Dans le Cambrésis, un renard baptisé « Claude » fait actuellement l’objet d’un suivi particulièrement précis mené par les techniciens de la Fédération des chasseurs du Nord. L’animal a été équipé, le 6 mai dernier, d’un collier GPS afin d’étudier ses déplacements et surtout son impact potentiel sur les oiseaux nichant dans certains aménagements réalisés pour favoriser la biodiversité et la reproduction du petit gibier. Une initiative relayée par Radio France – ICI Nord, qui permet de mieux comprendre la manière dont les fédérations de chasse travaillent concrètement sur la gestion de la faune sauvage et l’évaluation des prédateurs.
Comprendre les déplacements du renard dans les zones de nidification
Le renard a été observé à plusieurs reprises dans le secteur de Marezt, près de dispositifs installés par les chasseurs pour favoriser la nidification des faisans, perdrix et autres oiseaux nichant au sol. Les techniciens de la FDC 59 ont donc choisi d’équiper l’animal d’une balise GPS capable de transmettre sa position toutes les dix minutes pendant plusieurs mois. L’objectif est clair : analyser précisément son aire d’évolution, ses habitudes de déplacement et déterminer si certains aménagements favorisent involontairement la prédation. Car sur le terrain, les chasseurs le savent bien : durant la période de reproduction, les couvées et les jeunes oiseaux deviennent particulièrement vulnérables aux prédateurs opportunistes comme le renard.
Un prédateur particulièrement efficace sur le petit gibier
Intelligent, discret et extrêmement adaptable, le renard roux est aujourd’hui présent sur l’ensemble du territoire français. Sa capacité à exploiter les haies, friches, bandes enherbées ou zones agricoles en fait un redoutable prédateur pour de nombreuses espèces de petit gibier. Perdrix grises, faisans, levrauts ou canards nichant au sol subissent directement cette pression de prédation, particulièrement au printemps et au début de l’été. Dans certains territoires, malgré les efforts importants engagés pour restaurer les habitats et favoriser la reproduction naturelle, les populations de petit gibier peinent à se maintenir face à une pression croissante des prédateurs. C’est précisément ce que les techniciens de la Fédération des chasseurs du Nord cherchent à mesurer avec ce suivi GPS : comprendre si certains aménagements destinés à protéger les oiseaux peuvent paradoxalement devenir des zones de chasse privilégiées pour les renards.
Adapter les aménagements pour mieux protéger la faune
Comme l’explique Romain Hédé, agent de développement à la Fédération des chasseurs du Nord, l’objectif n’est pas seulement d’observer « Claude », mais aussi d’adapter les dispositifs de protection si nécessaire. Si les données montrent que certains aménagements concentrent involontairement les prédateurs autour des zones de reproduction, les méthodes pourraient être revues afin de mieux sécuriser les nichées. Ce travail illustre également une réalité souvent méconnue du grand public : les fédérations départementales des chasseurs ne se contentent pas d’organiser la chasse. Elles mènent aussi des suivis scientifiques de terrain et investissent dans des actions concrètes pour préserver certaines espèces fragilisées. Le collier GPS de « Claude » devrait automatiquement se détacher au bout de cinq mois d’observation. D’ici là, les données récoltées permettront peut-être de mieux comprendre comment limiter l’impact d’un prédateur devenu particulièrement présent dans de nombreux territoires ruraux.












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