Le 8 octobre 2026, le Parlement européen a rejeté une objection visant à bloquer le projet de restriction du plomb dans les munitions de chasse et de tir sportif. Si les balles de carabine ont finalement été exclues du périmètre et qu’un délai de sept ans a été obtenu pour les cartouches à grenaille concernées, de nombreuses questions restent en suspens. Les armes anciennes seront-elles compatibles avec les substituts ? Les performances balistiques seront-elles équivalentes ? Quel sera le coût de cette transition pour les chasseurs, les tireurs sportifs et les fabricants français ? Et comment éviter une dépendance accrue aux fournisseurs étrangers ? Pour tenter de répondre à ces questions, So Chasse a décidé de donner la parole à plusieurs acteurs de la filière, spécialistes des affaires européennes, représentants des chasseurs et des tireurs sportifs, experts techniques et responsable politique.
Un vote européen qui ne signe pas la fin du plomb
Le vote du 8 octobre 2026 marque une nouvelle étape dans un dossier qui a suscité de nombreuses inquiétudes chez les chasseurs, les tireurs sportifs et les industriels. Le projet initial envisageait une restriction beaucoup plus large, assortie d’un délai de transition de seulement 18 mois. Après plusieurs années de négociations, les représentants de la filière ont obtenu un compromis : ils ont fait exclure les balles de carabine et les projectiles de type Brenneke du périmètre de la restriction, tout en obtenant un délai de sept ans pour permettre aux chasseurs de s’adapter à l’interdiction des cartouches à grenaille de plomb concernées. Le comité Héraclès, qui rassemble notamment des représentants du tir sportif, du ball-trap et de l’industrie, insiste sur l’importance de ce calendrier. « Si nous n’avions pas voté, nous n’aurions pas eu le moratoire. » Laurence Trochu, eurodéputée du Rassemblement national, regrette pour sa part le rejet de l’objection : « Ce rejet est regrettable. Il illustre une fracture au sein du Parlement européen entre ceux qui s’accommodent de l’écologie punitive et ceux qui cherchent à défendre réellement les premiers acteurs de la biodiversité que sont les chasseurs. » Elle reconnaît néanmoins les avancées obtenues pendant les négociations, tout en estimant qu’elles restent insuffisantes. Le rejet de l’objection déposée par le groupe des Patriotes pour l’Europe ne signifie donc pas que le plomb est définitivement sauvé. Il permet surtout de conserver un délai de transition que les acteurs concernés jugent indispensable pour préparer la suite.

Pourquoi la filière a-t-elle défendu ce compromis ?
La décision a pu surprendre ceux qui considéraient que le rejet de l’objection constituait nécessairement une mauvaise nouvelle pour les chasseurs. Nicolas Rivet, directeur général de la Fédération nationale des chasseurs (FNC), défend une lecture différente du résultat des négociations. « Le risque, c’est qu’une fois qu’on dise non, la Commission rouvre le dossier et on repart pour un cycle de négociation. » Le comité Héraclès partage cette analyse. Le choix était de conserver les avancées obtenues plutôt que de risquer de perdre le délai de transition. Laurence Trochu défend une position plus opposée au principe même de l’interdiction et critique notamment le choix des autres groupes politiques européens. « Le monde de la chasse, mais aussi en l’espèce le monde du tir sportif ne doit pas être une variable d’ajustement pour tenter de plaire à l’écologie punitive. » Ces divergences illustrent deux stratégies : préserver les concessions déjà obtenues ou poursuivre l’opposition au texte. Car le projet initial prévoyait une échéance beaucoup plus rapprochée, qui aurait laissé aux fabricants peu de temps pour adapter leurs produits et aux utilisateurs encore moins de marge pour préparer le renouvellement de leur équipement.
