Un boulanger de 46 ans a perdu la vie dans le Bas-Rhin après avoir heurté un chevreuil alors qu’il se rendait à son travail en trottinette électrique. Un accident d’une extrême rareté, probablement inédit en France, qui rappelle que les collisions avec la faune sauvage sont de plus en plus fréquentes.
Le drame s’est produit dans la nuit de lundi à mardi sur la piste cyclable reliant Soultz-les-Bains à Molsheim, dans le Bas-Rhin. Comme chaque matin, peu avant l’aube, un homme de 46 ans quittait son domicile en trottinette électrique pour rejoindre la boulangerie où il travaillait. Aux alentours de 4 h 30, un chevreuil a brusquement surgi sur son trajet. La collision n’a laissé aucune chance au quadragénaire. Malgré le port d’un casque, la violence du choc puis de la chute lui a été fatale. Les secours ont retrouvé son corps à proximité de celui de l’animal. Lors du conseil municipal de Molsheim, le maire Laurent Furst a rendu hommage à un artisan apprécié de tous.
« Il ouvrait très tôt le matin et le dimanche, ce qui rendait service à beaucoup de gens », a-t-il notamment déclaré.
Un accident probablement inédit
Les collisions entre véhicules et animaux sauvages sont malheureusement fréquentes en France. Les accidents de trottinette mortels le sont également. En revanche, un décès provoqué par une collision entre une trottinette électrique et un chevreuil apparaît, à ce stade, sans précédent connu dans notre pays. Aucun cas similaire n’a été recensé publiquement jusqu’à présent.
La combinaison de plusieurs facteurs explique sans doute cette extrême rareté :
- les déplacements en trottinette concernent surtout les zones urbaines ;
- les chevreuils sont davantage présents en périphérie ou dans les secteurs ruraux ;
- peu d’usagers circulent à ces heures très matinales, période où l’activité du chevreuil est maximale.
Une vitesse qui laisse très peu de marge
La plupart des trottinettes électriques autorisées sur la voie publique sont limitées réglementairement à 25 km/h. À cette vitesse, un conducteur parcourt près de 7 mètres par seconde. Or, lorsqu’un chevreuil surgit à quelques mètres seulement, comme c’est souvent le cas au lever du jour, le temps de réaction est généralement estimé autour d’une seconde et ne permet pratiquement aucune manœuvre d’évitement. Contrairement à une voiture, la trottinette ne bénéficie ni d’une carrosserie protectrice, ni d’un système de retenue. Toute l’énergie du choc est directement transmise au conducteur, qui reste particulièrement exposé en cas de collision avec un animal de 20 à 30 kg lancé à pleine vitesse.
Le chevreuil reste l’animal le plus impliqué dans les collisions
Si ce drame est exceptionnel, le chevreuil demeure l’espèce sauvage la plus fréquemment impliquée dans les accidents de circulation avec les sangliers. Chaque année, près de 50 000 de collisions sont recensées en France avec le grand gibier. Le chevreuil représente à lui seul près de la moitié de ces accidents, devant le sanglier et le cerf. Les dernières données nationales montrent d’ailleurs que 569 183 chevreuils ont été prélevés lors de la saison 2024-2025, signe d’une espèce toujours très largement répartie sur le territoire.
Cette forte présence explique que les rencontres avec les usagers de la route restent nombreuses, particulièrement :
- au lever et au coucher du soleil ;
- entre avril et juin, lors des déplacements des jeunes animaux ;
- puis en juillet-août, pendant le rut du chevreuil, période durant laquelle les déplacements deviennent beaucoup plus imprévisibles.
Avec le développement des pistes cyclables traversant des secteurs naturels, de plus en plus de cyclistes, vététistes ou utilisateurs de trottinettes électriques empruntent quotidiennement des itinéraires fréquentés par la faune sauvage. Pour ces usagers particulièrement vulnérables, quelques précautions méritent d’être rappelées :
- ralentir dans les zones boisées à l’aube et au crépuscule ;
- anticiper la présence d’animaux lorsque la visibilité est réduite ;
- se méfier lorsqu’un premier chevreuil traverse, un second pouvant suivre quelques secondes plus tard ;
- porter systématiquement un casque, même si celui-ci ne peut malheureusement pas tout empêcher lors d’un choc d’une telle violence.












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