Chez Deerhunter les vêtements pour chasseresses ne sont pas des modèles homme en petite taille

Alors que les femmes occupent progressivement une place plus importante dans la chasse en Europe, l’équipement suit la même évolution. Deerhunter développe depuis plus de dix ans une véritable collection féminine, conçue spécifiquement autour de la morphologie des chasseresses. Pour Stefan Hanff, il ne s’agit plus d’adapter un vêtement masculin, mais de penser dès l’origine des produits techniques destinés aux femmes.

BSL: Quelle place occupent aujourd’hui les chasseresses dans les collections Deerhunter ?

SH: Proposer une collection femme est véritable volonté chez Deerhunter depuis plus de dix ans maintenant. Nous avons développé une collection chasse femme particulièrement importante. Ce n’est pas quelque chose que nous considérons comme secondaire : cela fait véritablement partie de notre stratégie produit.

BSL: Pendant longtemps, certaines marques se contentaient de décliner leurs vêtements homme dans de petites tailles. Ce n’est pas votre approche ?

SH: Absolument pas. Nous avons une équipe de neuf personnes qui travaille exclusivement sur les collections Deerhunter et qui vient de l’univers du vêtement et de la confection. Nous ne prenons pas un vêtement homme pour simplement le proposer dans une taille plus petite. Nous développons de véritables coupes adaptées à la morphologie féminine, aussi bien pour l’esthétique que pour l’aisance et la liberté de mouvement.

BSL: Le marché français des vêtements de chasse féminins progresse-t-il ?

SH: Oui, il évolue, même si cette progression est moins marquée que dans certains autres pays européens. Cela s’explique aussi par la proportion de femmes parmi les chasseurs français, qui reste encore relativement faible. La demande progresse néanmoins et nous devons évidemment être capables d’y répondre.

BSL: La situation est très différente en Allemagne ou dans les pays nordiques ?

SH: Oui. En Allemagne, par exemple, la proportion de femmes parmi les nouveaux chasseurs est devenue très importante ces dernières années. Nous nous rapprochons d’un tiers dans certaines données concernant les nouveaux permis. Le phénomène se développe également fortement dans les pays nordiques et scandinaves. Pour nous, il est donc forcément important de disposer d’une offre féminine complète.

BSL: Le rapport à la chasse est-il également différent dans ces pays ?

SH: Oui. Au Danemark et, plus largement, dans les pays nordiques, la place de la chasse dans la société est assez différente de ce que nous connaissons en France. L’hostilité à la chasse y est beaucoup plus marginale. C’est une activité largement acceptée. Il existe même des interventions en milieu scolaire pour expliquer la chasse, la gestion de la faune sauvage ou encore la venaison.

BSL: Esthétique et technicité ne sont donc plus incompatibles lorsqu’on parle d’un vêtement destiné aux chasseresses ?

SH: Non, bien au contraire. C’est précisément pour cela que nous travaillons sur de véritables coupes féminines. Elles doivent apporter de l’aisance et répondre aux contraintes techniques de la chasse, mais nous accordons également de l’importance à l’esthétique. Il faut pouvoir proposer aux chasseresses des vêtements techniques dans lesquels elles se sentent bien.

BSL: Peut-on considérer les chasseresses comme l’un des marchés qui va continuer à prendre de l’importance pour Deerhunter ?

SH: Oui, c’est une volonté de notre part mais c’est également une réponse à la demande du marché. En France, cette évolution est pour l’instant moins importante que dans les pays scandinaves, germaniques ou en Autriche, mais la tendance est bien là. Il est donc essentiel qu’une chasseresse française puisse elle aussi avoir accès à une véritable collection pensée pour elle.

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Baudouin est journaliste spécialisé dans le monde de la chasse depuis plus de quinze ans et rédacteur en chef de So Chasse. Titulaire d'une carte de presse, il a publié plus de 5 000 articles et réalisé plus de 1 500 reportages vidéo consacrés à la chasse, à la faune sauvage, aux chiens, aux armes, à la réglementation et aux territoires. Il a notamment interviewé plusieurs candidats à l’élection présidentielle en 2017 et 2022 sur leur vision de la chasse et de la ruralité. Ses reportages l’ont également conduit en Italie, en Espagne, en Écosse, en Angleterre, en Allemagne, en Autriche, en Suède, en Nouvelle-Zélande, en Nouvelle-Calédonie, au Bénin et au Mozambique. Chasseur depuis son plus jeune âge, il pratique aussi bien l’approche, l’affût, la battue que la chasse du petit gibier avec son springer. À travers So Chasse, il défend un journalisme de terrain fondé sur l’expérience, la vérification des faits et la rencontre avec les acteurs du monde cynégétique.

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