Sept ans de transition, mais une interdiction qui reste le principe
Pour la FNC, le délai obtenu représente une avancée importante, même si la fédération aurait préféré disposer de dix ans. « Nous avions demandé dix ans, parce qu’on estimait que c’était le temps nécessaire pour que l’industrie puisse s’adapter », affirme Nicolas Rivet. Ces sept années doivent permettre aux fabricants de développer de nouvelles cartouches, d’adapter leurs chaînes de production et de sécuriser leurs approvisionnements. Elles doivent aussi donner aux chasseurs le temps de vérifier la compatibilité de leurs armes et, si nécessaire, de faire évoluer leur équipement. Pour autant, le délai ne remet pas en cause le principe de la restriction prévue par le texte européen. « Nous ne refusons pas la transition par principe, et la période de 7 ans obtenue par l’actuel règlement, si elle est insuffisante, est une bonne nouvelle. Nous refusons néanmoins qu’elle se fasse contre les chasseurs et contre nos territoires ruraux » juge également Laurence Trochu. Les acteurs de la filière espèrent encore obtenir une modification de certaines dispositions, mais rien ne garantit à ce stade que les autorités accorderont une nouvelle prolongation.

Les balles de carabine ont été exclues du périmètre
L’une des principales avancées obtenues pendant les négociations concerne les munitions métalliques de carabine. La FNC et ses partenaires ont notamment travaillé avec la FACE, la fédération européenne des associations de chasse et de conservation, ainsi qu’avec les pouvoirs publics français, pour faire évoluer le texte. Nicolas Rivet insiste sur l’importance de cette exclusion : « Le bon sens, déjà, c’est que l’on ait réussi à sortir les balles de carabine. » Il rappelle que les solutions alternatives ne sont pas disponibles dans tous les calibres et que certaines références restent difficiles à approvisionner. Le compromis obtenu porte donc principalement sur les cartouches à grenaille de plomb concernées, notamment celles utilisées pour la chasse et le ball-trap, et non sur l’ensemble des munitions contenant du plomb.
Le ball-trap est lui aussi concerné
La transition ne concerne pas seulement les chasseurs. Les clubs de ball-trap devront également anticiper les conséquences de la restriction, aussi bien pour les cartouches utilisées que pour les armes et les équipements des pratiquants. Jean-Michel Moutoufis, président de la Fédération française de ball-trap, rappelle que le réseau compte environ 500 clubs en France et que les habitudes diffèrent fortement selon les profils. Les compétiteurs réguliers ont souvent déjà adapté leur équipement à certaines évolutions des munitions. Les tireurs occasionnels, qui utilisent parfois un fusil de chasse classique pour pratiquer quelques fois dans l’année, pourraient en revanche rencontrer davantage de difficultés. Jean-Michel Moutoufis ne prévoit pas nécessairement une baisse importante des effectifs, mais il ne l’exclut pas : « Il y aura peut-être une baisse, mais je ne pense pas que ce soit significatif. » Laurence Trochu s’inquiète davantage de l’avenir des installations sportives. Selon elle, les conditions nécessaires pour bénéficier de certaines dérogations pourraient imposer aux clubs des investissements difficiles à supporter, notamment en matière de récupération du plomb et de contrôle environnemental.

Des fabricants français face à plusieurs dizaines de millions d’euros d’investissements
Pour les industriels, le délai de sept ans constitue un répit nécessaire, mais il s’accompagne d’un chantier important. Yvan Pham, président du SNAFAM, explique que les entreprises doivent travailler sur de nouvelles poudres, de nouvelles bourres et plusieurs matériaux de substitution, tout en vérifiant les performances balistiques de chaque chargement. Il faut également adapter les procédés de fabrication et, dans certains cas, les équipements industriels. « Le coût global est difficile à évaluer, mais il s’élève à plusieurs dizaines de millions d’euros », estime Yvan Pham. Les investissements concernent notamment la recherche et le développement, les essais, les modifications des machines et l’augmentation des capacités de production. En France, plusieurs entreprises sont directement concernées par cette transition. Le groupe Sofisport, notamment ses fabricants de composants et ses encartoucheurs Nobel Sport, avec FOB et Tunet, Cheddite avec Mary Arm ou encore Vouzelaud et Joker, doivent adapter leur production. Cette adaptation doit permettre de proposer des munitions fiables, disponibles en quantité suffisante et à des prix acceptables. Mais les industriels ne peuvent pas simplement remplacer le plomb par un autre matériau en conservant les mêmes paramètres. Les équipes testent, ajustent et valident chaque solution avant de la proposer aux utilisateurs.

