« Compact, efficace et abordable » : Julien Gingembre a testé le Pard Predator 640 sur les sangliers

Le marché des optiques thermiques ne cesse d’évoluer et les clip-ons séduisent de plus en plus de chasseurs et louvetiers confrontés aux dégâts de sangliers et autorisés à s’en servir. Julien Gingembre a pu tester le Pard Predator 640 dans des conditions réelles de chasse de nuit en Moselle. Compacité, qualité d’image, autonomie, ergonomie ou encore rapport qualité-prix : il livre à So Chasse son retour d’expérience sans langue de bois sur un modèle qui pourrait bien trouver sa place chez de nombreux chasseurs de nuit. 

SC : Julien, dans quelles conditions as-tu utilisé le Pard Predator 640 ?

JG : Je l’a d’abord utilisé au stand de tir pour effectuer mes réglages, puis à la chasse de nuit du sanglier. C’est d’ailleurs l’un des rares usages autorisés pour les clip-ons thermiques dans certains départements comme la Moselle. Les images qui accompagnent ce test ont été réalisées lors d’un affût en lisière de forêt. Ce sont des conditions très représentatives de ce que rencontrent les chasseurs confrontés aux dégâts de sangliers.

SC : Qu’est-ce qui t’a surpris lors des premières utilisations ?

JG : La première chose, c’est sa compacité. C’est un petit clip-on, relativement léger, ce qui est toujours appréciable quand tu passes plusieurs heures au poste. J’apprécie aussi beaucoup le choix de Pard concernant l’alimentation. Il n’y a pas de batterie interne, uniquement une batterie amovible. Pour moi, c’est une excellente chose. Sur certains modèles concurrents, lorsque la batterie intégrée est vide, tu es obligé de brancher une batterie externe ou d’arrêter ta chasse. Là, tu remplaces simplement l’accumulateur et tu repars. La qualité de fabrication est également au rendez-vous. Ce n’est peut-être pas le produit le plus sophistiqué du marché, mais ce n’est pas ce qu’on lui demande. C’est un outil robuste et bien conçu.

SC : Y a-t-il des détails de conception qui t’ont particulièrement plu ?

JG : Oui, plusieurs. Par exemple, la petite languette présente sur la bague de mise au point est très pratique. Elle améliore la prise en main lorsqu’il faut effectuer un réglage rapidement dans l’obscurité. J’aime aussi la séparation entre le bouton marche-arrêt placé sur le côté et le joystick de navigation situé sur le dessus. Cela évite les mauvaises manipulations. Autre détail très malin : la petite diode lumineuse qui permet de vérifier d’un coup d’œil si le clip-on est encore sous tension. Ça paraît anodin, mais de nuit, c’est vraiment utile pour éviter de vider une batterie sans s’en rendre compte.

SC : La détection thermique est-elle efficace sur le terrain ?

JG : Oui, clairement. Le Predator dispose d’un capteur 640 x 512, ce qui représente déjà un excellent niveau de performance. Ce n’est pas le plus gros capteur du marché, mais on est très proche du haut de gamme. Pour le tir de nuit sur sanglier, il fait parfaitement le travail. À 100 mètres, il n’y a aucun souci. J’ai également effectué des essais sur cible thermique à 150 mètres et les résultats étaient largement suffisants pour rester dans une zone létale. Pour l’usage auquel il est destiné, c’est largement suffisant.

SC : Que penses-tu de la lentille de 35 mm choisie par Pard ?

JG : Je trouve que c’est un choix intelligent. Beaucoup de chasseurs pensent qu’une grosse lentille est forcément meilleure. En réalité, sur un clip-on thermique, ce n’est pas aussi simple. Une lentille plus importante permet surtout de détecter plus loin, mais elle réduit souvent le champ de vision. Or, lorsqu’on utilise un clip-on pour tirer de nuit, on ne cherche pas à voir un sanglier à deux kilomètres. La plupart des tirs se font à moins de 100 mètres. Une lentille de 35 mm offre donc un excellent compromis entre performances, encombrement, poids et autonomie.

