Lovergreen change de main : Ladislas Wewerka reprend une maison emblématique de la chasse et de la campagne

Avec son épouse Charlotte, Ladislas Wewerka ouvre un nouveau chapitre de Lovergreen, maison bien connue des armuriers et des chasseurs. Après près de quarante ans d’existence, la marque quitte ses fondateurs, Jérôme et Muriel Mallein, pour poursuivre sa trajectoire depuis la Touraine. Vêtements, sweats, pulls, chemises, bronzes, accessoires, art de la table : Ladislas entend préserver l’âme de Lovergreen tout en renforçant sa visibilité auprès du grand public. Entretien.

So Chasse : Ladislas, comment s’est dessinée cette reprise de Lovergreen ?

LW : Avec Jérôme et Muriel, les échanges se sont engagés depuis quelque temps. De mon côté, je m’orientais soit vers une nouvelle structure, soit vers une aventure plus entrepreneuriale. Dans ma précédente expérience, je ne m’inscrivais déjà pas complètement dans une posture de salarié classique. Alors je me suis dit : pourquoi ne pas franchir le pas ? Lovergreen approche les quarante ans. C’est leur bébé. Ils l’ont vu grandir, évoluer, se structurer. Aujourd’hui, le moment de transmettre s’imposait.

So Chasse : Qui se trouve à l’origine de la marque ?

LW : Jérôme et Muriel Mallein, auprès de qui j’ai repris l’entreprise. Ils ont façonné cette maison avec passion. Leurs enfants ne se projetaient pas nécessairement dans la reprise. L’un d’eux pratique la chasse à courre en forêt d’Orléans, mais mène déjà une autre activité professionnelle et familiale. La transmission s’est donc naturellement dessinée.

So Chasse : Quelle ligne directrice vous guide dans cette reprise ?

LW : Je n’arrive pas pour tout bouleverser. Je souhaite préserver la structure, l’univers, l’environnement de la marque. Bien sûr, certaines évolutions s’imposent. Certaines commandes se saisissaient encore à la main, certains outils appellent une modernisation. Mais l’intérêt d’une telle reprise consiste justement à s’appuyer sur une histoire solide, des clients fidèles et une offre de qualité.

So Chasse : Comment décririez-vous l’univers Lovergreen ?

LW : Lovergreen s’articule autour de deux axes. Le premier, c’est le vestimentaire. Nous alimentons principalement des armureries en France, en Belgique, au Luxembourg et à l’étranger. On retrouve des chemises, des pulls, des polos, Des t’shirts sérigraphiés avec des visuels humoristiques, des sweats brodés, des chemisettes, des pièces camouflage ou plus colorées. Les produits phares restent les sweats, les pulls et les chemises.

So Chasse : Parle-t-on davantage de vêtements techniques ou d’un style campagne ?

LW : Plutôt un style campagne. Une chemise Lovergreen se trouve chez un armurier, mais ne se limite pas à la chasse. Ce n’est pas la chemise technique sombre destinée à disparaître dans le décor. Nous développons des pulls en laine, parfois composés à 80 %, dans des teintes qui sortent des codes classiques : rouge, bleu jean, bleu profond, marron, cacao, moutarde. Les sweats zippés, avec coudières, insufflent une élégance et une touche de couleur vive que l’on croise rarement chez les armuriers.

So Chasse : En dehors du textile, que déploie la marque ?

LW : Une belle collection de bronzes, avec des pièces grandeur nature pouvant atteindre 200 kilos, mais aussi des formats plus compacts. Nous proposons également tout l’univers déco campagne, des accessoires pour chasseurs comme les piboles ou les sifflets, ainsi qu’une gamme art de la table avec mugs, serviettes, plateaux ou bougies. L’offre s’étend suffisamment pour répondre aux besoins des boutiques, des armuriers et de lieux patrimoniaux.

So Chasse : Quels types de clients composent votre réseau aujourd’hui ?

LW : Entre 400 et 500 clients. Majoritairement des armuriers, mais aussi des sites emblématiques comme Versailles ou Chambord. Selon les lieux, nous orientons vers du vestimentaire, des produits cadeaux, des pins, des chèches personnalisés, des mugs ou des éléments de décoration. Nous développons également des projets sur mesure.

So Chasse : Comment s’organise votre équipe commerciale ?

LW : Trois commerciaux structurent l’équipe. De mon côté, je maintiens un pied sur le terrain, notamment auprès des grands comptes. Le terrain reste essentiel : il permet d’écouter, de capter les attentes et de faire émerger de nouvelles idées. J’ai toujours privilégié le contact direct avec les distributeurs et les utilisateurs.

So Chasse : La marque dispose-t-elle d’un site internet complet ?