Une dépendance inquiétante envers les fournisseurs étrangers
La question des matières premières constitue un autre point de vigilance. Les substituts au plomb reposent aujourd’hui largement sur des approvisionnements étrangers, avec une place importante occupée par la Chine. Selon les estimations avancées par les représentants interrogés, cette dépendance se situe autour de 90 à 95 % pour les approvisionnements concernés. Yvan Pham estime que la transition doit aussi être l’occasion de renforcer les capacités de production en Europe. « En sept ans, nous devons aider nos autres fournisseurs européens et turcs à développer leur capacité pour ne pas dépendre de la Chine en cas de changements géopolitiques. » Laurence Trochu partage cette inquiétude et insiste sur ses implications stratégiques : « En plus des conséquences économiques, il y a là un véritable enjeu de souveraineté. » L’eurodéputée estime notamment que la dépendance envers les fournisseurs chinois de grenaille d’acier, de bismuth et de tungstène pourrait fragiliser la filière française. Pour Nicolas Rivet, l’enjeu dépasse le seul marché de la chasse. « Il faut que l’on soit capables de produire en Europe, pour ne pas dépendre uniquement de l’extérieur. » La constitution d’une filière européenne plus solide pourrait ainsi soutenir la production de munitions civiles tout en préservant des compétences industrielles stratégiques.
Le plomb possède des propriétés balistiques difficiles à reproduire
Le remplacement du plomb pose également des questions techniques. Jean-François Jacquet, expert balistique, rappelle que ce matériau possède une densité élevée et une grande malléabilité, deux caractéristiques qui expliquent ses performances. À poids égal, la grenaille d’acier est moins dense, donc plus volumineuse, et perd alors plus rapidement sa vitesse au cours de sa trajectoire. Les résultats peuvent être satisfaisants, mais la portée et le comportement du projectile diffèrent. « Le plomb est ce qu’il y a de mieux niveau balistique. » Cette propriété explique pourquoi aucun substitut ne peut être considéré comme parfaitement équivalent dans toutes les situations. Le cuivre, le bismuth, l’acier et certains alliages contenant du tungstène présentent chacun des avantages et des limites. Le choix dépendra notamment du gibier recherché, de la distance de tir, du type d’arme utilisé et du budget du chasseur.
L’acier peut convenir à de nombreuses situations de chasse
L’acier constitue aujourd’hui l’une des solutions les plus accessibles économiquement. Les premières générations de cartouches avaient toutefois contribué à sa mauvaise réputation : certains chargements étaient trop lourds et pas assez rapides pour offrir des résultats satisfaisants. Les fabricants ont depuis fait évoluer leurs produits, en travaillant notamment sur des charges plus légères et des vitesses initiales plus élevées. Jean-François Jacquet estime que les cartouches actuelles peuvent répondre à de nombreuses situations de chasse courante, à condition de tenir compte de leurs caractéristiques. « Avec l’acier et les cartouches ordinaires d’aujourd’hui, il faut être raisonnable : les portées sont de 25 à 30 mètres, mais pas davantage. » L’expert souligne que la grenaille d’acier perd sa vitesse plus rapidement que le plomb. Les chasseurs devront donc adapter leurs distances de tir et leurs habitudes, sans supposer qu’un changement de matériau garantit automatiquement les mêmes résultats.

Bismuth et tungstène : des alternatives performantes, mais coûteuses
Pour les chasseurs qui recherchent des performances différentes ou qui utilisent des armes anciennes, d’autres solutions existent. Le bismuth se rapproche davantage du plomb par sa densité et sa malléabilité, ce qui peut le rendre adapté à certains fusils qui ne sont pas compatibles avec l’acier. Le tungstène et certains alliages qui en contiennent offrent, quant à eux, une densité élevée et peuvent atteindre des performances balistiques importantes. Leur principal inconvénient reste toutefois le prix. Jean-François Jacquet estime qu’une cartouche au bismuth peut coûter environ trois euros l’unité, tandis que certaines cartouches contenant du tungstène peuvent atteindre cinq euros. « Le bismuth est intéressant parce qu’il se rapproche du plomb, mais il est cher et les ressources sont limitées. » Laurence Trochu souligne également cette difficulté économique et affirme que les substituts adaptés aux armes anciennes peuvent coûter « jusqu’à quatre à cinq fois plus cher que le plomb ». Ces solutions ne seront donc pas accessibles de la même manière à tous les chasseurs, en particulier à ceux qui tirent régulièrement de grandes quantités de cartouches.
