièges photographiques répartis dans les zones fréquentées par l’espèce. Les images collectées seront analysées par des algorithmes capables de distinguer les caractéristiques propres à chaque animal, malgré les variations de poids, de taille ou de pelage qui compliquent souvent le travail des observateurs de terrain. L’objectif est de constituer pour chaque ours un véritable profil numérique alimenté au fil des observations et complété par les données génétiques déjà recueillies dans le massif.
Une population d’ours en constante progression
Cette innovation intervient alors que la population ursine continue de progresser dans les Pyrénées. Selon les derniers suivis, 108 ours sont désormais recensés sur l’ensemble du massif pyrénéen. Cette augmentation régulière des effectifs est saluée par les défenseurs de l’espèce, mais elle s’accompagne également de difficultés croissantes pour les éleveurs confrontés aux attaques sur les troupeaux. Dans certaines vallées, la présence de l’ours suscite également des inquiétudes parmi les usagers de la montagne, qu’il s’agisse des bergers, des randonneurs ou des habitants des zones concernées. À mesure que le nombre d’animaux augmente, les autorités cherchent donc à disposer d’outils toujours plus précis pour suivre leurs déplacements et mieux comprendre leur comportement.
Anticiper les problèmes de cohabitation
Jusqu’à présent, le suivi des ours reposait principalement sur l’analyse d’empreintes, de poils, d’excréments ou sur des observations ponctuelles réalisées sur le terrain. La reconnaissance faciale pourrait permettre un changement d’échelle en offrant un suivi quasiment continu de chaque individu identifié par les caméras automatiques. Les gestionnaires espèrent ainsi détecter plus rapidement les déplacements d’animaux habitués à fréquenter les zones d’élevage ou les secteurs les plus sensibles. L’objectif affiché est d’anticiper les situations à risque avant qu’elles ne dégénèrent en prédations ou en conflits avec les activités humaines.
Une technologie appelée à se développer
Prévu pour entrer en service à partir de 2027, ce système place la Catalogne parmi les territoires européens les plus avancés dans l’utilisation de l’intelligence artificielle pour la gestion de la grande faune. Pour les responsables du programme, la technologie ne remplacera pas le travail des agents de terrain mais viendra compléter les outils déjà utilisés. Une chose est certaine : à mesure que les populations d’ours progressent dans les Pyrénées, les moyens techniques mobilisés pour surveiller leur expansion deviennent eux aussi de plus en plus sophistiqués.












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