Face aux épisodes de chaleur extrême qui frappent une grande partie du pays, les chasseurs redoublent d’efforts pour préserver la faune sauvage. En forêt comme en plaine, des centaines d’associations entretiennent ou créent des points d’eau afin d’offrir aux animaux une ressource devenue indispensable durant cet été particulièrement sec.
Une mobilisation discrète mais bien réelle
Dans de nombreux territoires, cette action n’a rien de nouveau. Depuis des années, des sociétés de chasse, ACCA et autres associations de chasseurs installent et entretiennent des mares, souilles, abreuvoirs ou petits bassins destinés à permettre à la faune sauvage de s’hydrater pendant les périodes les plus chaudes. Mais cet été, marqué par des températures élevées et un déficit de précipitations dans de nombreuses régions, la situation devient plus préoccupante. Les réserves d’eau naturelles s’assèchent progressivement, obligeant les bénévoles à intervenir beaucoup plus régulièrement pour maintenir ces points d’eau en état.
En Franche-Comté, les chasseurs intensifient leurs tournées
C’est notamment le cas en Haute-Saône et dans le Jura, où France Bleu est allé à la rencontre de plusieurs associations de chasse particulièrement mobilisées. À Tromarey, près de Marnay, une équipe d’une demi-douzaine de chasseurs réapprovisionne chaque semaine une quinzaine de points d’eau répartis entre les bois et les cultures. Munis de bidons ou d’une citerne tractée, les bénévoles alimentent aussi bien de petits abreuvoirs destinés aux oiseaux, lièvres, lapins, faisans ou insectes que des souilles fréquentées par les sangliers et les cervidés. Le président de l’association, Jean-Christophe Millot, souligne toutefois que la situation devient critique. La réserve de récupération des eaux de pluie de 20 000 litres utilisée pour alimenter les différents points d’eau est désormais presque vide, une situation inédite selon lui. À Gendrey, dans le Jura, le constat est similaire. Les chasseurs ont dû créer cette année deux nouveaux points d’eau artificiels venant compléter les mares naturelles qu’ils entretiennent depuis plus de vingt ans. Grâce aux pièges photographiques, ils observent quotidiennement une fréquentation importante de ces aménagements par les oiseaux, les insectes, les chevreuils, les renards ou encore les sangliers.
Un engagement qui dépasse largement la chasse
Ces initiatives illustrent une réalité malheureusement le plus souvent ignorée du grand public : notre gestion de la faune sauvage ne se limite pas aux périodes de chasse. Tout au long de l’année, les chasseurs participent à l’entretien des haies, des cultures à gibier, des zones humides, des mares forestières ou encore des points d’abreuvement. Lors des épisodes de sécheresse, ces aménagements deviennent parfois essentiels à la survie de nombreuses espèces, qu’elles soient chassables ou non. Cette mobilisation bénéficie d’ailleurs à l’ensemble de la biodiversité. Oiseaux, petits mammifères, amphibiens, insectes pollinisateurs ou encore carnivores comme le renard profitent eux aussi de ces ressources en eau devenues rares.
Une vigilance appelée à durer
Les prévisions météorologiques ne laissant entrevoir qu’un faible répit dans plusieurs régions, les chasseurs restent mobilisés afin de poursuivre le remplissage des points d’eau aussi longtemps que nécessaire. Un engagement concret, assuré par des bénévoles, qui rappelle que les chasseurs sont aussi des gestionnaires de terrain investis dans la préservation quotidienne des milieux naturels et de la faune sauvage, bien au-delà des seules périodes d’ouverture de la chasse.












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