Les armes anciennes, un problème majeur pour certains chasseurs
La compatibilité des fusils constitue l’une des principales inquiétudes soulevées par la transition. De nombreux chasseurs utilisent encore des armes anciennes, parfois héritées de leur famille, que les fabricants n’ont pas nécessairement conçues pour tirer des cartouches à grenaille d’acier. Un fusil peut accepter physiquement une cartouche sans pour autant supporter les contraintes liées à son utilisation. Jean-François Jacquet rappelle donc aux chasseurs qu’ils doivent vérifier les caractéristiques de leur arme, son chambrage et son épreuve avant de changer de munition. « On ne peut pas mettre de l’acier dans n’importe quel fusil, il doit être impérativement chambré en 70. » Pour certains modèles anciens, le bismuth peut représenter une solution car les chargements ont des caractéristiques très proches du plomb, mais d’un coût plus élevé. Dans d’autres cas, le chasseur devra envisager l’achat d’un équipement différent. La vérification par un armurier ou le fabricant reste indispensable avant d’utiliser une nouvelle munition.
Jusqu’à 975 millions d’euros pour remplacer les armes incompatibles ?
La FNC avait estimé entre 650 et 975 millions d’euros le coût potentiel du remplacement des armes incompatibles dans le cadre de précédentes restrictions concernant les zones humides. Cette estimation reposait sur une évaluation du nombre de chasseurs susceptibles d’être concernés et sur des hypothèses de coût pour les armes de remplacement. Nicolas Rivet estime que la facture réelle pourrait même être supérieure, notamment parce que de nombreux chasseurs utilisent encore des fusils anciens ou des armes qui ne sont pas adaptées à toutes les cartouches à grenaille d’acier. Le directeur général de la FNC insiste sur le fait que les chasseurs concernés ne sont pas nécessairement ceux qui utilisent déjà des cartouches alternatives. « Il y a des chasseurs qui ont des fusils anciens, parfois hérités, et qui ne peuvent pas forcément passer à l’acier. » Laurence Trochu estime, elle aussi, que les conséquences économiques de la restriction restent insuffisamment évaluées et redoute que les chasseurs des territoires ruraux supportent une part importante de la transition. Le montant de 650 à 975 millions d’euros doit toutefois être compris comme une estimation, et non comme une facture déjà établie pour l’ensemble des chasseurs.
Le risque de ricochet doit aussi être pris en compte
Le changement de matériau modifie enfin le comportement de la grenaille à l’impact. Jean-François Jacquet explique que l’acier se déforme moins que le plomb, ce qui peut lui permettre de conserver davantage d’énergie après avoir rencontré une surface. « Moins le métal risque de s’écraser, plus il est susceptible de ricocher, parce qu’il garde plus d’énergie après impact. » Cette différence ne signifie pas que toutes les cartouches alternatives présentent le même risque, mais elle rappelle que les nouveaux matériaux ne sont pas interchangeables avec le plomb dans toutes les situations. Les chasseurs devront donc respecter les consignes de sécurité, les recommandations des fabricants et les caractéristiques de chaque munition, en tenant compte de l’environnement dans lequel ils tirent.