Tir d’un sanglier en situation par Julien avec le clip on Pard Predator

SC : Jusqu’à quelle distance arrives-tu à identifier correctement un animal ?

JG : Tout dépend de ce que l’on entend par identification. Pour distinguer un sanglier, un chevreuil ou un lièvre, je dirais qu’il n’y a aucun problème jusqu’à 400 mètres, voire davantage selon les conditions. Pour déterminer le sexe d’un animal ou observer certains détails plus précis, il faut naturellement se rapprocher. Entre 100 et 150 mètres, on dispose déjà d’un niveau de détail très satisfaisant.

SC : L’image reste-t-elle exploitable par temps humide ou avec un léger brouillard ?

JG : Comme tous les thermiques, ses performances diminuent dès qu’il y a de l’humidité entre la source de chaleur et l’appareil. C’est une limite physique que l’on retrouve chez toutes les marques. En revanche, Pard propose plusieurs modes d’affichage et différents réglages qui permettent d’optimiser l’image selon les conditions rencontrées.

SC : Le Pard Predator est-il facile à prendre en main pour un chasseur peu habitué au thermique ?

JG : Honnêtement, non. Le joystick utilisé pour naviguer dans les menus est très sensible. Il faut vraiment le manipuler avec précision pour arriver exactement là où tu veux. C’est probablement le principal point faible du produit. Sur le terrain, lorsque tu as un animal devant toi et que l’adrénaline monte, ce n’est pas toujours évident. Personnellement, je règle tout avant l’action. Je prépare mes distances, je configure mon appareil puis je le passe en veille. Quand le sanglier arrive, je le réactive et je ne touche plus aux menus.

SC : As-tu relevé d’autres points perfectibles ?

JG : Oui, le bouchon du compartiment batterie. L’emplacement de la batterie est très bien pensé. Elle se retire verticalement et ne risque pas de tomber. En revanche, lorsque tu ouvres le bouchon, rien ne le retient. Si tu le fais tomber depuis un mirador de nuit dans les feuilles ou les hautes herbes, tu risques de passer un long moment à le chercher. C’est un détail, mais sur le terrain ce genre de chose compte énormément.

SC : Quelle différence vois-tu avec les autres modèles thermiques que tu as déjà testés ?

JG : Le premier élément, c’est son prix. Trouver aujourd’hui un clip-on équipé d’un capteur 640 x 512 à ce niveau tarifaire reste assez rare. Les quelques défauts que j’ai relevés ne sont pas bloquants. Ce sont davantage des axes d’amélioration que de véritables problèmes. Quand un sanglier arrive, tu n’es pas censé passer ton temps à changer les palettes de couleurs ou à naviguer dans les menus. Les réglages doivent être effectués avant l’action.

SC : À quel type de chasseur conseillerais-tu ce clip-on ?

JG : Je le conseillerais à tous ceux qui recherchent un clip-on thermique performant sans disposer d’un budget illimité. Pard reste fidèle à sa philosophie : proposer du matériel efficace à un prix contenu. Le Predator 640 offre un très bon capteur, un télémètre intégré, une image de qualité et un encombrement réduit. Avec sa lentille de 35 mm, il reste léger, peu gourmand en énergie et parfaitement adapté aux distances de tir rencontrées à la chasse de nuit du sanglier. C’est un clip-on pragmatique, conçu pour la chasse réelle. Avec un peu d’habitude, il devient un outil particulièrement efficace pour les chasseurs qui veulent s’équiper sérieusement sans exploser leur budget.

En savoir + sur ce monoculaire ou pour le commander:
https://simac.fr/fr/produit-4298-Clip-on-thermique-Pard-Predator

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Rédacteur en chef, SoChasse

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