LW : Le sujet avance. L’objectif ne consiste pas à lancer une plateforme B2C, mais plutôt un site vitrine. Il doit permettre de découvrir l’univers, les gammes, l’histoire. Lovergreen s’est longtemps inscrit dans une logique B2B. Désormais, la marque doit s’imposer dans l’esprit du consommateur final.

So Chasse : Où se situe désormais le cœur de l’activité ?

LW : Nous avons transféré 400 m² d’entrepôt d’Orléans vers la Touraine, à Château-la-Vallière. L’inventaire s’est structuré, les stocks ont suivi, puis la commercialisation a repris. Nous rencontrons les clients deux fois par an : une tournée dédiée au vestimentaire, puis une autre consacrée à la décoration, aux accessoires et à l’art de vivre.

So Chasse : Est-ce votre première aventure entrepreneuriale ?

LW : Oui, mais cette envie m’accompagne depuis longtemps. J’ai beaucoup accompagné ma femme dans toutes ses aventures entrepreneuriales depuis une dizaine d’année. J’ai aussi parcouru plusieurs territoires de chasse : Australie, Centrafrique, Argentine. En tant que guide de chasse, j’ai vécu des saisons complètes, d’environ huit mois. Ces expériences ont forgé ma connaissance du terrain, des usages et des attentes liées aux produits.

So Chasse : Votre passage par l’hôtellerie vous a-t-il influencé ?

LW : Absolument. J’ai évolué dans plusieurs établissements, à Paris et en Touraine, notamment à l’Hôtel Particulier Montmartre ou au Château d’Artigny. J’y ai piloté des projets commerciaux et événementiels, orchestré des événements pour de grandes marques, puis accompagné pendant huit ans une société de cosmétiques présente dans des hôtels quatre et cinq étoiles et des palaces à travers le monde. Cela m’a apporté rigueur, exigence et sens du détail.

So Chasse : Charlotte vous accompagne dans cette aventure ?

LW : Oui, pleinement. Elle dirigeait auparavant une activité de traiteur au sud de Paris. Aujourd’hui, nous avançons ensemble, dans les mêmes bureaux, avec une vision commune.

So Chasse : Comment se déroule la transition avec les fondateurs ?

LW : Très sereinement. Après quarante ans, on ne se détache pas d’une entreprise du jour au lendemain. Jérôme m’accompagne encore sur certaines tournées commerciales. Cette présence compte autant pour moi que pour lui : elle permet de remercier les clients et de conclure cette transmission dans de bonnes conditions.

So Chasse : Quels sont vos axes de développement ?

LW : Renforcer l’image de marque. Beaucoup possèdent déjà un produit Lovergreen sans identifier la marque. Lors d’un dîner, plusieurs amis portaient des chemises Lovergreen et les recommandaient sans forcément nommer la marque. Il y a là un enjeu : installer Lovergreen dans l’esprit du public, dans l’univers de la chasse mais aussi dans celui de la campagne et de l’art de vivre.

So Chasse : La marque peut-elle toucher un public plus large ?

LW : Bien sûr. Lovergreen s’adresse aux chasseurs, mais aussi à tous ceux qui apprécient la campagne, les beaux objets et les vêtements durables. Nous proposons aussi bien des t-shirts à motifs cynégétiques que des pantalons en velours côtelé, des chemises ou des pièces de décoration. Le positionnement reste accessible, avec un bon rapport qualité-prix.

So Chasse : Envisagez-vous une présence sur des salons ?

LW : L’approche consiste surtout à accompagner nos clients. Sur des événements comme le Game Fair, nous pouvons apparaître aux côtés d’armuriers partenaires. Pour les salons professionnels, la réflexion se poursuit. Les calendriers évoluent et la production impose un rythme précis.

So Chasse : Lovergreen restera-t-elle une marque unique ?

LW : Oui. Lovergreen conserve son identité. Je peux collaborer avec des maisons comme Gien pour la porcelaine ou Rouchette, mais sans intégrer d’autres marques à la collection.

So Chasse : Où sont fabriqués les produits ?

LW : Les productions s’organisent entre l’Angleterre, le Portugal, l’Italie et le Pakistan. Certaines pièces d’import proviennent d’Asie, notamment pour la décoration et les accessoires. Pour le vestimentaire, nous veillons à préserver la cohérence avec l’identité de la marque.

So Chasse : Quels produits rencontrent le plus de succès ?

LW : Les sweats, sans hésitation. Des pulls zippés, avec différentes compositions, laine mélangée ou coton-polyester. Ils séduisent par leur confort, leur élégance et leur facilité à se porter. Ils incarnent pleinement l’ADN Lovergreen.

Lovegreen
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Tel: 06 72 84 73 52

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Rédacteur en chef, SoChasse

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