Les clubs de ball-trap devront adapter leurs pratiques
Pour le ball-trap, les conséquences ne se limitent pas à la disponibilité des cartouches. Jean-Michel Moutoufis rappelle que les munitions à grenaille d’acier peuvent produire davantage de bruit et de recul, ce qui pourrait modifier les sensations de tir pour certains pratiquants. Les clubs devront aussi vérifier les conditions d’utilisation des nouvelles cartouches et anticiper les adaptations éventuellement nécessaires sur leurs installations. Les tireurs réguliers disposent généralement d’une meilleure connaissance de leur matériel et ont parfois déjà modifié leurs habitudes. Les pratiquants occasionnels pourraient en revanche être davantage affectés par le coût des nouvelles munitions ou par la nécessité de vérifier la compatibilité de leur fusil. Le président de la Fédération française de ball-trap souligne également l’importance de la coordination internationale, puisque les règles de compétition doivent rester cohérentes avec celles des instances sportives internationales. Laurence Trochu dénonce de son côté le coût des équipements qu’exigeraient certaines dérogations. Elle l’évalue « entre 300 000 et 600 000 euros par pas de tir », un chiffrage avancé par l’eurodéputée qui souligne, selon elle, les difficultés financières auxquelles pourraient se heurter les clubs.
La filière demande encore deux années supplémentaires
Si le délai de sept ans est désormais au cœur du compromis, les industriels souhaitent obtenir une marge supplémentaire pour les utilisateurs finaux. Yvan Pham explique que le SNAFAM demande deux années supplémentaires entre l’interdiction de fabriquer ou de mettre sur le marché certaines munitions et l’interdiction de les utiliser. L’objectif serait de permettre aux fabricants d’écouler les stocks et aux chasseurs de s’adapter progressivement, sans devoir remplacer trop rapidement l’ensemble de leur équipement. « Nous demandons deux ans supplémentaires pour l’interdiction de l’utilisation par les consommateurs finaux. » Cette demande reste une proposition de la filière et ne constitue pas une disposition acquise. Les représentants des fabricants souhaitent poursuivre les échanges avec les pouvoirs publics afin de préciser les modalités de la transition et d’éviter que les délais réglementaires ne provoquent des ruptures d’approvisionnement ou une hausse trop brutale des coûts.
Peut-on encore faire évoluer le texte européen ?
Le vote du 8 octobre ne ferme pas définitivement la porte à toute évolution, mais les marges de manœuvre restent limitées. Le règlement européen, une fois adopté, s’applique directement dans les États membres. La France ne peut donc pas décider seule d’assouplir les restrictions prévues par le texte. Elle peut en revanche poursuivre les discussions avec les représentants de la filière et soutenir des initiatives visant à modifier le cadre européen, à condition de réunir les accords politiques nécessaires. Le comité Héraclès estime que la filière devra continuer à documenter les limites techniques et économiques des solutions alternatives. Laurence Trochu réclame notamment « de réelles études d’impact de ces interdictions, de réelles études sanitaires sur la responsabilité des munitions au plomb dans l’impact sur l’environnement, et davantage de temps pour s’adapter aux conclusions de ces études ». Les fabricants et les fédérations souhaitent également démontrer que les substituts ne sont pas tous disponibles dans les mêmes conditions et que certaines configurations restent difficiles à traiter. Mais une nouvelle évolution réglementaire nécessiterait une démarche européenne et un accord entre les institutions concernées. À ce stade, aucune garantie ne permet d’affirmer que le texte sera révisé.
Une transition qui dépasse la seule question environnementale
La restriction du plomb répond à des objectifs environnementaux et sanitaires, mais sa mise en œuvre soulève des questions industrielles, techniques et économiques importantes. Laurence Trochu ne conteste pas le caractère polluant du plomb, mais critique les priorités de la Commission européenne : « Il ne s’agit pas de prétendre que le plomb ne pollue pas, ou qu’il n’entraînerait aucune conséquence sur la santé. » L’eurodéputée estime néanmoins que les chasseurs supportent une part disproportionnée des efforts demandés et appelle à mieux évaluer les différentes sources de pollution. Les fabricants doivent, de leur côté, développer de nouvelles munitions et sécuriser leurs approvisionnements, tandis que les chasseurs devront vérifier la compatibilité de leurs armes et parfois revoir leurs habitudes. Les clubs de ball-trap devront également accompagner les pratiquants dans cette évolution. Pour la FNC, les industriels et les représentants du tir sportif, les sept années obtenues constituent donc un délai précieux, mais pas une solution définitive. La réussite de la transition dépendra de la capacité à proposer des munitions fiables, accessibles et disponibles dans une gamme suffisamment large, tout en évitant une dépendance excessive envers les fournisseurs étrangers.












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